Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Tsunamis dans les grands lacs : les activités humaines intensifient les risques

Risques  |    |  C. Girardin Lang
Tsunamis dans les grands lacs : les activités humaines intensifient les risques

Les points à retenir

  • L'accumulation sédimentaire anthropique amplifie l'instabilité des fonds lacustres en cas de séisme.
  • Les chercheurs appellent à réévaluer le risque de tsunami dans les lacs du monde entier.

L'activité humaine accroît le risque de tsunami dans les grands lacs. C'est la conclusion à laquelle parvient une étude (1) réalisée par plusieurs chercheuses et chercheurs de l'université Savoie Mont Blanc (USMB) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), publiée en octobre 2026 dans la revue « Nature communications ».

Comment expliquer ce phénomène ? Les tsunamis sont des mouvements rapides de vagues d'eau, généralement causés par des événements sismiques, des éruptions volcaniques, ou encore des glissements de terrain. Ces phénomènes peuvent donc se produire là où se concentre une masse importante d'eau, ce qui comprend les océans, les mers, mais aussi les grands lacs.

L'activité humaine, avec les différents usages des terres (pastoralisme, agriculture, déforestation…) a accéléré l'érosion, ce qui a pu entraîner une augmentation de la production de sédiments et une accélération de leur dépôts sous la surface de l'eau à l'entrée des lacs situés en aval. Cet avancement des deltas crée des pentes sous-lacustres parfois instables. Et donc, lorsqu'un séisme survient, ces pentes peuvent s'effondrer, déplaçant d'énormes volumes d'eau et générant des tsunamis, avec des conséquences majeures dans les lacs à pentes plus abruptes, avec des bassins confinés et une superficie réduite.

Plus spécifiquement, les chercheurs ont étudié les conséquences tsunamigènes de l'accumulation sédimentaire anthropique à long terme dans le lac d'Iseo, l'un des plus grands lacs du nord de l'Italie, situé dans les Alpes lombardes, exposées à un risque sismique modéré à moyen. Des tsunamis ont déjà pu être enregistrés dans d'autres lacs, comme en 1822, au lac du Bourget, en Savoie, ou encore en 563 au lac Léman. Le lac d'Iseo a quant à lui connu deux tsunamis de grande ampleur en 1117, avec des vagues d'une hauteur de 50 mètres et une submersion s'étendant jusqu'à 2 km à l'intérieur des terres et atteignant les communautés riveraines en seulement une minute, et en 1222, où les vagues ont atteint 13 m de hauteur, provoquant une inondation jusqu'à 1 km à l'intérieur des terres.

L'érosion continue d'origine humaine dans les Alpes, ainsi que les systèmes de failles actifs, continuent de surcharger les pentes deltaïques abruptes, augmentant la probabilité d'effondrements, alertent les chercheurs. Même si ces événements restent à faible probabilité, leurs conséquences peuvent être potentiellement désastreuses, soulignant la nécessité de réévaluer les risques de tsunami dans les lacs du monde entier, en prenant en compte les effets à long terme de l'occupation des sols, de l'accumulation des sédiments et de l'instabilité des pentes deltaïques dans la prévention des catastrophes et l'aménagement des territoires riverains.

1. Consulter l'étude
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-48691-etude-nature-communications-risque-tsunamis-grands-lacs.pdf

RéactionsAucune réaction à cet article

Réagissez ou posez une question au journaliste Camille Girardin Lang

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
Tous les champs sont obligatoires

Partager

Newsletter

Recevez gratuitement nos Newsletters

À lire aussi

Parafoudres destinés à la protection des installations Photovoltaïques CITEL
SCALGO Live : comment réinventer la planification urbaine et la gestion de l'eau Scalgo