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AccueilAndré ZaffiroLes REP : un danger pour les équilibres économiques ?

Les REP : un danger pour les équilibres économiques ?

Tributaire d’une gestion maitrisée des déchets, la filière de l’économie circulaire a été évaluée récemment en termes de risques, de performances et de hausses des coûts. André Zaffiro, directeur de Cyclevia, revient sur les préconisations de ce rapport.

Publié le 18/11/2024

La gouvernance des filières à responsabilités élargies du producteur (REP) est au centre d'un vif débat. Pointés du doigt pour leur inefficacité, les éco-organismes sont mis en cause. Mi-juillet, le rapport[1] de la mission d’inspection relative à l’avenir des REP (publié par l’Inspection de l’environnement et du développement durable) a proposé de rationaliser cette gouvernance via une instance unique. Nous soutenons cette idée tout en réclamant plus d’autonomie pour les éco-organismes. Tout débat est salutaire et le principe d’une évolution du fonctionnement des REP dans notre pays est une bonne chose, si cela permet de gagner en efficacité et en performance.

Alors oui, le fait d'intégrer un acteur supplémentaire – ce qu’induit le modèle des REP – bouscule l'équilibre établi. C’est une conséquence attendue et nécessaire pour progresser. Mais au-delà de la nouvelle harmonie à créer, rappelons que le rôle qui nous incombe en tant qu'acteur central de notre filière, a été d'apporter des solutions à court terme, tout en investissant dès notre création sur des actions à long terme. 

Les efforts importants en matière d’innovation, d’éco-conception et de pédagogie sont la clé pour évoluer vers une économie circulaire plus mature et efficace, mais aussi pérenne. Aujourd'hui, si nous constatons que les progrès sont tangibles, il est également vrai que du chemin reste à parcourir et que des projets industriels d’envergure nationale ne peuvent aboutir en seulement deux ans – par exemple l’usine de régénération d’huiles usagées que nous nous employons à mettre sur les rails, en France.

Construire ensemble un cycle vertueux

Notre priorité est de maintenir le lien entre les acteurs – metteurs en marché, opérateurs, collectivités – pour avancer ensemble. Même si les points de vue divergent parfois, nous avons fait de la co-construction une force. Notre méthode est claire : étant le seul éco-organisme en charge d’un déchet si spécifique, nous avons besoin d’embarquer tous les acteurs, sans exception. Entre bonne intelligence et consensus, toute la filière doit avancer dans la même direction, celle de l’efficacité !

Pour insuffler un mouvement durable, notre éco-organisme se positionne comme un accélérateur de la transition… tant au niveau des actes que des consciences, et tant auprès des professionnels que du grand public. 

Nous sommes convaincus que pour donner tout son sens au modèle de l’économie circulaire, la demande pour les produits régénérés, notamment dans le secteur des huiles et lubrifiants, doit augmenter. C’est en créant cette demande que nous générerons de la valeur et donnerons vie à une boucle vertueuse. Et comme il ne s'agit pas uniquement de remplir des objectifs réglementaires, nos metteurs en marché, très impliqués dans leur démarche environnementale, s’engagent bien au-delà de leurs obligations. Soutenus par les collectivités et des élus de Métropole et d’Outre-mer très investis sur le terrain, ils ont à titre d’exemple demandé aux pouvoirs publics de prendre en charge la responsabilité des contenants de notre filière : les bidons. Cette initiative est emblématique de leur état d’esprit.

Il y a cinq ans, aucun constructeur n’avait donné son aval à l’utilisation d’huiles régénérées. Aujourd’hui, cette réalité a changé. Notre rôle est de dépasser la valeur historique du déchet, tirée par la valorisation énergétique, en lui donnant une valeur environnementale. En tant que spécialistes du produit, notre intervention va au-delà de l’organisation de la filière, nous catalysons cette transformation.

Les progrès sont réels, l'innovation est au rendez-vous, mais il reste encore du travail à accomplir. Conscients des limites de la planète et en phase avec l’économie du secteur, nous devons continuer à avancer, main dans la main, pour relever le défi de l’économie circulaire.

 

André Zaffiro

Directeur général de Cyclevia, l’éco-organisme de la filière des huiles et lubrifiants.

 

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[1] Rapport Performances et gouvernance des filières à responsabilité élargie du producteur, sur le site de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable : ici.

 

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