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AccueilXavier JEULINIA et gestion de l’eau : innover (avec discernement) pour accélérer la transformation écologique

IA et gestion de l’eau : innover (avec discernement) pour accélérer la transformation écologique

L’IA transforme le secteur de l’eau, de l’exploitation à la relation client. Pour Xavier Jeulin (Veolia France, activité Eau), la clé est de l’utiliser opportunément, là où elle apporte de la valeur environnementale, opérationnelle et humaine.

Publié le 18/11/2025

L’intelligence artificielle n’est pas une baguette magique. Dans un secteur aussi vital que celui de l’eau, elle n’a de sens que si elle sert un objectif clair : mieux comprendre, mieux anticiper, mieux préserver. Chez Veolia France, activité Eau, la transformation numérique s’appuie d’abord sur une stratégie de données rigoureuse : fiabilité, traçabilité, qualité, gouvernance. C’est sur ces fondations que les technologies d’IA peuvent produire des résultats tangibles.

L’enjeu n’est pas de multiplier les cas d’usage, mais de choisir les bons. L’IA doit générer un impact environnemental et opérationnel mesurable - réduire la consommation d’énergie, améliorer la qualité du service, optimiser la maintenance et préserver la ressource. Cette approche pragmatique repose sur un principe simple : chaque algorithme doit avoir une raison d’être, et chaque donnée doit pouvoir être actionnée.

Réduire l’empreinte énergétique des usines grâce à l’IA

C’est dans l’exploitation quotidienne que les gains les plus immédiats se mesurent. Dans les stations d’épuration, par exemple, l’aération des bassins représente jusqu’à 60 % de la consommation énergétique. Grâce à des modèles d’apprentissage automatique, Veolia a pu déployer un pilotage intelligent sur plus de 300 sites en France, en soutien du travail des équipes.

Ces algorithmes ajustent en temps réel le niveau d’aération selon les besoins, les conditions météorologiques ou les périodes de moindre activité. Résultat : 10 à 20 % d’économies d’énergie, tout en garantissant la qualité du traitement des eaux usées.
Ces outils apprennent continuellement, améliorant leur performance au fil des mois - une illustration concrète d’une IA au service de la sobriété énergétique, et non l’inverse.

“Talk to my plant” : l’exploitation augmentée

Les équipes de terrain sont au cœur de cette révolution. Avec le projet “Talk to my plant”, en cours de déploiement, développé en partenariat avec Mistral AI, Veolia explore une nouvelle frontière : permettre à un exploitant de dialoguer directement avec son usine. Chaque matin, l’assistant intelligent fournira au site concerné une synthèse automatisée des événements survenus dans la nuit, signalera les anomalies, et proposera des recommandations d’action.

Ce projet expérimental illustre le potentiel de l’IA pour augmenter l’humain, pas le remplacer.
L’opérateur reste maître de la décision, mais il dispose désormais d’un outil capable de lui faire gagner du temps et de renforcer sa compréhension des processus. C’est une nouvelle manière d’exploiter les installations : plus réactive, plus sûre, plus sobre.

L’IA générative au service de la relation client

Au-delà des usines, l’intelligence artificielle contribue aussi à améliorer la qualité de la relation avec les usagers. Les outils d’IA générative déployés chez Veolia aident désormais les conseillers client à traiter plus rapidement les demandes écrites - qu’il s’agisse d’une question sur une facture, d’un incident technique ou d’un changement de contrat.

Le modèle analyse les messages entrants, propose une réponse contextualisée, puis suggère la meilleure formulation. Le gain est double : efficacité accrue et qualité de communication améliorée. Mais ici encore, la technologie reste un outil d’assistance, non de substitution. L’humain garde la main sur la relation, et c’est précisément ce qui garantit la confiance.

Former, acculturer, responsabiliser

Une transformation technologique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une transformation humaine. Veolia France, activité Eau, a formé plus de 1 500 managers et cadres aux enjeux de l’intelligence artificielle et de la donnée depuis 2 ans. L’objectif n’est pas de faire de tous des experts, mais de permettre à chacun de comprendre comment ces technologies peuvent servir son métier.

De nouveaux rôles apparaissent : data scientists, architectes de données, mais aussi spécialistes du bon usage des IA génératives, capables d’en exploiter la puissance sans en perdre le contrôle. Cette acculturation progressive repose sur un principe fort : la responsabilité. L’IA doit être questionnée, encadrée et évaluée, pour garantir un usage éthique, utile et transparent.

L’intelligence artificielle ne remplacera jamais l’intelligence humaine. Mais, utilisée avec discernement, elle peut en démultiplier la portée. Appliquée à la gestion de l’eau, elle devient un accélérateur de transformation écologique : elle aide à mieux exploiter les ressources, à réduire l’empreinte énergétique et à améliorer le service rendu aux citoyens.
Encore faut-il rester lucides : l’IA n’est pas une fin, c’est un moyen. C’est en la plaçant au service de la performance environnementale et humaine que nous en ferons un véritable levier de durabilité.

Article publié dans le cadre de l'entretien de préparation des conférences du salon Pollutec 2025 avec David Ascher, directeur de publication d'Actu-Environnement et animateur de l'événement. Texte rédigé avec le concours de l'IA.

Les tribunes sont un espace de libre expression des abonnés ou invités d'Actu-Environnement.

Leurs contenus n'engagent pas la rédaction d'Actu-Environnement.

Crédits photos : Veolia / Samuel Bigot/Andia

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