Emploi-Environnement : Quels seront les nouveaux cursus d'ingénieur de spécialité qui débuteront en septembre 2025, et à quels besoins répondent-ils ?
Xuan Meyer : Électronique, Systèmes numériques, Informatique, Cybersécurité, Physique et Énergie : sciences des systèmes pour une énergie durable seront les 6 spécialités que nous lancerons à la rentrée prochaine. Ces nouveaux cursus d'ingénieur visent à répondre aux enjeux de souveraineté industrielle, via des spécialisations qui avaient un peu été éclipsées dans le paysage français de formation, en particulier concernant l'électronique. Ils résultent d'échanges avec nos partenaires industriels sur le manque de formations approfondies dans ces disciplines.
EE : Ces parcours intègrent-ils la transition écologique ?
XM : Ces parcours ont été conçus dans la logique des cursus déjà dispensés à CentraleSupélec, dont le développement durable et la transition environnementale, la souveraineté et la santé sont des axes stratégiques. Dans nos cursus généralistes, une centaine d'heures sur trois ans ont trait à la transition écologique. Plus largement, cette question s'intègre dans une vision globale de toutes les problématiques techniques et scientifiques que nos étudiants abordent. Cette approche systémique doit permettre aux futurs ingénieurs que nous formerons, de savoir gérer l'impact sociétal d'une solution technologique qu'ils viendraient à produire ou à gérer. C'est un fil conducteur ancré tout au long de nos nouveaux cursus d'ingénieur de spécialité.
EE : À quelles fonctions répond spécifiquement le cursus Énergie : sciences des systèmes pour une énergie durable ?
Hervé Gueguen : Il répond à un besoin exprimé par les industriels intervenant sur les nouvelles énergies. En termes de métier, l'objectif est de former des ingénieurs qui vont accompagner la transition énergétique et donc l'intégration des énergies renouvelables. Il s'agit de métiers autour du développement de systèmes de production, de contrôle, d'optimisation énergétique, de transport et de distribution d'énergie.
EE : Quelles compétences vont-ils acquérir ?
HG : Ils accéderont aux mêmes compétences fondamentales qu'un ingénieur diplômé du cursus généraliste de CentraleSupélec, avec un parcours scientifique beaucoup plus approfondi sur leur spécialité. Ils acquerront des connaissances relatives aux systèmes énergétiques, en termes d'optimisation, de contrôle, de traitement de l'information. Ils seront également formés au management de projet, d'équipe et en entrepreneuriat. Sur leurs trois années de parcours, ils apprendront également en allant sur le terrain avec 39 semaines de stages : 5 semaines en première année en position d'opérateur, 12 semaines en deuxième année avec un statut d'assistant ingénieur. La dernière année, qui se déroulera dans le cadre d'un contrat de professionnalisation, comprendra 23 semaines en tant qu'ingénieur. Ces périodes s'effectueront dans des infrastructures de production d'énergie renouvelable, que ce soit dans le solaire, l'éolien, chez les opérateurs de réseaux de transport et de distribution d'énergie, ou dans des entités intervenant sur l'énergie numérique, c'est-à-dire des systèmes d'optimisation et de suivi énergétique. Leur formation pourra aussi les conduire à travailler pour des instituts publics ou parapublics de gestion d'énergie, comme des syndicats départementaux d'énergie.
EE : Comment peut-on accéder à cette formation ?
HG : Après une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) ou une double licence, nous recrutons nos étudiants via le concours CentraleSupélec. Les écrits se déroulent en avril et les oraux en juillet. Les admis dans le cursus Énergie débuteront leur formation sur le campus de Rennes en septembre 2025. Actuellement, 25 places sont ouvertes dans chaque cursus d'ingénieur de spécialité.







