« Cela fait maintenant près de quatre décennies que nous avons lancé à Strasbourg le Mastère Spécialisé Éco-Conseiller en partenariat avec l'Institut National des Sciences Appliquées », explique Miranda Port, coordinatrice pédagogique de ce diplôme au sein d'ÉCO-Conseil. L'ambition de la formation ? Offrir aux étudiants une compréhension systémique et transversale des grands enjeux écologiques, tout en les outillant pour agir concrètement sur le terrain. « Nous croyons que pour proposer des solutions concrètes, il faut d'abord avoir une vue d'ensemble. C'est pourquoi notre programme aborde une diversité de thématiques : alimentation, agriculture, santé environnementale, gestion des milieux naturels, droit, RSE… Une approche qui donne aux futurs éco-conseillers une vision globale, essentielle pour naviguer dans la complexité des transitions actuelles », ajoute-t-elle, en direct du salon Talents for the Planet.
Mais surtout, insiste-t-elle : « l'éco-conseiller n'est pas un métier au sens strict, mais une posture. Nos diplômés sont là pour impulser, fédérer, coordonner. Ils incarnent un changement au sein des structures. Pour cela, ils doivent apprendre à faire dialoguer toutes les parties prenantes : salariés, directions, financeurs, élus, agents territoriaux… ». Cette capacité à rassembler s'appuie sur des compétences clés : communication engageante, écoute active, conduite du changement, animation collective, gestion de projet… « Les enjeux écologiques peuvent susciter des peurs ou des résistances. Il faut donc savoir adapter son discours, utiliser les bons leviers psychologiques, encourager sans brusquer », complète-t-elle. Les apprenants sont ainsi formés à des techniques de communication non violente, d'intelligence collective, d'animation d'ateliers ou encore de concertation citoyenne.
Une formation ancrée dans le réel
Le Mastère se déroule sur une année : six mois de cours en présentiel à Strasbourg, suivis de six mois de stage. Plus de 90 % des intervenants sont des professionnels en activité, issus d'associations, d'entreprises ou de collectivités. « Ils viennent avec leur réalité de terrain, leurs outils, leurs enjeux concrets », précise Miranda Port.
Dès janvier, les étudiants sont aussi mobilisés durant trois mois sur un chantier d'application : par groupes de 4 ou 5, ils répondent à une commande réelle passée par une structure du Grand Est. « À titre d'exemple, certains ont travaillé avec les hôpitaux universitaires de Strasbourg sur la gestion des déchets hospitaliers et les opportunités offertes par l'économie circulaire. D'autres ont collaboré à un diagnostic des actions déjà menées par Emmaüs en faveur de la transition, afin d'établir ensuite une feuille de route pour poursuivre et amplifier le changement », explicite-t-elle.
La formation s'adresse aussi bien à de jeunes diplômés (bac+5) qu'à des professionnels en reconversion. « Aucun prérequis technique n'est demandé, seulement une forte motivation. Certains ont 30 ans de carrière et souhaitent remettre du sens dans leur parcours. D'autres sortent d'écoles de commerce, d'ingénieurs, de communication… », témoigne-t-elle.
Les débouchés sont variés. Environ 25 % des diplômés rejoignent ou retournent dans le monde de l'entreprise, où ils occupent des fonctions telles que chargé de mission développement durable. Près de 50 % s'investissent dans le secteur associatif, souvent en première ligne sur les enjeux de transition, avec des missions de sensibilisation, de coordination ou d'accompagnement au changement. Enfin, environ 20 % intègrent les collectivités ou les institutions publiques, en tant que chefs de projet ou chargés de mission sur des programmes comme les plans climat, l'agriculture durable ou les politiques alimentaires territoriales.








