Emploi-Environnement : Qu'est-ce qui a motivé la création de la formation sur la méthanisation que vous lancerez au premier semestre 2025 ?
Stéphane Doistau : Un retour d'expérience ! Il y a trois ans, j'occupais la fonction de directeur adjoint de la région Centre Ouest chez GRDF, où je me chargeais entre autres de la partie méthanisation. Il ressortait des échanges avec les acteurs de la filière qu'il n'existait pas de parcours intégré pour les porteurs de projets et les exploitants d'unités de méthanisation. Certes, il y a des formations où ils peuvent se former au gaz, ensuite à l'électrique, puis se renseigner auprès de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) pour mieux comprendre l'aspect réglementaire... Mais il n'y a pas de réelle cohérence ni de certification. En poursuivant nos échanges avec différents groupes sur les politiques de formation autour de la méthanisation, par exemple avec le cluster Methatlantique et le Club Biogaz de l'ATEE, qui ont pour vocation de promouvoir la filière biométhane, nous avons pris conscience qu'il fallait renforcer la formation dans ce domaine. Nous nous sommes donc rapprochés d'un certain nombre de professionnels de la filière pour concevoir des modules sur mesure, cohérents et certifiants, afin que les exploitants acquièrent toutes les compétences nécessaires à l'issue de ce parcours. L'idée est de faire appel aux meilleures compétences de la filière en nouant des partenariats durables afin d'accompagner le fort développement d'emplois dans le domaine de la méthanisation.
EE : Quelles compétences acquerront-ils au terme de ce cursus ?
SD : Ils vont acquérir toutes les compétences relatives à la conduite d'une unité industrielle de gaz, quelle que soit sa taille. Il s'agit d'avoir la capacité de faire des analyses de risques, d'organiser logistiquement une unité, d'être en mesure de planifier l'arrivée des entrants, la production de gaz… En somme, de savoir piloter une exploitation industrielle. Ils appréhenderont également le volet juridique, c'est-à-dire qu'ils auront la capacité de comprendre les réglementations d'une unité de méthanisation. Ils sauront également comment mesurer et gérer les risques environnementaux, et comment les réduire. Enfin, ils apprendront comment conduire, d'un point de vue financier, une unité de méthanisation. Afin de nous adapter aux contraintes de temps des apprenants, nous avons articulé cette formation en présentiel à raison de deux fois deux jours pour le module gaz et le module industriel. Ce dernier se déroulera sur le terrain dans une unité de méthanisation. Le reste de la formation se tiendra à distance, avec des cours en direct et du e-learning sur une durée d'environ 20 heures.
EE : Quels sont les profils attendus pour cette formation ?
SD : Pour l'ensemble des modules, nous nous adressons aux responsables, aux chefs de projet d'unités de méthanisation, aux techniciens d'exploitation, mais aussi aux porteurs de projets qui souhaitent obtenir la légitimité d'une certification. Parallèlement, nous ouvrons certains modules à d'autres types de populations avec des combinaisons de modules qui ne seront toutefois pas certifiantes. Elles peuvent intéresser des bureaux d'études souhaitant monter en compétences sur la partie financière, la partie process... les responsables en sécurité, les acteurs des assurances. De la même manière, pour la partie bancaire, nous visons ceux qui vont valider les dossiers et évaluer les risques. Enfin, nous nous adressons également à tous les décideurs concernés par les modules autour des projets d'énergies renouvelables.
De manière générale, nous avons pensé ce parcours pour contribuer à bâtir une filière d'excellence pérenne autour du biométhane.







