Emploi-Environnement : À quels besoins répond la formation d'ingénieurs en écologie industrielle et environnement ?
Jérôme Vicente : Les entreprises industrielles doivent réduire leur empreinte carbone pour respecter des réglementations strictes et atteindre la neutralité d'ici 2050, avec un objectif intermédiaire de -55 % des émissions de GES d'ici 2030. Elles recherchent des ingénieurs capables de concevoir et d'implémenter des solutions de décarbonation comme le captage et la valorisation du CO₂, l'électrification des procédés industriels et l'efficacité énergétique.
Cette formation accompagne l'évolution vers une industrie plus durable et compétitive en formant des ingénieurs spécialisés dans ces transformations systémiques. Accréditée par la CTI en septembre dernier, elle accueillera sa première promotion en septembre 2025.
EE : À qui s'adresse cette formation et quelles en sont les modalités ?
JV : La filière est ouverte aux titulaires d'un BUT, d'une L2, L3 ou Masters ou issus de classes préparatoires aux grandes écoles, ainsi qu'aux étudiants du cycle préparatoire intégré des écoles Polytech. Certains étudiants ayant obtenu leur BUT en alternance sont également encouragés par leur entreprise à poursuivre leur montée en compétences. Des admissions sont possibles pour les étudiants internationaux via des programmes d'échange.
Deux formats sont proposés : un cursus en apprentissage sur trois ans ou un modèle hybride, avec une première année sous statut étudiant avant un passage en apprentissage. Cette approche progressive facilite l'insertion professionnelle et permet aux étudiants d'affiner leur projet avant de trouver une entreprise d'accueil.
Le programme repose sur un modèle pédagogique associant université, laboratoire et entreprise. À l'image d'une thèse CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche), chaque élève effectue son alternance autour d'un projet collaboratif avec un laboratoire de recherche. Ce dispositif favorise la poursuite en doctorat tout en renforçant l'innovation au sein des entreprises.
EE : Quelles compétences vont-ils acquérir ?
JV : L'écologie industrielle est au cœur du programme avec la mise en place d'écosystèmes d'échanges où les déchets d'une entreprise deviennent les ressources d'une autre, soutenant ainsi une économie circulaire durable. Les ingénieurs devront maîtriser les normes environnementales, piloter le changement et mobiliser des financements pour accompagner la transition écologique.
Sur le plan scientifique et technique, ils apprendront à concevoir et mettre en œuvre des solutions de traitement des effluents liquides et gazeux, ainsi que des procédés de captage, stockage et valorisation du carbone en produits tels que les carburants synthétiques, les produits chimiques et les matériaux de construction.
L'électrification des procédés industriels est également un axe clé pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et améliorer la gestion énergétique. La formation inclut l'étude des réseaux énergétiques, la valorisation de la chaleur fatale et les solutions de stockage pour optimiser les performances industrielles.
EE : Quelles sont les perspectives professionnelles ?
JV : Les diplômés pourront évoluer vers des postes d'ingénieur en transition environnementale et industrielle, gestion des effluents, électrification des procédés ou écologie industrielle. Ils pourront également occuper des fonctions liées au captage et à la valorisation du carbone, à la gestion de projets environnementaux ou à l'économie circulaire.
D'autres opportunités existent dans la recherche et développement, la gestion des risques industriels et la sécurité environnementale. Ils pourront aussi devenir responsables de sites éco-industriels, experts en risques technologiques, ingénieurs en éco-conception ou consultants en environnement et transition énergétique.
Gérald Dudouet






