Emploi-Environnement : À quels besoins répond la formation de chargé d'affaires en rénovation énergétique que vous venez de créer ?
Benjamin Bon : Dans le domaine de la décarbonation du bâtiment, le cadre réglementaire se renforce. Tout comme les dispositifs d'aide à l''accompagnement. Néanmoins, nous constatons un goulot d'étranglement sur les professionnels capables d'accompagner les maitres d'ouvrage, les propriétaires et les gestionnaires de patrimoine dans la mise en conformité de leurs biens.
Parallèlement, nous rencontrons des difficultés de recrutement. Nous avons donc décidé de nous doter d'un parcours de formation ouvert à l'externe pour former les forces vives nécessaires à nos propres besoins et aux enjeux nationaux de décarbonation du secteur du bâtiment. Or dans cet objectif, sur les 200 000 professionnels, tous métiers confondus, qui manquent à l'appel, les chargés d'affaires en rénovation, dont le rôle est central pour agréger et suivre les travaux, constituent environ 15 à 20 % des effectifs indispensables.
EE : Quelles compétences acquièrent les apprenants ?
BB : Notre formation vise essentiellement la rénovation énergétique dans des copropriétés. Les apprenants appréhendent l'expertise d'un état des lieux, en procédant tout d'abord à des audits énergétiques et architecturaux du bâti. Ils abordent la pathologie et la structure du bâtiment, sa durabilité, la sécurité et peuvent ainsi rédiger le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT)… Au cours de cette formation, ils apprennent également à convertir ce constat en scénarios de travaux. Une compétence à même d'accompagner les clients, les maitres d'ouvrage dans la prise de décision. Un aspect important, et ce notamment dans une copropriété où il est essentiel d'être en mesure d'expliquer pourquoi on privilégie un scénario plutôt qu'un autre et de savoir comment le présenter, le porter auprès du client. Enfin, à la fin de la formation, ils savent également comment transformer un scénario de travaux en une réalité opérationnelle. Comment sélectionner des entreprises, comment préparer un chantier, comment le suivre et comment gérer la phase de garantie, pour donner suite à sa réception.
EE : À qui s'adresse-t-elle ?
BB : Cette formation est ouverte aux professionnels qui travaillent déjà dans le domaine de la performance énergétique ou qui disposent d'une bonne connaissance du bâtiment. Elle est également accessible à ceux qui, titulaires a minima d'un bac +2, aspirent à se reconvertir ou à se spécialiser dans ce domaine. Je pense notamment aux professionnels du bâtiment qui travaillent sur le marché du neuf, en difficulté actuellement, et qui ont la volonté d'élargir leur socle de compétences. Le cursus s'adresse aussi aux personnes qui sont de « l'autre côté de la barrière » comme les métreurs, les économistes, les techniciens de maintenance en climatisation, ventilation... Enfin, cette formation vise aussi les étudiants qui viennent d'être diplômés d'un BUT ou d'un BTS Génie civil, Génie énergétique, Génie climatique ou dans le bâtiment.
EE : Quelles sont les modalités de cette formation ?
BB : La formation s'étend sur 12 mois avec 65 jours d'enseignements théoriques en présentiel, en distantiel ou en e-learning. Le cœur de l'apprentissage se fait par le biais de l'alternance avec pour fil rouge, la mise en pratique sur des bâtiments collectifs d'habitation de taille intermédiaire. Nous n'abordons pas l'habitat individuel. L'apprenant apprend son métier sur le terrain trois semaines par mois au sein de nos agences ou d'autres entreprises. La dernière semaine est dédiée à la théorie. Si actuellement nous nous appuyons sur un titre professionnel déjà existant de niveau bac+2, nous souhaiterions, à terme, avoir notre propre titre de niveau supérieur.




