CINav, le campus national des industries de la mer qui regroupe le naval civil, le naval militaire, les énergies en mer et les industries nautiques, a récemment inauguré le projet FORTEIM (FORmation à la Transition Écoénergétique des Industries de la Mer). Une initiative soutenue par l'État dans le cadre du plan d'investissement France 2030, notamment via l'appel à manifestation d'intérêt « Compétences et métiers d'avenir ». Un programme visant à accompagner la croissance des effectifs de la filière, dont l'objectif est de recruter 72 000 professionnels et former 3 200 apprenants d'ici à 2030. « Si FORTEIM est porté par le CINav, nous sommes 15 partenaires industriels (Naval Group...), institutionnels (France Énergie Marine...), académiques (Centrale Nantes, Institut de l'Océan...) et de formation (AFPA...) à travailler sur ce projet. Nous collaborons également avec des lycées qui testeront dans leurs établissements les contenus de formation que nous allons créer », détaille Thomas Soulard, chef de projet au sein de la Fondation OPEN-C, fondation partenariale, qui coordonne et pilote des essais en mer dans le domaine des énergies marines renouvelables.
Une offre de formation complète et adaptable
Pour développer les compétences environnementales dans la filière maritime, FORTEIM ambitionne de créer des blocs de formation dont les contenus seront adaptables à des diplômes existants, du CAP au doctorat. En priorité, les établissements labellisés « By CINav » – actuellement plus d'une centaine – bénéficieront de ce dispositif. « Nous débuterons par des modules courts de deux heures couvrant un large spectre, suivis de 3 modules de perfectionnement de 120 heures chacun. Ces modules traiteront du naval, des énergies marines, du climat, de la biodiversité… et seront conçus par chaque partenaire selon sa spécialité », précise Thomas Soulard. Ces premiers socles communs seront alimentés par des contenus numériques, ludiques, sous forme de serious games ou de réalité virtuelle. Les formateurs des établissements labellisés pourront alors sélectionner ces outils sur une plateforme dédiée pour accompagner au mieux leurs apprenants.
La sensibilisation, un axe majeur
L'expérience de terrain sera un autre pilier du projet, notamment du côté de la Fondation OPEN-C et des énergies marines renouvelables. L'objectif est de faire connaître aux plus jeunes la filière de l'éolien flottant notamment, via des ateliers de sensibilisation à l'éolien offshore dans les collèges et lycées, comme cela se pratique déjà ailleurs en Europe. « Grâce à nos sites d'essais pour les énergies marines, nous avons déjà pu accompagner des centaines d'élèves d'universités et d'écoles d'ingénieurs dans la découverte de nos métiers. Nous allons poursuivre cette démarche en diffusant des fiches métiers et des guides pédagogiques dans les établissements, mais aussi via des ateliers ludiques sur la plage, où nous apprendrons aux enfants à construire de petites éoliennes ou encore via des visites en mer de nos sites d'essais », commente Thomas Soulard. L'enjeu : répondre au pacte Éolien en mer, signé entre l'État et cette filière spécifique, qui vise 20 000 emplois d'ici 2035 contre 8 000 aujourd'hui. De quoi impliquer la création d'environ 1 000 emplois par an, un rythme en phase avec la dynamique actuelle.
« Pour l'ensemble des industries de la mer, Le CINav recense une quarantaine de métiers en tension qui, bien que traditionnels, jouent un rôle clé dans la transition écologique de notre secteur », conclut Thomas Soulard qui s'appuie sur le rapport de l'Observatoire des énergies de la mer, réalisé par la Fondation pour le Cluster Maritime Français. Parmi eux : technicien de maintenance, d'exploitation, d'essais, soudeur, menuisier, électricien, ingénieur… Des métiers dont les dispositifs de formation vont donc progressivement évoluer pour prendre la vague des besoins attendus par les industries de la mer.






