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AccueilDominique BidouEncore un rapport qui arrive trop tard !

Encore un rapport qui arrive trop tard !

Avec sarcasme, Dominique Bidou dénonce ici l’apparente désorganisation des agences dont les rapports préoccupants ne sont publiés que bien après leur rédaction et ne servent donc guère à influer sur les politiques publiques. Stratégie ou coïncidences ?

Publié le 02/05/2025

Les organisations agricoles qui demandent la suppression de l’agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) ont bien raison. Cette agence ne sert à rien, car tous ses rapports arrivent trop tard.

Il y a un an, c’était sur les nouvelles technologies génomiques (NTG), un rapport qui recommande la prudence, qui reste dans les placards et n’a pas pu orienter la position de la France, qui a donc approuvé sans réserve la proposition de la Commission européenne. Dommage. Bien avant, c’était le rapport sur le glyphosate, prêt depuis 2016 et resté enfoui parmi d’autres dossiers, qui n’aurait jamais été rendu public sans une injonction au titre de l’accès aux documents administratifs. Aujourd’hui, c’est le rapport sur « l’effet de l’exposition aux pyréthrinoïdes lors de la grossesse sur les neurodéveloppements des enfants à un an »[1] qui nous parvient, publié le 24 avril, alors qu’il est daté de février 2025, qu’il aurait manifestement dû éclairer les parlementaires dans l’élaboration de la loi du 24 mars 2025 d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, dont un des objectifs affichés est de « sécuriser les activités agricoles ». Encore trop tard ! C’en est trop, il faut faire des économies, supprimons tous ces organismes, incapables de protéger les Français des dangers qui les menacent.

Ce serait donner raison à tous ceux qui s’attaquent aux mesures de protection de l’environnement, autant de freins à leurs yeux à la bonne santé de l’économie. C’est oublier le coût de la dégradation de l’environnement, bien supérieur à celui des mesures en sa faveur. Au cours du débat au Parlement européen sur la restauration de la nature, le commissaire européen en charge a précisé qu’un euro dépensé pour l’environnement provoquait un retour d’au moins 8 euros. Les politiques d’environnement sont hautement rentables, mais elles bousculent les habitudes et dérangent ceux qui voudraient que rien ne change.  La réduction des exigences environnementales n’a en rien résolu la question des revenus des agriculteurs et ne les prépare nullement aux mutations à entreprendre.

Nous apprécierions que les pouvoirs publics utilisent les rapports des organismes tels que l’ANSES, l’INSERM ou l’INRAE dans l’élaboration des politiques, au lieu de sacrifier la santé pour rechercher des profits économiques illusoires, qui couteront cher dans la durée. Il est facile de reprocher à Donald Trump de rejeter les apports de la science, encore faut-il que nous ne fassions pas la même chose et en pire, puisque c’est en le cachant.

 

Dominique Bidou

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[1] NDLR : Expertise, Analyse des résultats de l’expertise collective de l’Inserm sur les effets des pesticides sur la santé, 24 avril 2025, site Anses.fr : ici.

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1 Commentaire

Ilgele63

Le 05/05/2025 à 13h18

Effectivement on peut s’étonner, s’interroger voire se révolter sur les raisons du retard de publication pour les soutiens à l’environnement vs le planning d’approbation des lois adverses à la protection du vivant. Et que dire des lourdes et injustifiables condamnations d’activistes qualifiés “d’éco-terroristes”

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