
Orec : des ressources stratégiques pour la transition bas carbone des territoires
Les Observatoires régionaux de l’énergie et du climat jouent un rôle prioritaire dans la construction de l’avenir des régions. Nadège Austin, directrice du Rare, présente ici cette ressource efficiente, qui semble encore méconnue des territoires.
Connaissez-vous les Orec ? Et si oui, connaissez-vous votre Orec ?
Les Observatoires régionaux de l’énergie et du climat, de leur petit nom « Orec », sont des espaces coopératifs mis en place par les institutions régionales (Région, Ademe, Dreal), pour appuyer les collectivités territoriales dans leurs politiques publiques de transition écologique.
Toutes les régions, ou presque, disposent d’un Orec !
Rassemblant les experts régionaux de la donnée territoriale sur l’énergie et le climat, les Orec ont pour mission de capitaliser la donnée environnementale, afin de partager une vision du territoire et de ses enjeux avec les usagers de cette donnée. Concrètement, cela signifie que les Orec, après un travail minutieux d’agrégation et d’analyse de la donnée existante en lien avec leurs comités de partenaires, produisent des informations sous forme d’indicateurs, de tableaux de bord et de data-visualisations dynamiques.
Si le périmètre de travail des Orec peut varier légèrement d’une région à l’autre, le socle commun de travail concerne a minima la production d’énergie, la consommation d’énergie, les émissions de gaz à effet de serre et les effets du changement climatique.
Missions de service public, obligations de transparence et de rigueur méthodologique
Les Orec basent leur travail sur des méthodologies suivies et transparentes, dans un principe de mutualisation d’ingénierie et de maîtrise publique de la donnée. À ce titre, ils sont des dispositifs pivots de la transition écologique, en fournissant aux territoires des données gratuites, fiables et cohérentes entre elles, validées par les acteurs locaux. Ils aident les collectivités à mieux s’approprier cette donnée, grâce au partage de leur expertise data.
Récemment, les Orec rassemblés au sein du Rare (Réseau des agences régionales de l’énergie et de l’environnement) ont fait un gros travail d’harmonisation de leurs méthodologies, afin de pouvoir fournir des données comparables à toutes les échelles, en lien avec les besoins de pilotage de la SNBC et de la Planification écologique lancée par l’État.
Point important du fonctionnement des Orec : financés majoritairement par des fonds publics, ils agissent selon des valeurs communes d’intérêt général et fournissent aux territoires une donnée libre, socle indispensable au pilotage des politiques énergétiques et climatiques. L’ADN, le savoir-faire et les compétences des Orec, les positionnent ainsi comme les interlocuteurs de confiance pour les territoires.
Les 4 missions phares d’un Orec
Chaque observatoire adapte son périmètre d’actions en fonction des particularités de sa région, prenant en compte l’écosystème d’acteurs régional et les priorités politiques de la région, ces dernières dépendant souvent des spécificités économiques, sociales et environnementales régionales.
Néanmoins, les missions des Orec reposent de manière invariable sur quatre savoir-faire experts :
- La capitalisation, le traitement et la fourniture de données
Les Orec collectent, vérifient et produisent de nombreux jeux de données de référence sur la consommation d’énergie, les émissions de gaz à effet de serre et les ressources d’énergies renouvelables. Ils garantissent la disponibilité et la pérennité d’un service de mise à disposition de données, centralisé à l’échelle des régions. Ce travail a pour but de partager une vision claire des défis et des opportunités spécifiques à chaque territoire. - L’appui au suivi et à l’analyse des politiques territoriales
Interlocuteur privilégié des régions et des territoires intercommunaux dans le cadre de leurs politiques énergétiques et climatiques (SRADDET et PCAET notamment), les Orec, grâce à l’expertise fine de la donnée qu’ils exploitent, aident les collectivités à ajuster leurs stratégies pour atteindre les objectifs fixés par la réglementation climatique. - La sensibilisation et l’information
Les Orec jouent un rôle clé dans la sensibilisation aux enjeux climatiques. À travers leurs publications, ou en organisant des événements, des formations ou encore des ateliers, les Orec renforcent la prise de conscience collective et encouragent des comportements plus durables. - Accompagnement des acteurs locaux
Enfin, les Orec soutiennent les collectivités dans l’appropriation et la compréhension des chiffres et indicateurs en mettant à disposition de manière libre et gratuite divers services en données leur permettant d’identifier les enjeux et leviers de leurs territoires : états des lieux annuels, tableaux de bords individualisés, suivi de trajectoires et prospective, data-visualisation cartographique, potentiels de productions d’énergies renouvelables, etc.
Mais qui travaille pour les Orec ?
C’est une question parfois ardue pour les non-initiés, car les Orec ne sont pas des structures juridiques, mais bien des dispositifs partenariaux créés de toutes pièces au niveau régional ! Ainsi, si le pilotage est systématiquement porté a minima par la région, l’Ademe et l’État (Dreal ou Préfet), les opérateurs techniques, ceux qui travaillent concrètement sur la donnée pour les Orec, varient d’une région à l’autre.
On y retrouve néanmoins régulièrement les Agences régionales de l’énergie et du climat, bras armés des régions pour la mise en œuvre des politiques de transition énergétique régionales,ainsi que les Agences de surveillance de la qualité de l’air, qui apportent leur expertise de modélisation des polluants sur la partie émissions de gaz à effet de serre.
Une ressource stratégique à impact positif pour la transition des territoires
Ainsi les Orec sont une ressource stratégique indispensable pour accompagner la transition énergétique. En fournissant des données fiables et en facilitant les synergies entre acteurs, ils contribuent à la définition de politiques plus adaptées aux réalités locales. Ils offrent un cadre de réflexion et d’action, favorisant la coopération entre tous les acteurs concernés, et aident à construire un avenir plus durable pour les territoires.
« En bref » - six infos essentielles :
- 16 Orec en France ;
- Pilotage : Région, Ademe, Dreal ;
- Missions : apporter les chiffres nécessaires au pilotage des politiques publiques de l’énergie et du climat au niveau territorial et régional, en lien avec le national ;
- Animation et production : divers opérateurs selon les régions, parmi lesquels les Agences régionales énergie Climat (Arec) et les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) ;
- Périmètre commun : production d’énergie, consommation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre, effets du changement climatique ; d’autres thématiques peuvent être suivies selon les régions ;
- Valeurs communes : partenariat, transparence de la méthodologie, accès libre à la donnée produite, comparabilité des productions entre territoires et entre régions.
Le Rare coordonne les Orec en France.
Retrouvez celui de votre région, ici.
Nadège Austin
Directrice du Rare
Article proposé par :
Nadège AUSTIN
Directrice du RARE
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1 Commentaire
Laurent
Le 16/01/2025 à 7h45
On assiste bien à un dérèglement climatique mais on nous a menti sur les causes ! Ce qui est vendu comme des bilans carbone est une vaste fumisterie, qui ne prend en compte QUE les émissions et PAS les absorptions : TOUT est à l'équilibre dans la nature depuis des millions d'années, quand la couverture des sols est verte et vivante ! L'agriculture fabrique et entretient le sol via la biomasse, TOUT ce qui est organique est construit essentiellement (plus de 90%) avec les gaz de l’atmosphère ! Donc ça ne sert strictement à rien de calculer, il faut produire de la biomasse en masse et c'est l'évapotranspiration des plantes qui climatise en absorbant 60% de l'énergie solaire ! En France on a voulu faire des économies d'eau en favorisant les cultures sèches, résultat on a fabriqué des déserts, la biomasse se produit avec l'énergie solaire et c'est l'été qu'il y en a le plus ! Avec une concentration de 0.04%, l'effet du CO2 sur les radiations solaires est insignifiant ! Le carbone dans les sols, c'est une réserve d'énergie solaire qui maintient en vie TOUS les micro-organismes décomposeurs qui vivent dans l'ombre et donc qui n'ont pas accès à la photosynthèse ! https://secure.avaaz.org/community_petitions/fr/gouvernement_on_assiste_bien_a_un_dereglement_climatique_mais_on_nous_a_menti_sur_les_causes_/?new&jZfevgb
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