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Faire appel aux EnR pour limiter l'impact carbone

Datacenter : l'efficience énergétique au centre des préoccupations Actu-Environnement.com - Publié le 10/06/2013

Très porteuse pour l'image de l'entreprise, l'alimentation en énergies renouvelables a été très relayée par les géants du Net ces derniers mois. Mais derrière ces projets se cache surtout une inquiétude quant à l'évolution du prix de l'électricité.

Datacenter : l'efficience énergétique...  |    |  Chapitre 7 / 7
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Environnement & Technique N°326 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°326
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Pointés du doigt par l'ONG Greenpeace sur le mix d'approvisionnement en électricité de leurs centres de données, largement alimentés par de l'énergie fossile et nucléaire, plusieurs géants du net se sont penchés sur la question. Septembre 2012, Google annonce la signature d'un nouveau contrat d'approvisionnement en électricité éolienne pour alimenter son datacenter installé aux USA dans l'Oklahoma. En mars 2013, Apple va plus loin et annonce que désormais ses datacenters fonctionnent à 100% aux énergies renouvelables. Même si en réalité ce taux n'est pas réellement atteint du fait du recours à des certificats verts et pas uniquement à des centrales solaires ou éoliennes, la volonté des grands acteurs du Net à s'intéresser aux sources d'approvisionnement en énergie est, elle, bien réelle.

Il est vrai que l'alimentation électrique de ces usines pèse dans le bilan carbone de ces activités au regard des volumes de kWh consommés. Or, les grands groupes sont de plus en plus montrés du doigt pour leur impact carbone et sont fortement encouragés à le réduire, en écho aux politiques climatiques mondiales. "Indépendamment du niveau de la consommation énergétique il est possible de réduire l'impact CO2 d'un centre de données en gérant son implantation dans un pays disposant d'une électricité de réseau faiblement carbonée (composition du mix énergétique) ou d'alimenter directement son centre de données à partir d'une source de production électrique basée sur des énergies renouvelables : solaire, biomasse, hydroélectrique et éolien", explique l'Agence de l'environnement et maîtrise de l'énergie (Ademe) dans son guide méthodologique destiné aux exploitants de datacenters.

Mais de la théorie à la pratique il y a un cap que peu de datacenters peuvent franchir et ce pour plusieurs raisons. "Il faut un contexte favorable aux énergies renouvelables", soulève Stéphane Duproz, directeur général de TelecityGroup France. "Ce qui n'est pas le cas en France", ajoute-t-il. Par ailleurs, techniquement, des installations de type datacenters nécessitent un approvisionnement en continu d'électricité ce qui sous-entend de prévoir une seconde source d'alimentation sur le réseau d'approvisionnement. Mais ce n'est pas impossible. Pour son datacenter installé près de Newcastle en Angleterre, HP s'est associé à un énergéticien pour co-financer un parc éolien qui alimente en priorité son datacenter. La seconde source d'alimentation raccordée au réseau traditionnel vient en secours dès que le parc éolien ne suffit plus.

Le recours aux EnR reste une option nécessitant un niveau d'engagement budgétaire conséquent mais qui gagne du terrain face à des prix de l'électricité en hausse. Le coût du kilowattheure est d'ailleurs l'un des trois critères majeurs pour l'emplacement d'un centre de données avec l'existence ou non d'une boucle d'internet haut débit et la proximité des centres d'affaires. C'est d'ailleurs l'avantage principal de la France en la matière : "Les prix oscillent autour de 6 à 8 centimes d'euros du kWh contre 20-25 en Allemagne et 35-40 en Angleterre", rappelle Pascal Lecoq, directeur des services datacenters d'HP France. Mais cet avantage est en perte de vitesse. "D'ici 2 à 3 ans, on s'attend à ce que le coût de l'électricité ne soit plus linéaire, avec des prix élevés en période de pointe de consommation", explique Pascal Lecoq. "Chez HP, nous sommes déjà dans un stratégie d'effacement", ajoute-t-il. Le groupe s'est associé à Bouygues Energies & Services dans le cadre d'un projet visant à faire fonctionner sur batteries le datacenter au moment des heures de pointe. "A l'heure actuelle, les onduleurs capables de combler l'approvisionnement électrique en cas de coupure ont une capacité de 15-20 minutes, le temps que les groupes électrogènes se mettent en place. L'enjeu, dans ce projet, est d'augmenter à 3-4 heures notre autonomie". Pour cela, le projet s'oriente vers la réutilisation des batteries de véhicules électriques hors d'usage pour ce secteur mais encore capable de stocker de l'énergie. "Au bout de 2-3 ans les batteries perdent 20 à 30% de leur capacité de recharge, l'objectif c'est donc d'allonger la durée de vie de ces batteries à 7-8 ans pour un nouvel usage", explique Pascal Lecoq. Renault serait l'un des partenaires du projet.

Florence Roussel

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