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L'"air chaud" a tari les échanges de quotas entre pays

Quelles suites au protocole de Kyoto ? Actu-Environnement.com - Publié le 03/12/2012

Les échanges de quotas entre pays se sont révélés faibles pour la première période du protocole de Kyoto. Le phénomène "d'air chaud" aurait déséquilibré le marché.

Quelles suites au protocole de Kyoto ?  |    |  Chapitre 5 / 9
L'"air chaud" a tari les échanges de quotas entre pays
Environnement & Technique N°320 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°320
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Environ 320 millions de quotas ont été échangés entre les Etats depuis 2008 : en regard des 60 milliards de quotas Kyoto délivrés pour la même période, ce dispositif n'a pas remporté l'adhésion des signataires du protocole.

Parmi les quelques pays toutefois intéressés par l'achat de ce type de quotas figurent le Japon (282,55 MtCO2), L'Espagne (34,6 MtCO2), l'Australie (15 MtCO2) mais également le Luxembourg, le Portugal ou encore les Pays-Bas. "Comme c'est un marché qui est structurellement déséquilibré, les quotas Kyoto coûtent moins cher que les autres types d'actifs carbone 2, préciseAnaïs Delbosc, responsable du Conseil aux gouvernements à CDC Climat, les pays qui ont besoin d'acheter des actifs pour atteindre leurs objectifs ont donc assuré une partie de leur achat via ce mécanisme".

Outre la Nouvelle-Zélande (0,05 MtCO2), les vendeurs s'avèrent essentiellement des pays de l'Europe de l'Est. Avec 102,6 MtCO2 vendus, la République tchèque s'affiche en tête des offreurs. Ces pays tirent leurs capacités de vente d'une - volontairement généreuse - allocation de quotas afin que ces derniers puissent se structurer et rattraper leur retard de développement.

"A l'époque de la ratification du protocole, les Etats-unis et Canada étaient considérés comme des acheteurs potentiels privilégiés de ces quotas pour attendre leurs objectifs, explique Anaïs Delbosc, leur désengagement du protocole a provoqué un déséquilibre : les achats ne sont pas à la hauteur de ce qui était initialement attendu, ce qui conduit à un surplus de plusieurs milliards de quotas". La conjoncture a également accentué l'écart entre les allocations et la réalité des émissions.

"Après la chute du mur, ces pays ont connu un trou de consommation et une amélioration de leur efficacité énergétique, ce qui a permis de réduire leurs émissions", complète Thomas Spencer chercheur à l'Institut de recherche sur les politiques, l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

Le phénomène, alors dénommé "air chaud" par les acteurs, a grippé les échanges de quotas entre Etats.

Des crédits perçus comme non légitimes

"Ces quotas sont perçus comme non légitimes par les autres pays qui préfèrent s'orienter vers des dispositifs comme le mécanisme de développement propre, souligne Thomas Spencer. Un dispositif, le plan vert d'investissement "Green Investment Scheme", a cependant été initié pour garantir que le fruit de la vente des quotas soit attribué à des mesures environnementales.

"Ce mécanisme demande une certaine capacité institutionnelle : les pays demandeurs ont privilégié des pays comme la Pologne qui sont dans le cadre juridique de l'Union européenne et qui peuvent de mettre en place ce genre de programme", pointe le chercheur de l'Iddri.

Excédentaire en quotas, la Russie a quant à elle choisi de passer par des mécanismes de mise en oeuvre conjointe (MOC). Elle convertie ses quotas Kyoto en crédits MOC grâce à un mécanisme national qui récompense des projets vertueux.

L'air chaud pèse sur les négociations pour 2013-2020

La question de "l'air chaud" pèse et ralentit la progression des échanges à propos de la seconde période du protocole. Les pays disposant d'un surplus de quotas souhaitent en effet les conserver. "L'Europe envisage de bannir certains crédits Kyoto issus du dispositif MOC de son marché carbone, note Romain Morel, chargé de recherche à CDC Climat, indirectement ces derniers peuvent être liés à l'air chaud puisqu'ils sont issus de la transformation de quotas Kyoto". Ce projet pourrait jouer sur les négociations lors de la conférence de Doha (Qatar) sur les changements climatiques."Par cette mesure, l'Union européenne pourrait essayer d'inciter notamment les pays de l'Est à entrer dans la seconde phase du protocole de Kyoto et adopter des objectifs contraignants ", analyse Anaïs Delbosc.

Dorothée Laperche

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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