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Terres excavées : la chronologie, la représentativité et l'exhaustivité des analyses sont essentielles

Philippe Duchesne, Ingénieur d'affaires France chez Grond Recyclage Centrum revient sur les différentes filières en France et dans les pays limitrophes qui permettent d'atteindre un optimum économique, et de minimiser les coûts de dépollution des terres excavées.

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Environnement & Technique N°-342 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°-342
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Les terres excavées polluées sont, dans la majorité des cas, évacuées vers des centres d'enfouissement (CET 1, CET 2). Ces dernières années, des quantités de plus en plus importantes sont aussi envoyées vers les filières traitement & recyclage de quelques pays limitrophes (Belgique, Pays-Bas, Allemagne). Les coûts de traitement y sont sensiblement moins élevés qu'en France, car ces pays disposent d'une règlementation qui permet la réutilisation, à large échelle, des terres dépolluées. L'utilisation conjointe des différentes filières (françaises et limitrophes) permet d'atteindre un optimum économique, et de minimiser les coûts de dépollution.

A chaque polluant son traitement

Les principales filières concernées sont le traitement biologique, le lavage physico-chimique et la désorption thermique. La plupart des traitements ont une action seulement sur un nombre limité de polluants. Le traitement biologique agit essentiellement sur les hydrocarbures légers et les volatils (BTEX), et la désorption thermique sur les mêmes polluants + les HAP, COHV, cyanures, PCB, etc. Ces deux traitements ne sont par contre pas efficaces sur les pollutions métalliques.

   
Résidus fins (fraction non-valorisable) dans lesquels sont concentrés les polluants après lavage physico-chimique. © GRC-Kallo
 
   
Le lavage physico-chimique est le seul traitement qui, par définition (séparation granulaire, concentration des polluants dans la fraction fine à éliminer), a une action sur tous les polluants.

Les règlementations des pays limitrophes fixent des critères d'acceptation qui, comme en France, concernent les centres d'enfouissement (CET 3, CET 2, CET1), mais également les filières traitement, et donc les niveaux de concentrations résiduelles qui permettent la réutilisation des terres après dépollution.

Ces critères (polluants et méthodes d'analyse), fixés par le législateur, ne sont pas les mêmes d'un pays à l'autre !

Tels polluants considérés comme normés dans un pays (sulfates, antimoine, fluorures, etc. en France conformément à l'arrêté CET 3 pour les déchets inertes du 28/10/2010), seront considérés comme non-normés dans un autre (même exemples des sulfates, de l'antimoine, des fluorures, etc. en Belgique).

Pour pouvoir recevoir des terres qui contiennent des polluants non-normés, les centres doivent avoir obtenu des seuils spécifiques de réutilisation. Ces derniers sont fixés en tenant compte principalement de la ou des filière(s) recyclage utilisée(s) par le centre après le traitement : typiquement des chantiers de terrassement ou de construction, dans un contexte environnemental spécifique. Ces seuils (autorisations d'acceptation spécifiques) doivent avoir été délivrés par l'administration ou par un bureau d'étude agréé.

La réalisation d'analyses initiales d'orientation est donc indispensable, mais la façon dont celles-ci sont réalisées doit, pour être réellement utiles et exploitables par les centres de traitement, respecter quelques principes rappelés ci-dessous. Le respect de ces principes permettra de confirmer la faisabilité des traitements et de pouvoir réaliser une excavation réellement sélective des terres.

 
Analyses initiales à réaliser pour les centres d'enfouissement (CET) et les filières traitement Ces analyses initiales seront utilisées par les filières pour délivrer l'acceptation préalable. Des analyses de contrôle seront réalisées à l'entrée des centres pour permettre l'acceptation définitive.

Centres d'enfouissement (cf Arrêté CET 3/ inertes du 28/10/2010)
- Pack classe 3

Traitement (bouwstof, biologique, lavage physico-chimique, thermique) & recyclage (export), en complément du pack classe 3
- Métaux : brut
- 16 HAP détaillés (pour chaque molécule) : brut
- Hydrocarbures – fraction lourde C30-C40 : brut
- Description granulométrique (fraction <63 µm et > 2mm)
- Présence ou non d'asphalte, scories, mâchefers, etc. et en quelle proportion
 
Chronologie : réalisation des analyses avant les excavations

Pour pouvoir identifier clairement les zones polluées et limiter au strict nécessaire les quantités de terres à évacuer, les analyses doivent être réalisées idéalement avant le démarrage des terrassements. De plus, la réalisation précoce des analyses permet, en s'appuyant sur l'historique du site, de déterminer avec précision les polluants qui sont susceptibles d'être présents et qui doivent être recherchés en priorité. Dans le cas contraire la répartition des terres et des filières devient plus aléatoire, avec un  risque important de sur ou de sous-représentation des pollutions et des volumes !

Représentativité : réalisation d'un nombre suffisant d'analyses

Le nombre d'analyses doit être suffisant pour garantir la représentativité de la / des pollution(s) et des volumes concernés. Le coût des analyses rapporté au  prix final des frais de dépollution reste très faible par rapport aux économies que ces analyses peuvent dégager : aussi bien par l'objectivation des volumes réellement pollués que par l'importance de la pollution (de niveau CET 1 dangereux ou "seulement" CET 2 non-dangereux, voire CET 3plus, etc…).

Exhaustivité : analyse (brut & lixiviation) de tous les polluants concernés, normés et non-normés

Les analyses doivent être exhaustives. Comme indiqué plus haut, les polluants et/ou les méthodes d'analyses concernées, varient d'un  pays à l'autre. Le choix des polluants à analyser (normés et non-normés) devra donc être fait en tenant compte des contraintes des filières françaises et des filières exports retenues.

Avis d'expert proposé par Philippe Duchesne, Ingénieur d'affaires France pour GRC-KALLO

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