Par sa décision du 27 mai 2026, la cour d'appel de Grenoble a reconnu la responsabilité de la société EDF et le directeur de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) pour des fuites de tritium survenues en novembre 2021.
En décembre 2021, une activité anormale de tritium avait été détectée dans les eaux souterraines de la centrale. Les investigations avaient révélé un enchaînement de défaillances techniques à l'origine de cette activité, indique Sortir du nucléaire. Les effluents étaient notamment dirigés vers un réservoir dont l'alarme de remplissage ne fonctionnait plus depuis 2019. Le 25 novembre 2021, un départ de feu et un malaise cardiaque avaient mobilisé l'équipe de quart, normalement chargée de surveiller manuellement le niveau du réservoir. En l'absence d'alarme et de cette équipe , le réservoir avait débordé. Les effluents avaient alors atteint un puisard, dont la tuyauterie, non-étanche, avait laissé s'échapper 900 litres d'eau contaminée sur la voirie, puis dans les eaux souterraines de l'enceinte géotechnique du site.
Le Réseau accusait EDF et le directeur de la centrale d'avoir minimisé les faits, les qualifiant d'« événement de simple débordement », alors que la réglementation les classent comme un incident. De plus, la déclaration d'événement significatif n'avait eu lieu que le 15 décembre 2021, soit trois semaines après l'incident, dénonçait Sortir du nucléaire. En première instance, le tribunal judiciaire de Valence avait, par un jugement du 24 juillet 2024, relaxé EDF et le directeur de la centrale des faits qu'ils leur étaient reprochés, motivant l'appel formé par Sortir du nucléaire.
Le Réseau indique d'ailleurs que ce n'est pas la première fois que ce type d'incident se produit. En 2013, il avait alerté sur une évolution anormale de l'activité volumique en tritium mesurée sur un piézomètre situé entre les îlots nucléaires de deux des quatre réacteurs de la centrale nucléaire. Cette plainte s'était toutefois soldée par un classement sans suite après un simple rappel à la loi fait à l'exploitant.
« [Cette décision] met en lumière un problème structurel : le parc nucléaire français vieillit, et les défaillances techniques risquent de se multiplier, indique le Réseau. [La décision] illustre la nécessité d'une vigilance accrue et l'impératif de prendre au sérieux tous les écarts de gestion au sein d'une centrale nucléaire afin d'éviter que de telles situations ne se reproduisent ».





