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Le Parlement adopte la loi de simplification de la vie économique délestée des ZFE

MAJ le 16/04/2026

L'Assemblée nationale a rejeté l'amendement de compromis sur les zones à faibles émissions proposé par le Gouvernement. Ce qui a permis l'adoption de la loi par le Parlement. Une loi qui impacte l'environnement à plusieurs titres.

Transport  |    |  L. Radisson
Le Parlement adopte la loi de simplification de la vie économique délestée des ZFE
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« Une insulte aux victimes de la pollution de l'air. » C'est ainsi que Respire, association nationale pour l'amélioration de la qualité de l'air, qualifie la suppression, ce 14 avril par l'Assemblée nationale, des zones à faibles émissions (ZFE), dispositif destiné à restreindre la circulation des véhicules les plus polluants dans certaines grandes agglomérations. Les députés ont en effet rejeté l'amendement (1) de compromis relatif à ce dispositif que le Gouvernement avait déposé sur le texte du projet de loi de simplification de la vie économique issu de la commission mixte paritaire (CMP) du 20 janvier dernier.

La suppression des zones à faibles émissions (ZFE) était devenue un tel totem politique pour l'extrême-droite, la droite et une partie du bloc central, que le vote de ce projet de la loi, déposé en avril 2024, en dépendait. Le rejet de cet amendement a donc conduit une majorité de députés à adopter le texte.  (2) Le Sénat a fait de même mercredi 15 avril en fin de journée. Ce texte contient de nombreuses autres dispositions relatives à l'environnement, dont un assouplissement du dispositif « zéro artificialisation nette » (ZAN) et des obligations de compensation écologique, une simplification du code minier ou encore des assouplissements des règles d'urbanisme.

Rejet d'un amendement de compromis

Alors que la suppression des ZFE était déjà contenue dans le texte issu de la CMP, le Gouvernement avait, de façon inhabituelle, déposé un nouvel amendement sur ce texte. Il visait à laisser davantage de liberté aux collectivités afin de ne pas purement et simplement supprimer un dispositif qui a fait ses preuves dans plusieurs grandes villes européennes.

« Nous avons (…) une responsabilité : protéger la santé publique et améliorer la qualité de l'air, a plaidé Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique. J'insiste sur le coût que représente la pollution de l'air, évaluée par le Trésor à plus de 1 milliard d'euros par an. C'est pourquoi nous avons proposé un compromis clair et assumé : il maintient l'ensemble des exigences environnementales des ZFE et ne renonce ni à nos objectifs sanitaires, ni à nos engagements écologiques, mais il redonne de la souplesse et du pouvoir aux maires nouvellement élus. » Un plaidoyer qui n'a pas su convaincre une majorité de députés, malgré les chiffres rappelés dans l'exposé de l'amendement : 40 000 décès prématurés chaque année liés aux particules fines et 7 000 aux oxydes d'azote, 30 000 cas d'asthme infantile, plus de 300 dispositifs similaires aux ZFE déjà en place en Europe, etc.

“ Nous avons une responsabilité : protéger la santé publique et améliorer la qualité de l'air ” Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique
« Vous allez tenter de réintroduire les ZFE dans le texte, messieurs les ministres. Quelle bonne idée, en pleine crise du pouvoir d'achat et du carburant, de dire aux Français qu'ils n'ont plus besoin de faire le plein, puisqu'ils ne pourront pas entrer dans les villes ! », a ironisé le député RN Pierre Meurin. C'est scandaleux ! Si les ZFE sont réintroduites, nous nous opposerons à ce texte ».

Le député Ian Boucard (Droite républicaine) a, quant à lui, fustigé « une mesure inefficace qui crée une ségrégation sociale inacceptable ». Reconnaissant dans l'amendement gouvernemental « une avancée » mais qui « ne répondrait pas pleinement aux difficultés rencontrées », l'élu a indiqué que les membres de son groupe ne soutiendraient pas cet amendement.

Un cavalier législatif bientôt censuré ?

« Cela me désole », a réagi Agnès Panier-Runacher (EPR), ancienne ministre de la Transition écologique, après le rejet de l'amendement gouvernemental et l'adoption de la loi. « Ces remises en cause (3) ne vont pas dans le sens de l'intérêt des Français. Les zones à faibles émissions visent à réduire les milliers de décès précoces et les dizaines de milliers de pathologies liées à cette pollution : asthme, cancers, diabète, infarctus ou AVC », a rappelé la députée EPR du Pas-de-Calais.

« En supprimant les ZFE, l'Assemblée nationale envoie un signal extrêmement grave : celui d'un abandon pur et simple de la santé publique au profit de considérations de court terme », réagit Karima Delli, présidente de l'association Respire et ancienne eurodéputée écologiste. Avec cette suppression, « la France tourne le dos à la nouvelle directive européenne sur la qualité de l'air », s'indigne l'association qui pointe le risque de contentieux devant la Cour de justice de l'Union européenne.

Mais, avant même cette perspective lointaine, une censure de l'article de suppression des ZFE par le Conseil constitutionnel est possible, voire probable. « Tout le monde sait pertinemment que le Conseil constitutionnel déclarera cette suppression non conforme », avait même déclaré le sénateur LR Rémy Pointereau lors de la CMP.

« Ces remises en cause majeures sont le fait d'amendements dont la constitutionnalité est douteuse car sans rapport avec l'objet du texte, estime également Agnès Pannier-Runacher. Tous les groupes politiques le savent mais ça n'empêche pas certains de les soutenir bruyamment. Et ne soyons pas surpris si demain les mêmes se récrieront si les articles de la loi concernée sont invalidés par le Conseil constitutionnel en s'en prenant "au gouvernement des juges". Ce n'est pas l'honneur des députés de maltraiter la Constitution et ceux qui en sont les gardiens. Et c'est dangereux pour la démocratie ».

Les groupes socialistes et écologistes ont d'ores et déjà annoncé une saisine du Conseil constitutionnel.

1. Télécharger l'amendement du Gouvernement
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-47846-amendement-zfe-gouvernement.pdf
2. Télécharger le texte de loi adopté
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-47846-loi-simplification-vie-economique.pdf
3. Agnès Pannier-Runacher visait la suppression des ZFE mais également l'assouplissement du ZAN.

Réactions9 réactions à cet article

Bonjour,

Qu'en est-il de la vignette "Crit'air" ? Elle devient obsolète ? Je suis belge et dois me rendre en France début mai et j'hésite donc à l'acheter car elle me coûterait plus de 40€ ! Pouvez-vous me répondre ? Merci ;-)

ETPFR | 16 avril 2026 à 09h09 Signaler un contenu inapproprié

Le principe des ZFE n'a pour but que d'ameliorer la qualité de l'air dans les coeurs de ville, c'etait une mesure exclusivement sanitaire. L'impact pour les usagers de vehicules individuels ne concernait que quelques dizaines de milliers de vehicules anciens hors véhicules de collection. Ces vehicules auraient pu etre facilement remplacés grace à des mesures gouvernementales telles que celles déployées pour les VE. En aucun cas les possesseurs des qq VT restants n'auraient été interdit de ville contrairement à ce que certains obsédés de populisme prétendent. Les malades de la pollution de l'air aprecieront ce vote absurde.

paco55 | 16 avril 2026 à 09h14 Signaler un contenu inapproprié

"Facilement remplacés", c'est vite dit, mais pas vite fait.
Par contre, ce projet date de plusieurs années, c'était l'occasion de développer les transports urbains, aires de stationnement périphériques, voies cyclables, covoiturage si besoin, etc.... au lieu de se crisper sur le tout bagnole.

nimb | 16 avril 2026 à 09h29 Signaler un contenu inapproprié

Les mesures déployées pour l’acquisition des V.E. sont insignifiantes et le problème de la circulation dans les villes beaucoup plus compliqué que la simple mesure des ZFE.

ouragan | 16 avril 2026 à 09h39 Signaler un contenu inapproprié

Les députés qui ont voté la suppression des ZFE ont non seulement 40 000 futurs décès sur la conscience, mais surtout ils n'ont proposé aucune autre mesure pour lutter contre la réelle pollution de l'air dans les grands villes. Triste constat d'un manque de réflexion à long terme de leur part et d'un électoralisme à très court terme.

Mangouste | 16 avril 2026 à 10h34 Signaler un contenu inapproprié

On a tellement de fric autant donner beaucoup plus aux pauvres pays dont les habitants n'arrivent plus à respirer ! A comparer aux allemands qui eux grâce aux grunnen au charbon et à la lignite donnent beaucoup plus ? Où aux cubains où le nombre de cancers explose alors qu'il n'y a ni de carburant ni voiture moderne

zhaooo2000 | 16 avril 2026 à 11h53 Signaler un contenu inapproprié

Si le coût de la pollution que l'on voulait réduire est de 1 Milliard par an, pourquoi pas permettre de financer plus de 45.000 véhicules/an à 50%, pour les Français? à moins que la seule volonté ne soit que de limiter l'entrée en ville, comme sur un territoire non accessible pour ceux qui ne peuvent financer un VE ou qui ne lui trouvent pas l'autonomie nécessaire? Un territoire qui peut bénéficier des moyens de déplacement que la campagne n'aura jamais, qui bénéficie des services, des soins, des hôpitaux, ... Le clivage entre les deux groupes de Français n'était pas nécessaire.

jmf | 16 avril 2026 à 15h27 Signaler un contenu inapproprié

@jmf "Le clivage entre les deux groupes de Français n'était pas nécessaire." Malheureusement ce clivage existe depuis toujours : la fracture sociale « citadins éclairés/ruraux obscurantistes » est adopté dans la plupart des discussions.

ouragan | 16 avril 2026 à 16h46 Signaler un contenu inapproprié

@ETPFR
Bonjour,
La vignette est obligatoire pour circuler dans les ZFE mais aussi en cas de mise en oeuvre de la circulation différenciée lors des pics de pollution.
En outre, formellement, les ZFE ne sont pas supprimées tant que la loi n'est pas promulguée, et le Conseil constitutionnel, qui va être saisi, pourrait censurer l'article de suppression.
Ceci dit, si vous n'êtes pas amené à circuler dans une grande agglomération ou lors d'un pic de pollution lors de votre venue en mai, la vignette ne devrait pas être de grande utilité.

Laurent Radisson Laurent Radisson
16 avril 2026 à 17h01
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