Le fonds de dotation Cercle Promodul/Inef4 revient sur les enseignements d'une récente étude publiée par l'Inserm. Celle-ci identifie notamment, à Paris, l'ancienneté du bâti « comme le facteur morphologique le plus fortement associé à la mortalité liée à la chaleur. »
Les quartiers dominés par des logements, construits avant 1950, présenteraient ainsi une surmortalité estivale plus élevée dans la capitale. « Ce résultat confirme et quantifie ce que les professionnels de la rénovation pressentaient : le parc ancien, mal isolé, sans conception bioclimatique, avec des matériaux aux propriétés thermiques défavorables, est une bombe à retardement sanitaire face au réchauffement climatique », alerte le Cercle Promodul, dans une note (1) publiée le 9 avril.
Selon l'étude de l'Inserm, les décès liés à la canicule se concentrent donc dans les quartiers denses, minéralisés, peu végétalisés, dominés par un bâti ancien mal adapté aux fortes chaleurs. Par ailleurs, le Cercle Promodul estime que rénover les bâtiments les plus consommateurs selon les critères du diagnostic de performance énergétique (DPE) « est insuffisant » pour les objectifs d'adaptation climatique.
« Un logement étiqueté D ou E sur l'échelle du DPE peut tout à fait être un logement dont les occupants courent un risque de surmortalité estivale élevé, non parce que sa consommation de chauffage est anormale, mais parce qu'il a été construit dans un quartier peu végétalisé par exemple. Inversement, un logement étiqueté F ou G peut être occupé par des personnes dont l'exposition thermique estivale est relativement maîtrisée grâce à la présence d'un jardin ou d'une cour ombragée », illustre la note. Selon le Cercle Promodul, la filière devrait donc militer pour l'introduction, dans les outils de diagnostic, d'un indicateur de vulnérabilité thermique estivale, intégrant l'ancienneté du bâti et la densité végétale de proximité.






