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Actu-Environnement

Santé : l'exposition in-utero à des phtalates et phénols pourrait avoir des conséquences sur le QI des enfants

Risques  |    |  C. Girardin Lang

Les points à retenir

  • Six substances prioritaires sont associées à une baisse mesurée du QI à 3 ans.
  • La réglementation est jugée plus efficace que les actions individuelles pour protéger la population.

L'exposition maternelle, au cours du troisième trimestre de grossesse, à certains phtalates et phénols peut être associée à une baisse des scores de quotient intellectuel (QI) des enfants à l'âge de 3 ans. C'est la conclusion à laquelle parvient une étude (1) réalisée par l'Inserm de l'université de Grenoble-Alpes, en collaboration avec le CNRS, le CHU de Grenoble et l'université de Grenade (Espagne), publiée ce jeudi 20 octobre 2026 dans la revue Environmental Health Perspectives.

Les scientifiques ont analysé les résultats de 380 mères et leurs enfants (2) . Les biomarqueurs d'exposition ont été mesurés à plusieurs moments de la grossesse de la mère (début, deuxième et troisième trimestre), puis chez l'enfant. Les scientifiques ont pu mesurer les marqueurs d'expositions à 26 phtalates et phénols, dont des bisphénols et des parabènes. Les bisphénols A et S, et certains phtalates dont le DEHP, le DEP, le DnBP et le DiBP, étaient les substances identifiées comme les plus délétères sur le développement cognitif par d'antérieures études, elles ont donc été priorisées, explique Vicente Mustieles, premier auteur de l'étude et chercheur à l'université de Grenade.

Une association a été observée entre l'exposition au mélange de ces six substances prioritaires au troisième trimestre de grossesse et le score de QI des enfants à 3 ans. En moyenne les scores de QI diminuaient de 2,86 points quand l'exposition à toutes les substances du mélange augmentait d'un niveau, indique l'étude.

« Les substances étudiées ici sont peu persistantes dans l'organisme, précise Claire Philippat, chercheuse Inserm et dernière autrice de l'étude. Si nous arrivons à éliminer les sources d'exposition de notre environnement, les doses internes pourraient diminuer rapidement. Plusieurs leviers peuvent être activés au niveau individuel, […], néanmoins, la réglementation et la restriction des substances avérées comme nocives est la mesure la plus efficace pour toucher l'ensemble de la population ».

1. Consulter l'étude (en anglais)
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-48697-etude-inserm-exposition-bpa.pdf
2. Cohorte « Sepages »

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