À l'heure où politiques et industriels hésitent encore à savoir comment se mettre d'accord sur le bouclage de la biomasse (à savoir, comment maintenir l'équilibre entre la ressource et les usages), un document vient rappeler les fondamentaux. Dans un avis (1) publié le 26 février, l'Agence de la transition écologique (Ademe) revient sur les « exigences à respecter pour bénéficier (du) potentiel » des produits biosourcés issus de cette biomasse (bois, vêtements, papier, cosmétiques).
Sobriété d'abord
L'Ademe tient d'abord à rappeler que fondamentalement, s'agissant des produits biosourcés, le plus pertinent demeure de « se concentrer uniquement sur les performances nécessaires et suffisantes sans viser une substitution stricte », plutôt que d'en faire le « supplément d'une production déjà massive, sans substitution ». Elle prend en cela l'exemple des godets en plastique pour fleurs qui, « jetés au bout de quelques semaines » (par centaine de millions tous les ans en France), peuvent mettre quatre cents ans à se décomposer et peuvent ainsi être aisément remplacés par des godets en copeaux et compost biodégradables. Malheureusement, observe l'Ademe, la tendance actuelle voit « la production biosourcée (venir) s'ajouter à celles des produits d'origine fossile qui continuent leur croissance », notamment dans la fabrication d'objets en plastique ou de textiles.
Les bénéfices et leurs conditions
Vigilance sur le « greenwashing »
Dans son avis, l'Ademe tient par ailleurs à faire éviter la confusion émanant des allégations d'étiquetage des produits biosourcés. « Par exemple, le terme bioplastique n'est pas clair sur le caractère biosourcé et/ou sa capacité à se dégrader en fin de vie (biodégradabilité). » Elle préconise donc d'indiquer systématiquement la teneur réelle et vérifiable de matière biosourcée de chaque produit, en précisant la méthode exacte de fabrication utilisée.
Ce faisant, l'Ademe – qui opère déjà un appel à projets « Produits biosourcés » – atteste que ce versant de la bioéconomie offre déjà plusieurs bénéfices. En premier lieu, d'un point de vue économique, la production et l'utilisation d'éléments biosourcés participent à réduire le déficit de la balance commerciale, creusé par la dépendance aux hydrocarbures et aux matières premières importées, et à stimuler l'économie locale. « À titre d'exemple, la France est le premier producteur mondial de lin, avec 130 000 hectares, et le premier producteur européen de chanvre, avec 21 700 hectares. » Et, en second lieu, ces produits « peuvent dans certains cas limiter la toxicité de certains produits durant leur fabrication ou leur usage (par exemple les colles biosourcées sans formaldéhyde, moins émettrices de composés organiques volatils) ou leur fin de vie (en permettant l'évitement de microplastiques) ».





