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Hydroélectricité : le Sénat muscle la sortie des concessions

Le Sénat a adopté la proposition de loi visant à relancer les investissements dans l'hydroélectricité en renforçant l'encadrement des procédures, le régime d'indemnisation et l'ancrage territorial, sans remettre en cause l'équilibre général du texte.

Energie  |    |  F. Roussel
Hydroélectricité : le Sénat muscle la sortie des concessions
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Le projet de loi visant à relancer les investissements dans « la grande hydroélectricité » a été adopté par le Sénat lundi 13 avril après un après-midi d'échange. Ce texte vise à réformer le régime juridique des concessions hydroélectriques et faire cesser le contentieux européen.

Le projet de loi reprend les éléments au cœur de l'accord de principe trouvé à l'été 2025 entre la France et la Commission européenne. Cette dernière a annoncé une clôture des précontentieux si les autorités françaises adoptent une réforme du régime juridique des installations. La proposition de loi organise par conséquent le passage d'un régime de concession à un régime d'autorisation pour 340 installations dont la puissance est supérieure à 4,5 mégawatts (MW). Elle prévoit aussi la mise à disposition par EDF de capacités hydroélectriques virtuelles à des tiers (40 % ou 6 gigawatts), sorte de contrepartie à la possibilité de maintenir en place les concessionnaires actuels.

“ À l'heure où notre pays traverse une crise énergétique sans précédent et où l'électrification de nos usages s'accélère, aborder la relance de nos capacités hydroélectriques fait plus que jamais sens ” Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'énergie
Après son adoption par l'Assemblée nationale en février dernier, dans le cadre d'une procédure accélérée, le Sénat (1) a, à son tour, apporté des modifications au texte pour encadrer juridiquement les procédures de sélection, sécuriser financièrement le dispositif et renforcer la transparence et l'ancrage territorial. Les rapporteurs ont insisté sur la nécessité de « sécuriser juridiquement le dispositif » afin d'éviter tout nouveau contentieux européen. « À l'heure où notre pays traverse une crise énergétique sans précédent et où l'électrification de nos usages s'accélère, aborder la relance de nos capacités hydroélectriques fait plus que jamais sens », a introduit Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'énergie.

Point sensible pour les sénateurs : la fiscalité locale

L'examen au Sénat s'est concentré sur plusieurs points névralgiques du texte : le nouveau régime d'autorisation, les modalités de mise en concurrence (dont les enchères), ainsi que la fiscalité locale, et le régime d'indemnisation des opérateurs actuels en fin de concession. Le Sénat a notamment proscrit tout versement de l'État aux exploitants, qui pourrait être interprété par la Commission européenne comme une aide d'État. Il a précisé les conditions de participation de l'ancien concessionnaire à la procédure de sélection.

Le texte va également modifier la fiscalité locale pour les collectivités qui accueillent des barrages. Le Sénat a donc prévu un reversement de la redevance que percevra l'État au titre du régime d'autorisation vers les établissements publics territoriaux de bassin à hauteur de 3 %. Les EPTB seront également consultés afin de déterminer les installations pour lesquelles le dépôt d'une nouvelle demande d'autorisation est prioritaire. Le Sénat a également relevé l'imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (Ifer) due par les centrales de production et a prévu une nouvelle répartition de cet impôt entre les communes et les EPCI.

Le « deal » avec la Commission en toile de fond

Un compromis entre l'État et le Sénat sur l'article 12 a été trouvé afin qu'il permette de clore l'une des deux procédures précontentieuses, celle relative à la position dominante d'EDF. L'article encadre le volume d'énergie qu'EDF devra mettre à disposition du marché, en intégrant les engagements pris auprès de la Commission européenne. Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de « trouver un équilibre » avec les exigences de Bruxelles. Les rapporteurs ont choisi une tournure qui intègre à la fois un volume minimal de 40 % de la production et le volume de 6 GW promis à la Commission.

Le Sénat a également modifié le texte afin notamment d'encadrer le déroulement des enchères, en précisant notamment que le prix de réserve sera gardé secret afin d'éviter qu'il ne détermine, in fine, le prix de vente des produits mis aux enchères ; et assurer l'information du Parlement quant au déroulement des enchères.

Plusieurs sénateurs, ainsi que le Gouvernement, ont toutefois estimé qu'il y a encore des points à éclaircir pour que la loi soit conforme au « deal » réalisé entre la France et la Commission l'année dernière. Les deux parties misent sur la Commission mixte paritaire (CMP) pour définitivement clore ce chapitre.

1. Consulter la
https://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2025-2026/499.html

Réactions2 réactions à cet article

Que sont les capacités hydroélectriques virtuelles ? Merci!

ez | 15 avril 2026 à 09h00 Signaler un contenu inapproprié

Bonjour,
Dans le texte, les « capacités hydroélectriques virtuelles » ne correspondent pas à de nouvelles installations physiques. Il s’agit d’un mécanisme permettant à des acteurs tiers d’accéder à une partie de l’électricité produite par les barrages existants, sans en être propriétaires ni exploitants.

Concrètement, EDF continue d’exploiter les installations, mais doit mettre à disposition une part de sa production (jusqu’à 40 % ou 6 GW) sous forme de droits d’accès à cette électricité. Les autres fournisseurs peuvent ensuite acheter cette énergie et la commercialiser.

On parle de « virtuel » car ces acteurs n’ont pas de centrale : ils accèdent à la production existante via un dispositif contractuel.

Bonne journée

F.Roussel | 15 avril 2026 à 15h28 Signaler un contenu inapproprié

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