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Les riverains des aéroports ou les oubliés du Bourget

Les riverains auront une nouvelle fois été les grands absents du salon de l’aéronautique du Bourget révélant ainsi l’absence de politique volontariste pour diminuer les nuisances aéroportuaires.

Tribune  |  Aménagement  |    |  Actu-Environnement.com
   
Les riverains des aéroports ou les oubliés du Bourget
Patricia Lemoyne de Forges
Présidente de l'ACNUSA
   

Les feux du Salon de l'aéronautique du Bourget sont éteints. Les salariés de l'industrie se réjouiront des nombreuses commandes enregistrées. Quant aux clients des compagnies, ils ont d'ores et déjà la promesse d'avions plus nombreux, plus rapides, plus confortables.

Comme tous les deux ans, les riverains auront été les grands absents du salon. L'effort qui est apporté au soutien de l'industrie, que l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) ne peut qu'approuver, doit s'accompagner d'une politique tout aussi volontariste pour diminuer les nuisances aéroportuaires.

Une étude TNS-SOFRES menée en 2010 a montré que le bruit des transports était une source majeure de préoccupation des Français. Les deux tiers de nos concitoyens se disent personnellement gênés par le bruit à leur domicile. Les transports sont considérés comme la principale source de nuisance sonore, l'avion se plaçant en 2e position.

Bien peu de voix s'expriment aujourd'hui pour atténuer les nuisances aéroportuaires (le bruit mais aussi la pollution) alors que quelques mesures simples à mettre en œuvre, peu, voire non coûteuses pour la collectivité, permettraient d'améliorer significativement la situation actuelle.

La gêne la plus forte est celle qui trouble le sommeil. La question première est donc celle des  vols de nuit. Jusqu'à présent, les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé pour la prise en compte d'une nuit entière de 8 heures de sommeil n'ont pas été suivies en France. Les mesures prises ont porté principalement sur le cœur de nuit, ce qui est très dommageable, car la période la plus perturbatrice pour les riverains porte surtout sur les heures d'endormissement et de réveil.

La circulation aérienne peut aussi être mieux régulée dans l'objectif de réduire les nuisances.  Généralisons, au moins la nuit et dans les périodes de jour peu chargées, l'approche en descente continue, technique permettant au pilote de conduire le vol du début de la descente jusqu'à l'atterrissage en configuration lisse et moteur au ralenti. Celle-ci aurait des avantages tant pour les riverains que pour les compagnies aériennes. Le gain obtenu pour une distance de 35 km du seuil de piste est de 5 à 7 décibels.

Gérer le renouvellement urbain autour des aéroports

En matière d'urbanisation, Il convient de mieux gérer le renouvellement urbain autour des aéroports. Le respect de la règlementation sur la maîtrise des constructions dans certaines zones autour des aéroports reste un impératif. Pour s'en assurer, il convient d'abord de renforcer le contrôle de légalité à la charge des Préfets sur les opérations d'urbanisme classées en zones  de bruit dit modéré - « zones C »- dans les Plans d'Exposition du Bruit (PEB). Dans le même temps, il importe de modifier sans délai  l'article 147-5 du code de l'urbanisme, devenu mal aisée d'application ce qui explique la difficulté des maires à gérer l'urbanisme dans ces mêmes zones. Quant au Grand Paris, sa réalisation pourrait être l'occasion d'une expérimentation qui porterait sur l'accompagnement de la transformation d'une zone bâtie à proximité d'un aéroport.

Enfin, l'isolation des logements reste insuffisante. Une aide à l'insonorisation en faveur des riverains existe depuis 1995. Elle a permis d'aider financièrement un peu plus de 50 000 logements, ce qui paraît trop peu au regard des logements restant à insonoriser. Les collectivités doivent informer davantage sur ce dispositif, encore peu connu. L'Etat doit aussi se doter d'un programme volontariste pour insonoriser l'ensemble des logements éligibles d'ici à 2014 dans le cadre d'un financement intégral des travaux d'insonorisation.

L'aéronautique est l'affaire de tous, mais n'oublions pas les riverains !

Patricia Lemoyne de Forges, Présidente de l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA)

Réactions3 réactions à cet article

 

Bonsoir,

Je viens de poster l'objet de notre désarroi contre un acte volontaire de destruction de la biodiversité de la part de la SNCF.
Mais puisque vous intervenez sur les phénomènes de nuisance par le bruit, nous nous efforçons de garder le rideau d'arbres qui nous préserve du bruit des trains car riverains de la ligne Paris-Valmondois.

Après l'action inadmissible menée ce dernier mardi, il est fort probable que nous vivions une rébellion de la part des autorités de la SNCF avec sans doute l'abattage des arbres pour tenter de légitimer leur intervention sur le toit de notre voisin .....

Comment nous en protéger ???

Merci

Serge FIOCRET | 12 août 2011 à 22h02
 
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L'effort est porté sur les nuisances aéroportuaires, soit mais que deviennent les nuisances sonores des habitants qui se trouvent à proximité d'un aéroport militaire?
Ainsi Lorient, Ploemeur,Queven,Guidel sont survolés à longueur de journée par les appareils basés sur Lann Bihoué. Les vols au dessus des habitations se font à basse altitude, en outre des bruits permanents sont audibles lorsque des heures entières des points fixes sont effectués.La délocalisation de 50% des mouvements d'avions de chasse de Landivisiau se faisait sur lann Bihoué et sur Nimes or la fermeture de Nimes et le transfert de ses activités sur Lann Bihoué augmente le niveau des nuisances sonores.
Les agglomérations qui sont proches de Lann Bihoué ont vu leur zone habitée augmenter et le PEB de 2003, qui devrait avoir été revu est de ce fait inefficace.
Bien entendu il n'est nullement question d'aides pour les riverains qui isolent leurs habitations, sans parler de la qualité des établissements scolaires et hopitaux qui se trouvent dans la zone de mouvements des appareils militaires.
lann Bihoué est aussi aéroport civil mais son trafic est peu important, les responsables locaux'Maires, député ...) 14souhaitent que cette activité augmente, certains sont même inquiets de l'influence du futur aéroport de Notre dame des Landes.
Voilà une situation de riverains qu'il convient de ne pas ignorer

PRESIDENT | 17 novembre 2011 à 09h23
 
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Lann-Bihoué, en tant que base militaire, a été créée juste après la guerre. Combien de riverains à cette époque? Combien ont depuis acheté maison ou appartement autour de l'aérodrome, parce que les prix étaient plus bas? Ils ne pouvaient pas faire semblant d'ignorer cette présence, alors, faire maintenant des simagrées pour tenter d'obtenir des dédommagements est peut-être bien Français mais consternant, vive l'époque de l'assistanat pour toutes choses. Je fais n'importe quoi et après je viens pleurer pour que les pouvoirs publics remédient à mes choix douteux. Pouvoirs public dont, pour tous les autres cas, on critique l'omniprésence dans la vie de tous les jours. Comme autour de chaque aéroport, il faut assumer ses choix, et quand je lis les survols à longueur de journées, je pense que ceux qui ont choisis des plate-formes beaucoup plus fréquentées devraient sourire. C'est d'une mauvaise fois sidérante, je connais les capacités de l'Aéronautique navale et je pense qu'ils seraient heureux de pouvoir voler à cette cadence! Autant il serait normal d'aider ceux qui étaient présents AVANT la création de la structure, autant les autres n'avaient qu'a réfléchir à deux fois avant de faire leur choix. Il y en a ras le bol des pleureuses, toujours en train de quémander une aide dont le montant sera répercuter, bien sûr sur le prix des billets d'avions ou de nos impôts. Votre cas, avec le faible trafic aérien du site est indéfendable.
Courtoisement vôtre
Bernard DARRE-MOGA

nanard | 22 février 2012 à 22h29
 
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