Dans son rapport (1) « Vivre avec la nature dans les sites désignés par l'Unesco : contributions mondiales et locales » d'avril 2026, l'Unesco met en avant les bénéfices que ses sites apportent aux populations et à la nature.
Alors qu'à l'échelle mondiale les populations d'animaux sauvages ont diminué de 73 % depuis 1970, celles des zones protégées par l'Unesco sont restées relativement stables. De plus, ces sites abritent plus de 60 % des espèces répertoriées à l'échelle mondiale, dont environ 40 % ne se trouvent nulle part ailleurs sur terre. Ils renferment également quelque 240 gigatonnes de carbone, soit l'équivalent de près de vingt années d'émissions mondiales actuelles s'il venait à être libéré, et leurs forêts représentent à elles seules près de 15 % du carbone absorbé chaque année par les forêts à l'échelle mondiale.
Toutefois, ces sites sont victimes des pressions climatiques. Depuis 2000, 98 % des sites de l'Unesco ont expérimenté au moins une condition climatique extrême, la canicule étant la cause la plus dominante. Et les pressions s'intensifient : les systèmes naturels d'un site sur quatre de l'Unesco pourraient atteindre des points de basculement critiques, voir irréversibles d'ici à 2050.
« Le constat est clair : les sites de l'Unesco sont bénéfiques tant pour les populations que pour la nature. Au sein de ces territoires, […] la biodiversité résiste alors qu'elle s'effondre ailleurs. En mesurant la valeur mondiale et les contributions de ces sites, ce rapport révèle ce que nous risquons de perdre s'ils ne sont pas priorisés. Il constitue un appel urgent à relever le niveau d'ambition, en reconnaissant les sites de l'Unesco comme des atouts stratégiques dans la lutte contre le dérèglement climatique et la perte de biodiversité, et à investir dès maintenant afin de protéger les écosystèmes, les cultures et les moyens de subsistance des générations futures », affirme Khaled El-Enany, directeur général de l'Unesco.
Le rapport appelle à intensifier les actions en s'appuyant sur quatre priorités : restaurer les écosystèmes, assurer un développement durable grâce à une coopération transfrontalière accrue, intégrer davantage les sites désignés par l'Unesco dans les plans climatiques mondiaux et mettre en place une gouvernance plus inclusive à l'égard des peuples autochtones et des communautés locales.







