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Travailleurs du nucléaire : le risque de décès par leucémie augmente avec la dose de rayonnements reçus

Risques  |    |  L. Radisson
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Il était déjà scientifiquement établi que les travailleurs du nucléaire, exposés à de faibles doses de rayonnements ionisants, présentaient une hausse de la mortalité par cancer. De nouveaux résultats de recherche de l'étude épidémiologique Inworks, publiés le 31 août dans la revue The Lancet Haematology (1) et relayés par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (2) (IRSN), montrent que « le risque de décès par leucémie (hors leucémie lymphoïde chronique considérée comme non radio-induite) augmente proportionnellement à la dose cumulée par les travailleurs au cours de leur carrière professionnelle ».

L'étude Inworks a suivi quelque 310 000 travailleurs de l'industrie nucléaire française, britannique et américaine pendant une moyenne de près de trente-cinq ans durant la période 1944 à 2016, la cohorte française comprenant plus de 59 000 travailleurs du CEA, d'EDF et d'Orano. « La dose moyenne reçue par les travailleurs est de 16 milligray (3) (mGy) cumulés sur la durée de l'activité professionnelle. Au total, 103 553 décès ont été enregistrés dans la cohorte, dont 771 par leucémie non lymphoïde chronique, 1 146 par lymphome non hodgkinien, 122 par lymphome de Hodgkin et 527 par myélome multiple », rapporte l'IRSN.

Les nouveaux résultats publiés montrent que le risque de leucémie non lymphoïde chronique progresse d'environ 26,8 % pour une augmentation de la dose cumulée absorbée à la moelle osseuse de 100 mGy. Ils confortent ceux obtenus en 2015, explique l'IRSN, avec un gain de précision dans l'estimation du risque. « Ces résultats, ajoute l'établissement public, renforcent nos connaissances sur l'effet d'une exposition étalée dans le temps à de faibles doses de rayonnements ionisants, et constituent donc un complément important pour la consolidation des hypothèses sous-jacentes au système de radioprotection. En particulier, ils soutiennent la justification d'une protection radiologique des populations exposées aux faibles doses de rayonnements ionisants (travailleurs de l'industrie nucléaire, personnels médicaux, exposition médicale diagnostique…). »

1. Consulter l'étude publiée dans « The Lancet Haematology »
https://www.thelancet.com/journals/lanhae/article/PIIS2352-3026(24)00240-0/abstract
2. Télécharger la note d'information de l'IRSN sur les nouveaux résultats d'Inworks
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-44637-note-information-irsn-inworks.pdf
3. Le milligray (mGy) est l'unité de la dose absorbée qui représente l'énergie déposée par les rayonnements ionisants par unité de masse, ici à la moelle osseuse.

Réactions4 réactions à cet article

De 1944 à 2016... Bien évidemment l'essentiel des décès sont dus à l'âge ! Il manque aussi dans l'article les valeurs d'excès des pathologies par rapport à la population normale, il manque une évolution des décès suspects avec la période travaillée de la personne, les méthodes de travail après guerre n'avaient rien à voir avec celles en œuvre actuellement, il manque l'identification par domaine (civil, militaire, industrie, médical), etc. Qu'on limite les doses est une évidence de santé publique (et à cette aune le nucléaire se place infiniment mieux que beaucoup d'autres secteurs industriels). Qu'on inquiète les lecteurs avec des chiffres partiels n'est pas acceptable.

dmg | 03 septembre 2024 à 12h27 Signaler un contenu inapproprié

L'avenir des travailleurs du nucléaire est irradieux...

Pégase | 03 septembre 2024 à 13h14 Signaler un contenu inapproprié

@Pégase. MDR !
Plus sérieusement... on apprécierait ce même type d'étude de cohortes dans les domaines de la chimie, des hydrocarbures, de l'agriculture, et des autres domaines connexes... Au hasard, les épandeurs d'enrobé sur les routes.

dmg | 03 septembre 2024 à 15h23 Signaler un contenu inapproprié

L'épidémiologie concerne, entre autres, pas mal de domaines professionnels (certes sans doute pas assez et ses résultats sont très insuffisamment pris en compte) dont le nucléaire, dmg. Point d'acharnement spécifique donc a priori.
Mais il est vrai que ces études des risques encourus par les salariés sont rarement pleinement appréciées des responsables des sociétés et encore moins de leurs actionnaires (qui, dans leur immense majorité, se fichent bien pas mal de la santé des salariés des groupes dans lesquels ils investissent leurs noisettes...).

Pégase | 03 septembre 2024 à 17h28 Signaler un contenu inapproprié

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