C’est la profondeur d’eau qu’attendra un nouvel (énième) projet de forage pétrolier du géant français TotalEnergies en Afrique. Ce dernier a annoncé avoir signé, ce 21 mai, la décision finale d’investissement avec ses partenaires, les entreprises pétrolières malaisienne Petronas et angolaise Sonangol. Baptisé Kaminho, la production de ce forage, situé à 100 kilomètres des côtes angolaises,
« devrait démarrer en 2028, avec un plateau de 70 000 barils de pétrole par jour ». Ce projet offshore dit ultra-profond (au-delà de 1 500 m de profondeur d’eau) n’est ni le premier ni le plus productif pour TotalEnergies. Le forage Egina, au large du Nigeria, produit par exemple environ 200 000 barils de pétrole par jour. Celui de Kaombo, lui aussi au large de l’Angola, en produit autant. Malheureusement, il s’agira encore d’un projet hautement néfaste pour le climat. À titre de rappel, en moyenne, un baril de pétrole brut extrait d’un forage ultra-profond génère entre 500 et 600 kilogrammes d’équivalents dioxyde de carbone (CO
2), selon les estimations de « l’
indice pétrole-climat » de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un laboratoire d’idées américain. Un projet comme Kaminho pourrait donc provoquer l’émission de 10 000 tonnes d’équivalents CO
2 par baril produit chaque jour.