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Adapter la fréquence des collectes aux besoins pour susciter de nouveaux comportements

Quels outils pour optimiser la collecte des déchets ? Actu-Environnement.com - Publié le 01/04/2014

L'optimisation et la réduction des tournées de ramassage des déchets permettent de répondre aux nouvelles pratiques des citoyens, notamment en matière de tri. Elles favorisent aussi les bonnes pratiques en les encourageant et simplifiant.

Quels outils pour optimiser la collecte...  |    |  Chapitre 4 / 6
Adapter la fréquence des collectes aux besoins pour susciter de nouveaux comportements
Environnement & Technique N°335 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°335
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Parmi les pistes d'optimisation, figure la réduction de la fréquence des tournées de collecte d'ordures ménagères résiduelles (OMR) et de déchets recyclables. Si la mesure est complexe à appliquer en ville, elle présente un intérêt dans les zones rurales où elle favorise une baisse des coûts de collecte ainsi qu'une diminution des OMR collectées.

Dans les faits, la réduction du nombre de collectes peut être très sensible, puisqu'il est possible de passer de deux collectes hebdomadaires à une seule. Une situation rencontrée notamment en milieu rural. Cela s'inscrit donc dans une refonte de l'ensemble de la collecte assortie de mesures d'accompagnement des citoyens afin d'assurer le succès de cette évolution. Le plus souvent cet accompagnement vise à favoriser les gestes de tri, soit sur les déchets fermentescibles, par exemple en fournissant un composteur lorsque c'est possible, soit en modifiant les consignes de tri.

Réduire les coûts, mais pas seulement

Selon les informations recueillies par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) via son programme d'optimisation de la gestion des déchets (Optiged), le principal bénéfice recherché par les collectivités est la réduction des coûts de collecte.

C'est le cas du syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Sitom) Sud-Rhône qui a engagé, au début des années 2000, "une politique volontariste de maîtrise des coûts du service collecte" basée sur la réduction et l'optimisation du nombre des tournées de ramassage. L'objectif affiché était clair : "contenir la hausse programmée de 25% des marchés de collecte d'ordures ménagères".

Cependant, cette réduction du nombre de tournées vise aussi d'autres objectifs. Le plus souvent, il s'agit d'adapter le service aux nouvelles habitudes et tout particulièrement au développement du tri et de la collecte sélective qui détourne certains déchets des bacs OMR vers les bacs de collecte sélective ou les points d'apport. L'objectif est donc ici de mieux coordonner les différents types de ramassage plutôt que de seulement réduire le nombre de passages. La démarche participe à "l'adaptation du service aux contraintes du territoire, à la réglementation et aux besoins des usagers".

De meilleures performances de tri

Les résultats obtenus par le Sitom Sud-Rhône sont particulièrement instructifs concernant les différents enjeux et leur articulation. Concrètement, le Sitom a d'abord modifié la collecte sélective en passant d'une fréquence C1 (voir encart) pour les emballages à une fréquence C0,5 pour les emballages et journaux. Ensuite, les différents marchés de collecte des OMR ont été regroupés dans un marché unique assorti d'une réduction des fréquences. Trois rythmes ont été retenus : C1, C1,5 et C2 selon les communes. De manière générale, la réduction des collectes OMR s'est accompagnée de la mise en place de la collecte des emballages et journaux (rythme C0,5) pour les communes qui n'en disposaient pas auparavant.

Cette démarche a impacté tous les secteurs de la gestion des déchets. Les coûts, tout d'abord, qui, pour la collecte OMR, s'inscrivent en baisse de 0,25%. Un résultat qui doit être mis en rapport avec l'objectif de minimiser la hausse attendue de 25%. Ce gain s'est accompagné d'une baisse de 10% des kilomètres parcourus par les bennes de ramassage des OMR. S'agissant des coûts de la collecte sélective, ils ont diminué de 11%, avec une baisse de 25% pour le poste collecte et une hausse de 2% pour le tri des déchets en mélange. De plus, le syndicat a pu faire des économies lors de la reconduction des contrats de collecte sélective connexes, et notamment une baisse de 15% du coût de la collecte sélective aux points d'apport volontaire.

Quant à la performance de tri, elle a progressé de 8% avec, en parallèle 40% de refus de tri en moins. Par ailleurs, le recyclage des emballages et journaux a progressé de 120%, avance le syndicat. Cette meilleure performance de tri s'est accompagnée d'une réduction de quelque 1.175 tonnes des OMR collectées. Une baisse du tonnage que le Sitom relie à "une augmentation équivalente de déchets recyclables". Ce transfert est dû "pour moitié à la réduction de la fréquence de collecte OM (C2 à C1) qui contraint les usagers à trier davantage [et] pour moitié au passage de l'apport volontaire au porte-à-porte plus facile pour l'usager".

Encourager et contraindre

 
Quelle collecte et quelle obligation ? Aujourd'hui, le décret n°77-151 du 7 février 1977 impose toujours de collecter les ordures ménagères (OM) au minimum une fois par semaine pour les "zones agglomérées groupant plus de cinq cents habitants permanents, qu'elles soient comprises dans une ou dans plusieurs communes". Un décret devrait prochainement revoir cette règle en introduisant des possibilités de dérogation.

On parle de C1 pour une collecte hebdomadaire, de C2 pour deux collectes par semaine, de C7 pour une collecte quotidienne, ou encore de C0,5 pour une collecte toutes les deux semaines, notamment pour les collectes de déchets autres que les ordures ménagères.
 
Le transfert d'une partie des OMR vers la collecte sélective du fait du changement de fréquence des collectes OMR est souvent un enjeu masqué de ce type d'optimisation. Est-ce la baisse des volumes collectés qui permet une réduction de la fréquence des collectes ou l'inverse ? L'exemple du Sitom Sud-Rhône semble indique que les deux hypothèses se combinent. Néanmoins, la justification avancée lors d'une optimisation de la fréquence des collectes est l'adaptation du service aux besoins des citoyens. Un message qui passe mieux que le discours inverse…

En effet, limiter la fréquence de collecte, si le besoin ne s'en fait pas sentir, est souvent perçu comme une dégradation du service par les citoyens. D'ailleurs, "le Sitom a dû faire la démonstration de la réalité du coût du service de collecte et s'afficher en bon gestionnaire des deniers publics", explique-t-il ajoutant avoir organisé de nombreuses réunions publiques, mis en place un numéro vert et réalisé un sondage téléphonique auprès des habitants. Paradoxalement, la solution retenue (collecte emballages et journaux en fréquence C0,5) était l'option la moins bien acceptée par les sondés, avec 52% d'avis favorables, contre 89% pour l'option emballage et journaux en fréquence C1 et 72% pour le statu quo, c'est-à-dire emballages seuls en fréquence C1. L'argument selon lequel l'optimisation répond à une attente des citoyens perd ici de sa force.

Il reste enfin la situation particulière des villes et de l'habitat vertical. Compte tenu des contraintes de place, voire de salubrité, la réduction de fréquence semble difficile de prime abord. Néanmoins, la réduction du volume des déchets offre des opportunités. C'est ainsi que la ville de Paris envisage de passer d'une collecte C7 à une collecte C6 sur une partie de son territoire à l'horizon 2019.

Une délibération du Conseil de Paris, adoptée en février 2014, propose d'étudier "le passage aussi large que possible à la collecte sur six jours", compte tenu de la baisse de 11,5% des déchets collectés entre 2000 et 2011 et de l'objectif de réduction supplémentaire fixé à 7% d'ici 2015. Mais, partis d'un constat de baisse du tonnage collecté, les élus parisiens favorables à la mesure ne cachent pas qu'il s'agit aussi d'encourager la tendance à la réduction des déchets… La collecte du dimanche pourrait donc être abandonnée, jour où le volume collecté est inférieur de près de moitié à la moyenne des jours ouvrables, dans les quartiers les moins actifs le dimanche, c'est-à-dire ceux pour lesquels les déchets d'activité économique collectés en tant qu'"assimilés" aux déchets ménagers sont limités.

Philippe Collet

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour
Selon le décret n°77-151 du 7 février 1977, les prestations doivent être effectivement assurées.
Autrement dit, il doit exister à la base au minimum une levée d’OMR une fois par semaine.
Que penser d’un système dont la tarification repose sur 6 levées semestrielles, proposant le compostage pour unique possibilité de se défaire des fermentescibles ?
Les levées ne sont assurées que sur option supplémentaire payante !
Chacun ne peut composter. Les reliefs de cuisine ne sont pas tous compostables. Leurs contenants, encore moins. Les protections mensuelles et autres couches-culottes non plus.
Puis-je penser que ce système est illégal ?
Cordialement

Célestine Duschmoll | 16 mai 2014 à 11h16
 
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