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L'agriculture française : une chance pour la transition énergétique

Energies renouvelables : une place grandissante dans l'économie française Actu-Environnement.com - Publié le 18/09/2017
Energies renouvelables : une place...  |    |  Chapitre 3 / 15
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Accélérer la transition énergétique, telle est l'ambition du plan climat, présenté en juillet dernier, par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire. Des objectifs en la matière ont été inscrits dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte de juillet 2015 qui prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 23% dans son mix énergétique en 2020 et à 32% en 2030. Défis que l'agriculture française peut largement contribuer à relever, d'autant plus dans un contexte où la France a pris du retard dans la réalisation de ses objectifs pour 2020.

L'agriculture française dans sa diversité est une chance pour la France tant son potentiel d'énergies renouvelables est important. Dans le même temps, cette nécessité de développer la transition énergétique et la bioéconomie est un atout économique fort pour conserver une agriculture diversifiée et à taille humaine sur l'ensemble du territoire.

Produire du gaz renouvelable grâce à la méthanisation

A travers la méthanisation, l'agriculture a un rôle déterminant à jouer dans la production de gaz renouvelable qui, conformément aux objectifs de la loi de transition énergétique, devra atteindre 10% de la consommation à l'horizon de 2030. La méthanisation permet, en effet, de produire du biogaz grâce à la fermentation de matières organiques animale et/ou végétale qui peut soit par la cogénération produire de l'électricité et de la chaleur, soit après épuration être injecté dans le réseau de gaz naturel. Le gisement d'effluents et de déchets mobilisables étant évalué à 56 TWh à échéance 2030, la production de biogaz a un potentiel considérable. Sans compter les externalités positives qu'engendre le procédé de méthanisation agricole que sont : la valorisation des déchets, et celle de la biomasse, la production d'un digestat pouvant être utilisé comme engrais naturel organique en substitution des engrais fossiles, venant ainsi réduire les émissions de gaz à effet de serre, un complément de revenu pour les agriculteurs qui apparaît comme le bienvenu dans un contexte de crise agricole où la moitié des agriculteurs gagne moins de 350 euros par mois, la création dans la durée d'emplois locaux non délocalisables. Elle représente un atout indéniable pour l'économie circulaire des territoires, notamment en termes de réduction de la dépendance énergétique et de projets de développement liés à l'utilisation de la chaleur.

Un fort potentiel en photovoltaïque

L'agriculture constitue également un axe fort de développement de l'énergie photovoltaïque grâce aux exploitations agricoles qui disposent souvent de grandes surfaces de toiture liées aux bâtiments d'élevages ou de stockage bien adaptées pour accueillir un système de production d'électricité photovoltaïque. L'institut de l'élevage a estimé que 40% des nouvelles constructions en élevage ruminant pourraient être équipées en panneaux photovoltaïques, ce qui représente environ 1,2 million de m2 par an, soit 140.000 kWc. La Confédération nationale de l'élevage a évalué quant à elle à 2,5 millions de m2 par an, le nombre de toitures exploitables sur les bâtiments d'élevage dans le cadre du plan de modernisation de ces bâtiments, soit l'équivalent de 2,375 millions de m2. Là encore, cette activité génère pour l'agriculteur qui s'engage dans cette démarche un revenu complémentaire. Il s'agit aujourd'hui de revoir les coûts de raccordement des installations photovoltaïques pour conforter les installations existantes et accélérer le développement de cette ressource.

Au coeur de la production de biocarburants

L'agriculture française est aussi à l'origine du développement d'alternatives réelles aux carburants fossiles que sont le bioéthanol et le biodiesel. Le premier est issu de céréales ou de betteraves et vient compléter l'essence, le second est fabriqué à partir d'oléagineux, comme le colza ou le tournesol et est incorporé dans le gazole. L'intérêt économique et environnemental suscité par ces carburants de première génération dynamise fortement la recherche sur les biocarburants dits de "seconde génération" qui rassemblent les produits issus de la biomasse lignocellulosique pouvant être utilisés comme combustibles liquides. Elle dispose aussi d'un fort potentiel de développement de la biomasse pour répondre au besoin de la bioéconomie et de la biochimie. La fin annoncée de l'énergie fossile ne pourra se concrétiser que par son remplacement dans la chimie et les matériaux par de nouveaux matériaux ou de nouvelles molécules issues en grande partie de la biomasse. L'agriculture française regorge d'atouts pour lutter contre le réchauffement climatique dont certains en sont encore qu'au stade embryonnaire et conforte le rôle de premier plan des agriculteurs dans la transition énergétique, chimique et des matériaux, à condition qu'on leur apporte tout le soutien nécessaire tant en termes de recherche, de développement que de revenus.

Olivier Dauger, Membre du Conseil d'administration de la FNSEA et de la commission environnement

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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