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L'innovation en cosmétique biologique : une histoire d'actifs et d'activistes

Alimentation bio : une révolution profonde et durable Actu-Environnement.com - Publié le 30/10/2017
Alimentation bio : une révolution...  |    |  Chapitre 8 / 13
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Des allées aux parfums d'agrumes ou de prairie au printemps, des fleurs sur toutes les étiquettes et des mots doux et rassurants apposés sur des flacons toxiques : les rayons saturés de cosmétique conventionnelle ressemblent à des paradis artificiels. Ils endorment les consommateurs qui rêvent de nature. Mais jamais leurs peaux ne rencontrent autre chose que de la chimie lourde. 1% de la cosmétique mondiale peut être qualifiée de naturelle. Elle représente 8,8 milliards d'euros. Ces chiffres sont moins poétiques. Ce qui laisse rêveur en revanche, c'est la croissance du secteur : 14% en 2016. C'est encourageant, pour le moins.

En France, la cosmétique labellisée Cosmébio - c'est-à-dire certifiée, pour ne pas dire authentique - représentera près d'un demi-milliard d'euros réparti entre plus de 350 entreprises dans le courant de cette année où la croissance semble suivre la même tendance. Malgré les perspectives, les dimensions du secteur restent modestes. Les ambitions des entreprises le sont moins. Leurs innovations en sont la démonstration quotidienne. Pourtant, une imagerie, certes un peu datée, reste encore vivace : elles seraient animées par des écologistes trop idéalistes, voire de doux rêveurs. Il n'est pourtant pas image plus fausse à voir le travail quotidien dans les laboratoires, dans les champs et dans tous les autres services de ces entreprises. Depuis plus de 15 ans, l'innovation touche tous les secteurs de la cosmétique biologique, des matières premières aux formules en passant par les contenants.

COSMOS : un nouveau référentiel qui parachève l'exigence de transparence

“Inspiré par la nature”, “Aux parfums naturels”, “Sans paraben”, “Aux huiles végétales biologiques” sont autant d'affirmations marchandes qui masquent souvent une plus dure réalité. Depuis le 1er janvier 2017, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Italie notamment, les entreprises qui veulent offrir une expérience véritablement naturelle à leurs clients peuvent le prouver, avec un langage commun et des spécifications techniques uniformes. Toutes ces entreprises qui lancent un nouveau produit, tous les organismes de certification qui les contrôlent doivent maintenant respecter un seul et même référentiel : le COSMOS Standard. La langue scientifique fait depuis des lustres figure d'esperanto. Mais ici, après dix ans de travail, l'utopie a pris forme. Elle fleurit aujourd'hui dans les rayons sur la base d'une pure initiative privée qui hausse encore le niveau d'exigence naturel… et donc scientifique.

Entre autres innovations dans les formules, si le pourcentage d'ingrédients d'origine naturelle reste inchangé (95%, pour mémoire l'eau bien que naturelle n'est pas bio), le pourcentage minimum d'ingrédients d'origine biologique passe de 10 à 20%. Tandis que seuls les ingrédients biodégradables sont maintenant acceptés. Des milliers de reformulations sont en cours dans le cadre de cette démarche de progrès, et ce n'est pas toujours facile ! Dans un secteur qui cultive à loisir l'opacité pour garder secrets des formules, des procédés de fabrication ou des sources d'approvisionnement, la prouesse n'en est que plus éclatante : donner un gage de transparence supplémentaire constituait une innovation de taille.

Des actifs millénaires… dans des formules innovantes ?

En résumé, d'un point de vue scientifique, la cosmétique conventionnelle c'est une grosse base avec un peu d'actifs. Mais en cosmétique biologique, les repères changent du tout au tout. Les actifs stars sont bel et bien présents dans les formules certifiées : extraits végétaux, gelée royale, huiles essentielles et autres trésors floraux mis en permanence en lumière par la communication à grande échelle du secteur conventionnel. En outre, en cosmétique biologique, la base inerte de silicone et d'huiles minérales – sans aucun intérêt cosmétique – est remplacée par une série d'ingrédients qui présentent en eux-mêmes des vertus reconnues : cires végétales, beurres végétaux, huiles végétales, eaux florales… Autant d'ingrédients qui pourraient d'ailleurs servir, à eux seuls, de proclamation marketing dans la cosmétique conventionnelle. En cosmétique biologique, ils agissent en synergie, comme une base, une base… active ! Outre le plaisir et l'efficacité procurés par de telles formules, le plus surprenant demeure le prix. Comment expliquer que la cosmétique biologique soit en moyenne moins chère que la cosmétique conventionnelle ? Une seule et même réponse : l'innovation par conviction.

Un seul référentiel, des milliers d'initiatives

La première innovation qui a fondé la cosmétique biologique réside dans le retissage d'un lien perdu entre l'agriculture biologique et l'industrie cosmétique. Elle a pour conséquences immédiates le raccourcissement de la chaîne d'approvisionnement, la diminution des prix, l'augmentation de la traçabilité mais aussi, et presque surtout, la mise en lumière d'une véritable responsabilité pour la marque et le consommateur. C'est pourquoi les questions relatives aux ressources naturelles (commerce équitable, lutte contre la biopiraterie mais aussi objectivisation scientifique de nouveaux actifs) deviennent nécessairement centrales pour tous ces acteurs.

Cosmébio fédère ainsi des centaines d'entreprises et des millions de consommateurs investis dans toutes les dimensions du développement durable qui est, en soit, source d'innovation permanente par la démarche de progrès qu'il implique. Mais l'innovation éthique et scientifique n'exclut pas diverses innovations commerciales, bien au contraire : mise en place de contenants rechargeables, de formules concentrées, distribution en vrac - et automatisée - de cosmétiques, à l'image de ce qui existe en alimentaire, sont autant d'initiatives innovantes qui sont nées au sein du secteur de la cosmétique biologique et qui créent un lien absolument inédit entre les agriculteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs. Loin de se contenter de se féliciter des réussites passées, les entreprises continuent d'innover pour trouver les solutions efficaces et éthiques pour la cosmétique de demain : une cosmétique qui, comme l'ensemble du secteur, a vocation à devenir encore plus naturelle.

Romain Ruth, Président de Cosmébio

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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