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Jeunes Pousses : quatre axes pour la bio de demain

Alimentation bio : une révolution profonde et durable Actu-Environnement.com - Publié le 30/10/2017
Alimentation bio : une révolution...  |    |  Chapitre 9 / 13
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Une Jeune Pousse de la Bio est une jeune entreprise dont les produits sont sur le marché depuis moins de 5 ans et dont les activités sont ancrées dans la Bio. Elle est dirigée par un ou plusieurs porteurs de projets aussi actionnaires de leur entreprise et n'est pas la filiale d'un groupe. Le terme a été créé et déposé par le Synabio (Syndicat National de la Bio) qui compte aujourd'hui plusieurs dizaines de Jeunes Pousses comme adhérents.

1. Créer ses propres filières

La création de filières courtes est un modèle vertueux que l'on ne présente plus. Une rémunération plus juste pour le producteur, une traçabilité accrue des aliments et un meilleur prix pour le consommateur sont autant d'avantages qui existent lorsqu'une marque travaille directement avec un agriculteur. La construction de filières pourrait sembler réservée aux grands industriels. Il n'en est rien. Les Jeunes Pousses de la bio sont en fait nombreuses à faire de leur filière, et de la relation avec les agriculteurs, une priorité. Quelques exemples : en France, Les 3 chouettes font des pickles à base de légumes cultivés à 130km du lieu où ils seront transformés et mettent en avant leurs agriculteurs partenaires sur leur site internet. Lorsqu'il s'agit de matières premières que l'on ne trouve pas en France, les Jeunes Pousses n'hésitent pas à se rendre sur place comme Damien de Nossa qui est allé jusqu'en Amazonie pour récolter la baie d'açaï, ou Alexandre et Raphael de Matahi qui travaillent avec une coopérative de femmes au Benin pour la récolte du baobab. Ces derniers ont même initié des actions sociales et de développement économique sur place. Mais comment font les Jeunes Pousses pour créer leurs filières sans moyens ? Là où l'industrie va privilégier les contrats pluriannuels plus contraignants que sécurisants pour l'agriculteur, les Jeunes Pousses vont privilégier le rapport humain, la confiance mutuelle et une relation de partenariat plutôt qu'un rapport client/fournisseur… et ça marche !

2. Le défi du “sans”

Si les produits “sans” ont le vent en poupe, tout reste encore à faire dans ce domaine. S'agissant du “sans gluten”, le plus connu, les acteurs de la filière ont un double défi à relever. D'abord garantir que leurs produits soient sans gluten, car le risque de contamination se trouve à toutes les étapes : de la récolte à l'ensachage du produit fini. A ce niveau, c'est une Jeune Pousse, Keïal, qui fut la première à proposer un large assortiment de matières premières bio et exclusivement garanties sans gluten. Ensuite il s'agit de rendre les produits “sans” au moins aussi agréables au palais que les produits “avec”. Transformer ces ingrédients pour arriver à un résultat gourmand nécessite beaucoup de tentatives et l'Atelier des lilas, une autre Jeune Pousse, a été parmi les pionniers dans ce domaine. Alexandra, la fondatrice, propose aux restaurants une offre complète de produits frais (quiches, cookies,...), le tout sans gluten. En magasins c'est une autre Jeune Pousse, Terra Ceres, qui propose des pâtisseries et des pains fabriqués en France, sans gluten, sans lactoses et gourmands. Y voyant une opportunité de marché, l'industrie est passée au sans gluten à grands coups d'additifs, sans comprendre que le sans gluten est avant tout une affaire d'artisan.

3. La valeur de l'artisanat

Le modèle productiviste, qui est de produire toujours plus, pour des prix et une qualité se dégradant sans cesse, est à bout de souffle. Les Jeunes Pousses de la bio l'ont bien compris. Produire mieux, permet de revenir à un cercle vertueux où des produits de qualité sont achetés au prix juste par des consommateurs satisfaits. Pechalou, une Jeune Pousse de la bio spécialisée dans les produits laitiers bio en est un bon exemple. Très loin de la ferme aux mille vaches, Thomas, le repreneur, a conservé le savoir-faire artisanal pour produire ses yaourts et l'approvisionnement ultra local (les vaches sont toutes à moins de 40km de la laiterie !). Dans un autre registre, Charles des Fruits Détendus, réalise lui-même sa pâte de datte bio, ingrédient principal des encas, là où les industriels l'achètent toute faite. Pour Claire et Gabrielle de Nubio, qui proposent des cures detox, ce sont des fruits et légumes ultra-frais qui sont pressés par les équipes de cette jeune entreprise chaque matin. Pour les Jeunes Pousses, il ne s'agit pas de se passer totalement de machine ou de revenir en arrière. Il s'agit au contraire de remettre du savoir-faire humain là où il apporte le plus de valeur.

4. Le bio là où on ne l'attend pas !

Le propre d'une Jeune Pousse est de savoir sortir du cadre pour voir les choses autrement et, partant de là, de proposer des produits innovants. Il y a quatre ans, tout le monde pensait que le marché de la couche écologique n'existait pas car l'offre assez pauvre de l'époque rencontrait difficilement ses clients. C'est pourtant sur ce créneau que Geoffroy et Kilian ont décidé de se lancer en 2013. Aujourd'hui, la marque est présente dans la majorité des magasins bio nationaux et chez de nombreux magasins régionaux ou indépendants. Pari réussi.

Il existe un autre moment de la vie où les Jeunes Pousses de la bio veulent nous aider à révolutionner nos manières de consommer : l'apéritif. Car même lors de cette parenthèse récréative, il est possible de boire et manger mieux. “Les apéro bio de Pierre et Nico” et “Flocon” sont deux toutes Jeunes Pousses créées en 2016. La première propose des boissons apéritives à base de vins 100% naturels, sans colorant, avec des teneurs en sulfites réduites. La deuxième propose des biscuits salés à base de super-aliments. Les Jeunes Pousses ont encore beaucoup de terrains à explorer pour proposer des produits toujours plus qualitatifs à des endroits toujours plus inattendus.

Clément Ben Hammou, Président de Keial et administrateur du Synabio

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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