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Le contrat de performance énergétique pour l'éclairage : un outil plébiscité par les collectivités

La réglementation sur la pollution lumineuse se renforce. Les collectivités vont devoir s'interroger sur l'obsolescence des points lumineux et les impacts sur la biodiversité. Un CPE pourrait les y aider selon Séverine Champ, ingénieure chez ENGIE Ineo.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com

Plus de 4 millions de points lumineux obsolètes sur-consomment de l'énergie en France. Face à l'urgence de diminuer la consommation d'énergie globale, les collectivités territoriales se mobilisent. Le contrat de performance énergétique (CPE), cet outil élaboré en 2009 et dont l'usage ne fait que croître, peut concrètement aider les collectivités à réduire leur consommation d'énergie, notamment à travers l'éclairage public. Territoires connectés, biodiversité ou encore réduction des dépenses d'énergie et de fonctionnement, le CPE n'a pas encore dévoilé toutes ses facettes…

Des garanties sur les travaux réalisés

Parmi les consommateurs d'électricité par l'éclairage, les collectivités représentent près d'un quart de la consommation totale d'après l'Ademe. L'agence révèle également qu'en 2018 l'éclairage public représente 41 % de leur consommation d'électricité totale : c'est un montant considérable et un levier non négligeable puisque l'éclairage public représente 37 % de la facture d'électricité pour une collectivité. Or le CPE apporte de nombreux avantages. Ce dernier a été identifié par la loi "Grenelle I" en 2009 comme pouvant concourir à atteindre l'objectif de réduction d'au moins 40 % des consommations d'énergie des bâtiments de l'État et de ses établissements publics d'ici 2020. Il permet, en effet, d'atteindre en fonction du patrimoine entre 40 et 80 % d'économies d'énergie sur le périmètre reconstruit (remplacement, modernisation, rénovation des équipements).

De plus, le CPE offre aux collectivités de véritables garanties de la part de l'entreprise qui réalise les travaux de rénovation. Il s'agit d'économies d'énergie bien sûr mais également d'un engagement sur les opérations de maintenance préventives ou curatives (taux de disponibilité, délai de dépannage) et les résultats globaux. Dès la conception du projet et la procédure d'appel d'offres, les équipes de l'entreprise ou du groupement fixent les économies d'énergie qu'elles proposent d'atteindre. Des pénalités peuvent leur être imputées si elles ne respectent pas ces objectifs. Le gain est donc fondamentalement positif pour les collectivités.

La ville de Niort fait le choix du CPE

L'impératif de réduction de la consommation énergétique va de pair avec l'influence de l'éclairage, notamment nocturne, sur la biodiversité : près de 30 % des vertébrés et 60 % des invertébrés vivent partiellement ou totalement la nuit. La diffusion nocturne de la lumière artificielle a des conséquences importantes sur la faune et la flore. Cet enjeu est pris en compte dans les CPE qu'ENGIE Ineo contracte avec les collectivités, tout en réalisant un nécessaire équilibre entre la protection de la biodiversité locale et la sécurisation nocturne des espaces pour les habitants.

Il s'agit d'un enjeu prioritaire à Niort par exemple, qui a conclu un CPE en juin 2018 dernier pour cinq ans. Elue capitale française de la biodiversité en 2013 par Natureparif, cette ville porte une grande attention à la maîtrise des pollutions et des nuisances lumineuses. Afin d'apporter une réponse au plus près des besoins, ENGIE Ineo a réalisé un diagnostic de terrain très précis qui nous a permis d'établir avec la ville les mesures à mettre en œuvre comme des scénarios de temporalité, assez inédits en France. Le CPE conclu avec la commune de Niort vise donc à renouveler une partie du parc de l'éclairage public de la ville en éclairage LED, à savoir 4.226 points lumineux sur 11.440. La ville choisit de remplacer dans ce contrat les luminaires les plus prioritaires c'est-à-dire les luminaires à lampe à vapeur de mercure, les "luminaire boule" qui engendrent une forte pollution lumineuse et sont peu efficaces et les luminaires les plus consommateurs d'énergie.

Généralisation de la télégestion

Le système des trames noires est également une solution à cette problématique. Il s'agit d'un réseau de corridors caractérisé par leur obscurité, pour préserver les secteurs à forte biodiversité. A ce titre, le 27 décembre 2018 est paru un arrêté au Journal officiel pour limiter les nuisances lumineuses pendant la nuit. Outre de nouvelles caractéristiques techniques, il impose de nouveaux horaires destinés à l'extinction des lumières pour préserver la biodiversité. Il a été exigé par le Conseil d'Etat pour appliquer pleinement le décret issu des lois Grenelle en 2011. Cet arrêté s'inscrit dans la droite ligne du Plan Biodiversité présenté en 2018, dont un axe porte sur la réduction de la pollution lumineuse.

Autre pilier du contrat niortais, dans l'hypercentre l'ensemble des luminaires sera doté de la télégestion, qui permettra à la fois de programmer et modifier des scénarios de l'éclairage (allumage, extinction, gradation selon le secteur, la saison, etc.), de connaître et de maîtriser la consommation de chaque point lumineux pour une meilleure optimisation, et de disposer d'une information instantanée sur les pannes ou incidents éventuels.

De plus en plus de collectivités se dotent de ce type de technologies ou techniques innovantes, pour des résultats probants : le CPE conclu avec Niort représentera à terme, une économie d'énergie de 72 % sur le parc d'éclairage public rénové, autrement dit un gain cumulé sur la consommation de près de 1.700 MWh sur 5 ans.

Adapter les usages aux besoins

De manière générale, le parc de l'éclairage public est encore très largement à rénover. Sur les 10 millions de points lumineux en France, 75 % ont plus de 25 ans et 30 % sont encore équipés de lampes à vapeur de mercure (interdites sur le marché depuis 2015). Le taux de renouvellement est de seulement 3 % par an. Une première étape a été clairement franchie avec l'arrivée de la LED qui a permis de sérieuses économies d'énergie et un usage stratégique de l'éclairage au sein des villes (économies, sécurité, biodiversité…).

Cependant, les solutions de demain se dessinent et nous sommes pleinement engagés dans leur élaboration commune avec les villes que nous accompagnons. Aujourd'hui, l'avenir de l'éclairage public est lié à "l'objet connecté" et donc à la smart city. L'éclairage connecté pourrait ainsi permettre par exemple d'utiliser le réseau pour faire remonter des données et alimenter d'autres objets urbains. Il est certain que l'éclairage public de demain doit être adapté aux usages et aux besoins : trouver le bon niveau d'éclairement et l'ajuster en fonction de l'avancée du passant détecté, jusqu'à envisager la coupure dans certains cas. Nous saurons innover et adapter nos solutions aux nouvelles contraintes réglementaires et aux besoins de nos clients et de leurs administrés.

Avis d'expert proposé par Séverine Champ, ingénieure chez ENGIE Ineo

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