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Efficacité énergétique : de plus en plus d'entreprises agroalimentaires s'impliquent

Jean-Pierre Riche, président d'Okavango-Energy revient pour Actu-environnement sur l'enquête 2014 de l'Observatoire de la maturité énergétique des IAA. Elle démontre que la maturité énergétique des entreprises de l'industrie agroalimentaire continue de progresser cette année encore.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°348 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°348
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L'industrie agroalimentaire (IAA) est le troisième secteur le plus consommateur d'énergie en France, devancé uniquement par l'industrie chimique et la métallurgie. La disparition de l'accès aux marchés régulés de l'électricité (le 1er janvier 2016) et du gaz (le 1er janvier 2015) a néanmoins poussé les entreprises à optimiser leur efficacité énergétique, à anticiper et à remettre en cause leurs politiques d'achat. La nouvelle enquête 2014 de l'Observatoire de la maturité énergétique des IAA démontre que la maturité énergétique des entreprises de l'industrie agroalimentaire continue de progresser cette année encore.

De plus en plus d'entreprises s'impliquent sur le sujet : alors qu'en 2013, 12% des entreprises n'avaient encore mis aucune action en place, elles ne sont plus que 6% en 2014 à subir leurs consommations énergétiques sans agir. L'actualité en termes de transition énergétique et la hausse des prix de l'énergie ont surement favorisé ce mouvement inexorable.

Cependant, si 88% des entreprises ont mis en place des actions ponctuelles et/ou opportunistes pour améliorer leur performance énergétique, elles sont seulement 12% à avoir une vraie démarche structurée et transverse avec un projet d'entreprise. Or il existe une barrière entre l'approche opportuniste désormais adoptée par la plupart des entreprises et une approche structurée et systémique qui est celle des "Best Perfomers".

La maturité énergétique des PME rattrape celle des Grands Groupes

L'autre grand enseignement de l'enquête 2014 est l'accélération des actions menées par les PME (<50M€ de CA) de l'industrie agroalimentaire qui restaient à la traine lors des enquêtes précédentes. De 2013 à 2014 la maturité moyenne des PME a progressé de 16% alors que celle des Grands Groupes et des ETI ne s'améliorait que de 1%.

Certes les Grands Groupes restent en avance sur l'ensemble des leviers en raison de moyens plus importants qu'ils soient financiers ou humains. Cela se traduit en particulier sur les leviers techniques (optimisation technique et intégration thermique (moyens techniques et retours sur investissement meilleurs) et leviers financiers (investissements et achats)). Mais sous l'impulsion de leurs dirigeants, les PME actionnent les leviers à leur portée c'est-à-dire la lutte contre les gaspillages et la remise en cause des méthodes et des besoins. Ces axes de progrès ne nécessitent que peu de moyens financiers et sont souvent plus faciles à mettre en œuvre dans des petites organisations, constituées de personnels très impliqués et peu cloisonnés.

Les comportements des entreprises au sujet de la maturité énergétique évoluent

Deux axes d'optimisation progressent plus fortement que les autres en 2014 : les comportements et les achats d'énergie. L'amélioration des comportements a été portée par les progrès réalisés dans les PME : 67% des industriels ont effectué des campagnes de sensibilisation au sein de leurs usines par exemple pour arrêter les équipements non utilisés ou fermer les portes entre les zones froides et les zones chaudes. Les indicateurs de performance énergétique destinés à renseigner les opérateurs se développent chez 23% des industriels. En revanche, 83% des industriels n'ont pas intégré l'énergie dans leurs rituels de management, et seuls 5% ont fixé des objectifs d'amélioration individuels ou par équipe.

Certains axes d'amélioration sont déjà matures. Ainsi l'optimisation technique est un levier sur lequel les industriels ont depuis longtemps capitalisé : 73% des industriels ont agi de façon ponctuelle sur les utilités, 48% sur le process. Malgré cela, il est possible de progresser dans ce domaine en réalisant la transition d'une approche ponctuelle et opportuniste à une approche systématique et intégrée.

De même, la majorité des industriels (53%) ont déjà mis en place au moins un équipement de récupération de chaleurs sur leurs installations de façon ponctuelle, mais seul 13% ont réalisé un bilan global des puits et sources de chaleur.

Aujourd'hui, il reste encore un potentiel de progrès important sur certains axes. Seuls 27% des industriels mènent un raisonnement en coût complet incluant l'énergie au moment d'investir dans de nouvelles lignes de production. Seul un tiers des répondants de l'enquête remettent en cause leurs méthodes et leurs besoins en énergie. 52% des répondants ont pris des mesures pour limiter les marches à vide de leurs équipements, mais ils ne sont que 16% à intégrer la consommation d'énergie dans la planification de la production.

Il faut féliciter donc les dirigeants de PME qui contribuent fortement au progrès de la maturité des industriels du secteur cette année. En optimisant leurs consommations par des actions sans investissement telles que des chasses aux gaspillages ou la revues des consignes de production, ils ont ainsi une approche plus LEAN de l'enjeu énergétique.

Avis d'expert proposé par Jean-Pierre Riche, président d'Okavango-Energy

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