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L'éolien offshore en France, une accélération indispensable

La Fabrique écologique publie une nouvelle note consacrée à l'éolien en mer. Le think tank propose notamment que l'Etat associe mieux les régions volontaires. Détails avec Florent Facq et Valentin Devries, les co-auteurs de la note.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°395 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°395
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Dans sa nouvelle note, la Fabrique écologique, s'intéresse au développement de l'éolien en mer. Alors que cette énergie semble être un maillon nécessaire de la transition énergétique française et que des projets sont discutés depuis 2007, une seule éolienne pilote a, à ce jour, été mise en service. Pourquoi de tels retards ? Quels leviers pour accélérer leur mise en œuvre, dans le respect du débat public et de l'environnement ? Comment accélérer leur déploiement ? Valentin Devriès et Florent Facq, co-présidents du groupe de travail, répondent à ces questions.

Les enjeux de l'éolien en mer

L'évolution du mix électrique français dépend des choix qui seront faits quant à l'évolution du parc nucléaire qui, en tout état de cause est amené à diminuer si l'on suit les engagements du Gouvernement qui visent une réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50 % d'ici 2035. La part laissée par le nucléaire a vocation à être prise par les énergies renouvelables. Si l'éolien terrestre contribue d'ores et déjà fortement à la croissance des énergies renouvelables en France, le potentiel éolien en mer reste à ce jour complètement inexploité.

En effet, avec près de 20 000 kilomètres de côtes, la France possède le deuxième plus grand littoral en Europe. Nous disposons ainsi du deuxième gisement éolien en mer européen, avec une capacité évaluée à plus de 60 GW, soit 46 % de la capacité du parc électrique actuellement installé en France. Fin 2018, la capacité européenne installée en éolien offshore s'élève à 18,5 GW, reposant sur environ 4 500 éoliennes réparties sur une dizaine de pays, dont plus de 70 % au Royaume-Uni et en Allemagne. Alors que la première éolienne en mer a été installée en 1991 au Danemark, la France n'en compte qu'une seule à ce jour. Il s'agit d'une éolienne flottante pilote installée au large de Saint-Nazaire en 2018.

Un retard manifeste et dommageable

La France s'est pourtant dotée d'objectifs clairs et ambitieux en termes de développement des éoliennes en mer : dès 2007 elle visait une capacité installée de 6 GW à horizon 2020. Ces objectifs ont été fixés dans le but de faire émerger une filière électrique décarbonnée, ayant un rôle à jouer dans la transition énergétique française et offrant des opportunités de développement économique et industriel dans les territoires.

Des mécanismes mis en place par le Gouvernement depuis 2011 ont permis d'amorcer sept parcs au large des côtes françaises. Le premier d'entre eux ne devrait cependant être opérationnel qu'au début de la prochaine décennie.

Le retard de la France vis-à-vis de ses voisins européens est manifeste et dommageable. Il s'explique par de nombreux facteurs, parmi lesquels le délai des procédures administratives, et le manque de lisibilité de la stratégie nationale en matière d'éolien en mer limitant ainsi l'anticipation nécessaire des projets par les territoires et les industriels.

Trois propositions pour accélérer la mise en œuvre

Le première : poursuivre la simplification des procédures dans le respect des droits des parties afin de permettre aux parcs déjà attribués, ou qui le seront prochainement, une mise en service plus rapide, tout en conservant le bon niveau d'association de l'ensemble des acteurs concernés par les projets. Cela passe notamment par des évolutions législatives afin de réduire les temps de traitement des recours contentieux.

La deuxième : mieux coordonner la planification temporelle énergétique et la planification spatiale maritime, notamment en déclinant par façade maritime les objectifs de la programmation pluriannuelle de l'énergie. Ces programmations doivent en effet pouvoir permettre une meilleure appropriation de l'ensemble des projets maritimes par la population, et sécuriser et réduire les investissements nécessaires sur les territoires, et ainsi proposer de vrais leviers de développement économiques locaux.

La troisième : mieux associer les collectivités territoriales, et notamment les régions volontaires, à la mise en œuvre des projets. Il s'agit notamment de permettre concrètement à des régions volontaires de co-piloter le développement de nouveaux projets. Si l'État doit rester maître de la planification de sa transition énergétique et de son espace maritime, il pourrait, en passant des contrats, déléguer une plus grande partie du pilotage de la mise en œuvre des projets aux régions volontaires, familières des éléments de planification et de développement économique, et à même d'associer les collectivités et acteurs locaux.

Avis d'expert proposé par Florent Facq et Valentin Devries, co-auteurs de la note de la Fabrique Ecologique

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,

Dommage que cette éolienne, prototype de Alsthom (Fr) soit devenu GE (Général Electric USA)!
On aurait mieux fait de soutenir Alsthom jusqu'aux premières commandes.

RB

BR | 26 juillet 2019 à 22h58
 
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Voilà du lobby "vertueux", mais du lobby tout de même.
La remarque sur Alstom est particulièrement pertinente.

Albatros | 14 août 2019 à 11h56
 
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