Une enquête menée par la Changing Markets Foundation révèle que les grandes marques de textile recourent plus que jamais aux fibres synthétiques. Les polymères constituent le « », alerte la fondation, qui a mené l'enquête auprès de 50 entreprises représentant 1 000 milliards de dollars de valeur marchande et englobant les secteurs de la fast fashion, du sport, du luxe (23 seulement ont accepté de répondre). Parmi ces 50 groupes, seuls six (C&A, Inditex, Lululemon, Mango, Nike et United Colors of Benetton) publient ouvertement le volume et la part de matières synthétiques qu'elles utilisent.
L'ONG, qui propose une traduction en français de la synthèse de son enquête (1) , estime que « les marques de mode ignorent les législateurs français », cela « au risque de se voir infliger des amendes de plus en plus lourdes en France ». Plus largement, « les initiatives de l'Union européenne visant à réduire l'empreinte de la mode pourraient bien produire l'effet inverse », estime la fondation, alertant sur l'existence « de plans (…) destinés à présenter les tissus de la fast fashion comme étant plus respectueux de l'environnement que le coton biologique ».
Les fibres synthétiques dominent
Concrètement, onze des 23 marques internationales qui ont répondues à l'enquêtent de la fondation « ont confirmé avoir augmenté leur utilisation de tissus fabriqués à partir de combustibles fossiles ». À l'inverse, trois entreprises seulement l'ont réduite.
Inditex, la maison mère de Zara, est le plus gros utilisateur de matières synthétiques du secteur et affiche une progression de 20 % de son utilisation de polymères depuis la précédente enquête en 2022. Shein, le géant chinois de la mode éphémère, est pour sa part celui qui a déclaré le ratio le plus élevé de fibres synthétiques par rapport aux fibres naturelles (81 % de fibres synthétiques). Boohoo, le spécialiste britannique de la vente en ligne, affiche aussi une progression du recours aux fibres synthétiques (elles représentent désormais 68 % des fibres utilisées).
Parmi les entreprises ayant refusé de répondre à l'enquête figurent les groupes de luxe français LVMH et Kering, ainsi que Lululemon, une marque qui se décrit comme « engagée ». Cette dernière indique toutefois dans son rapport annuel de 2022 que la part de matériaux synthétiques qu'elle utilise s'élève à 67 %, pointe Changing Markets Foundation.






