Ce jeudi 30 avril 2026, la Commission européenne a publié son évaluation du règlement relatif à la politique commune de la pêche (PCP), couvrant la décennie 2014-2024. « Cette évaluation éclairera d'éventuelles réformes de la PCP et servira de base à la vision de la Commission pour la pêche et l'aquaculture à l'horizon 2040. Les conclusions alimenteront également la stratégie plus large de l'UE en matière d'action extérieure dans le domaine de la pêche, en veillant à ce que la durabilité reste au cœur de l'engagement international », précise la Commission
L'exécutif européen a dressé un tableau mitigé du bilan de la PCP. Bien que le rapport reconnaisse certains progrès dans la réduction de la surpêche et le renforcement de la gestion de la pêche, il montre également que les gains en matière de durabilité restent insuffisants. À titre d'exemple, la reconstitution des stocks de poissons reste trop lente. Alors que la part des stocks pêchés à des niveaux durables est passée de 50 % en 2014 à 63 % en 2022 et que la pression exercée par la pêche a diminué, les stocks halieutiques ne se sont pas rétablis comme prévu.
La Commission retient que la régionalisation, cadre instauré par le PCP, a permis d'améliorer la prise de décision partagée et a permis aux États membres d'adapter les mesures au niveau régional.
L'évaluation relève que dans la plupart des cas, ce ne sont pas tant les règles de la PCP qui posent problème, mais leur mise en œuvre et application qui restent incohérentes dans les États membres de l'Union. Autre exemple, « l'obligation de débarquement », règle imposant aux pêcheurs de ramener tous les poissons capturés à terre, même les espèces non désirées ou sous-dimensionnées, n'a pas conduit au niveau attendu d'amélioration des pratiques de pêche ou à une meilleure sélectivité, notamment en raison d'une mauvaise mise en œuvre de cette règle particulière. Cette analyse est partagée par l'ONG Oceana, qui considère que la PCP reste adaptée à ses objectifs et capable de répondre aux principales priorités de l'UE, notamment en matière de compétitivité, de résilience et de sécurité alimentaire, mais seulement si elle est mise en œuvre de manière intégrale et cohérente. « La priorité aujourd'hui n'est pas de réécrire la politique, mais de l'appliquer pleinement, a déclaré Vera Coelho, directrice exécutive et vice-présidente d'Oceana Europe. Plutôt que de compromettre ses engagements actuels en repoussant encore les échéances, l'UE doit enfin mettre un terme à la surpêche et garantir la résilience des mers et des communautés de pêcheurs ».






