

Cet arrêté, pris par la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, établit un aménagement transitoire de crise pour la forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya (Pyrénées-Orientales), affectée par des dépérissements liés aux sécheresses et aux pathogènes. Valable pour une période de cinq ans (2024-2028), il vise à adapter la gestion forestière dans l’attente d’une stabilisation de la situation sanitaire, empêchant la réalisation d’un nouvel aménagement définitif.
Les objectifs de gestion initiaux, définis pour la période 2010-2024, sont maintenus. La forêt conserve une gestion multifonctionnelle, alliant protection des milieux naturels et des espèces remarquables, accueil du public et production de bois. Elle reste organisée en deux séries : l’une dédiée à la protection écologique (incluant la Réserve Naturelle Nationale de Nohèdes, laissée en libre évolution), l’autre à la production de bois. Les essences-objectif initialement prévues, comme l’épicéa commun ou le pin sylvestre, peuvent être remplacées dans les zones touchées par les dépérissements, selon des critères précisés dans le texte.
L’arrêté encadre le choix des essences de remplacement en priorisant celles adaptées aux changements climatiques, citées dans la Directive Régionale d’Aménagement. Des expérimentations peuvent être menées avec des essences non référencées, sous suivi scientifique, pour tester leur résilience. La structuration de la forêt en groupes de gestion (protection pastorale, zones rocheuses, biotopes spécifiques, etc.) est conservée, avec des adaptations pour les coupes et travaux sylvicoles. Aucune coupe d’amélioration n’est programmée, mais des coupes sanitaires pourront être réalisées si nécessaire.
Dans les zones où les dépérissements ont entraîné une régénération naturelle, des travaux pour favoriser cette régénération ou planter de nouvelles essences seront mis en œuvre. Un suivi des semis et plantations est prévu jusqu’à la prochaine révision de l’aménagement. Les actions en faveur de la biodiversité, de la ressource en eau et de l’équilibre sylvo-cynégétique (notamment via les plans de chasse) sont maintenues. L’arrêté applique également les dispositions du code forestier pour les zones Natura 2000 concernées.
L’exécution de cet arrêté est confiée au directeur général de la performance économique et environnementale des entreprises et à la directrice générale de l’Office national des forêts. Il s’inscrit dans une stratégie d’adaptation des forêts au changement climatique, pilotée par l’Office national des forêts.