

La Commission européenne présente la stratégie « Battery Booster », visant à renforcer la compétitivité et la résilience de l’industrie européenne des batteries. Ce secteur est jugé stratégique pour atteindre les objectifs climatiques, sécuriser l’approvisionnement énergétique et soutenir la transition vers une économie décarbonée, notamment dans les domaines des véhicules électriques, du stockage d’énergie et des applications de défense.
Le texte souligne les progrès réalisés depuis 2017, avec une augmentation significative des capacités de production et des investissements dans la chaîne de valeur. Cependant, il identifie des défis majeurs, tels qu’une concurrence mondiale inégale, marquée par des subventions massives dans certains pays tiers, une dépendance accrue aux importations (notamment en provenance de Chine) et des risques de ruptures d’approvisionnement en matières premières critiques. Ces obstacles menacent la souveraineté technologique et industrielle de l’UE.
La stratégie s’articule autour de six piliers pour répondre à ces enjeux. Le premier pilier prévoit un soutien financier ciblé aux fabricants européens, via des prêts sans intérêt et des subventions, afin d’accélérer leur montée en puissance et de catalyser les investissements privés. Le deuxième pilier vise à développer une chaîne de valeur en amont résiliente, en diversifiant les sources d’approvisionnement en matières premières et en renforçant le recyclage, avec des mesures pour interdire l’exportation de certains déchets de batteries vers des pays non membres de l’OCDE.
Le troisième pilier entend garantir des conditions de concurrence équitables en encadrant les investissements directs étrangers (IDE) et en utilisant les outils de défense commerciale pour lutter contre les distorsions de marché. Le quatrième pilier promeut l’achat de batteries fabriquées dans l’UE, via des exigences de contenu local et des critères de résilience dans les régimes d’aides publiques. Le cinquième pilier mise sur l’innovation et le développement des compétences, avec des financements accrus pour la recherche et la formation, tandis que le sixième pilier prévoit une coordination renforcée entre les États membres et les acteurs européens pour maximiser l’impact des mesures.
La Commission annonce des actions concrètes, comme le lancement d’appels à projets et la mise en place d’outils de financement dédiés, avec des montants précisés dans le texte. L’objectif est de réduire les dépendances stratégiques, d’ancrer davantage la chaîne de valeur en Europe et de positionner l’UE comme un leader mondial dans ce secteur clé pour la transition écologique et la sécurité économique.