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La dépollution des sols en perte de vitesse pour 2014 ?

Friches industrielles : vers la reconquête ? Actu-Environnement.com - Publié le 07/10/2013

Tributaires de donneurs d'ordres attentistes à budget limité, les acteurs de la dépollution des sols font face à une situation concurrentielle dégradée. Toutefois, plusieurs signaux laissent entrevoir un avenir plus positif pour le marché dans les prochai

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La dépollution des sols en perte de vitesse pour 2014 ?
Environnement & Technique N°329 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°329
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Sur la décennie 2000-2010, le chiffre d'affaires des entreprises de dépollution a été multiplié par 2,5 pour atteindre 470 millions d'euros selon les chiffres du service statistique du ministère de l'Ecologie (SOeS). Sur ce montant, 310 millions sont dus aux travaux et 160 à l'ingénierie. Toutefois une récente étude du cabinet Xerfi craint un ralentissement du rythme de progression de l'activité. Le cabinet s'appuie sur la dégradation du contexte économique et une baisse des commandes pour estimer un chiffre d'affaires de la filière pour 2014 en hausse de 3% contre une progression annuelle moyenne de 6% ces dernières années. "Malgré l'existence de facteurs structurels porteurs et la volonté des opérateurs d'améliorer leur offre, les perspectives dégradées des marchés-clients seront un frein prépondérant à la croissance de l'activité du secteur à court terme", commente le cabinet dans son étude intitulée : La réhabilitation des sites et sols pollués publié en août 2013.

Un contexte concurrentiel qui se détériore

Suite à son enquête auprès des professionnels du secteur, Xerfi constate une conjoncture dégradée pour les acteurs de la réhabilitation des sites pollués : "les clients (en particuliers les organismes publics et les promoteurs immobiliers) ne ménagent pas leurs efforts pour faire baisser la facture des prestations de dépollution d'autant que leurs budgets sont sous pression avec la conjoncture dégradée. Afin de faire jouer la concurrence, ils choisissent de découper les contrats en lots et tentent de mieux calibrer les cahiers des charges en imposant des techniques de traitement".

Xerfi remarque par ailleurs que les promoteurs immobiliers n'hésitent pas à mettre en concurrence les spécialistes de la dépollution avec des terrassiers privilégiant ainsi l'excavation des terres polluées plutôt que leur dépollution. L'excavation et le stockage des terres sont d'ailleurs le mode de gestion des terres polluées toujours aussi prisés par les promoteurs (cf. article suivant). Selon Xerfi, les techniques de dépollution plus respectueuses de l'environnement seront de plus en plus privilégiées par "les collectivités locales désireuses de montrer l'exemple et les grands industriels exposés à un risque d'image". Toutefois, prévient Xerfi, "ce segment de marché restera réduit d'ici 2020. En effet, cette démarche a un intérêt limité pour les promoteurs immobiliers pour lesquels les contraintes de coûts et de délais resteront prépondérantes dans les années à venir."

L'arrivée de nouveaux entrants issus du monde des travaux publics poussent les professionnels du secteur à innover pour ce différencier. L'appel à manifestation d'intérêt lancé par l'Ademe en 2011 a été le bienvenu. En attendant les professionnels cherchent à diversifier leurs activités et à se développer à l'international surtout pour les grands groupes à l'image de Suez Environnement.

Des signaux positifs pour le marché à plus long terme

D'un point de vue réglementaire l'introduction du principe de "pollueur-payeur" et le concept dit du "tiers payeur" d'ici 2015 pourrait constituer un "appel d'air" pour la profession en incitant les industriels à faire réhabiliter leurs anciennes installations. Les entreprises tierces à l'image de Valgo ou Brownfields qui se chargent de racheter le terrain et de le dépolluer avant de le remettre sur le marché de l'immobilier verraient leur modèle confirmé.

La nouvelle phase de désindustrialisation que la France risque de connaître dans les années à venir pourrait également alimenter la demande en prestation de dépollution. Xerfi cite notamment le groupe pétrolier Total qui a annoncé en 2012 la fermeture de ces sites isolés ou encore le groupe chimique Univar qui prévoit de regrouper plusieurs sites sur un seul dans la région Lyonnaise.

En attendant, la prudence sera le maitre mot du côté des industriels, premier donneur d'ordres des chantiers de dépollution. Pour l'Etat à l'origine de 30% des commandes, la rigueur budgétaire ne bénéficiera pas non plus au secteur. Avec un budget rogné, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) responsable de la réhabilitation des sites "orphelins" risque de réduire le nombre de chantiers de dépollution à court terme. Xerfi mise sur une reprise du secteur de l'immobilier et des demandes de logement neufs pour donner une note d'optimisme même s'il nuance son analyse en rappelant que "les constructions de nouveaux logements et de bâtiments tertiaires resteront à des niveaux particulièrement faibles en 2014".

Florence Roussel

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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