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Des initiatives encore peu nombreuses

Eau : vers une exploitation des ressources non conventionnelles Actu-Environnement.com - Publié le 02/07/2012

Si la réglementation s'est assouplie, l'utilisation de l'eau de pluie est encore peu développée en France. Seules quelques villes et industries se sont intéressées à la question. Mais le marché pourrait être prometteur dans les années à venir.

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Environnement & Technique N°316 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°316
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Des collectivités dont certaines pionnières en matière de récupération d'eau pluviale proposent des subventions financières pour encourager la démarche. Dans une étude parue en novembre 2010, le Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions (Certu) a identifié plusieurs projets en la matière. A l'instar de la ville de Lorient, "référent national en matière d'économie d'eau", qui a inauguré un dispositif d'incitation dès 2002. Il repose sur l'achat groupé de cuves pour des usages extérieurs. Les deux modèles proposés, d'une capacité de 300 et 1.300 litres, sont ensuite revendus à prix réduit, respectivement 30 et 100 euros.

Côté industriels parmi les précurseurs figure notamment l'usine de Renault de Maubeuge (Nord) qui récupère les eaux pluviales issues des toitures, des parkings et des voiries du site pour les transformer en eau industrielle depuis 1999 ! L'eau pluviale ruisselle sur une surface de 60,4 ha avant d'être récupérée, stockée et acheminée vers une station de traitement permettant à l'eau de répondre à la qualité requise pour les usages industriels : traitement de surface des tôles, cataphorèse, douches de contrôle d'étanchéité, tours de refroidissement.

Un marché prometteur

 
La taxe pluviale Un décret, paru le 8 juillet 2011, permet aux collectivités de mettre en place un service public de gestion des eaux pluviales urbaines et d'instaurer une taxe pour le financer : entre 20 centimes et un euro par m2 et par an sur les surfaces imperméabilisées. La taxe est due par les propriétaires publics ou privés des terrains et des voiries situés dans une zone urbaine ou à urbaniser.
Pour l'instant, peu de collectivités l'ont mise en pratique. La communauté urbaine du Grand Lyon et la communauté urbaine de Bordeaux sont en train d'étudier sa mise en œuvre, mais seule la communauté d'agglomération du Douaisis l'a réellement instaurée au 1er janvier 2012. "Les villes sont dans la réflexion, le décret d'application est récent, les services techniques des villes sont évidemment demandeurs d'un budget dédié'', analyse le Directeur général de PPE-Ozélo, Patrick Roupie.
 
Les offres de systèmes de récupération proposées par des sociétés spécialisées et de l'assainissement se sont développées ces dernières années. L'Ifep, syndicat professionnel lancé en 2007, regroupe aujourd'hui une vingtaine de PME (Sotralentz, Sebico, Stradal, Plasteau ou Wavin, …). La société Pierre Premier Environnement-Ozélo, créée en 2006, est également un des premiers acteurs français. ''Cette filière est née en France vers les années 2003 et n'a cessé de s'imposer depuis, avec en 2006 la loi sur les milieux aquatiques, en 2008 les premiers arrêtés puis les crédits d'impôts'',rappelle Patrick Roupie, son directeur général.

Ce nouveau marché se heurte toutefois à un prix moyen de l'installation de 5.000 euros qui peut être jugé onéreux par rapport au prix du m3 d'eau de ville. "Pour 5.000 euros aujourd'hui vous avez un matériel avec un stockage enterré de 5.000 L, terrassement compris. Il fallait compter 20 à 30% de plus il y a un an. A partir de 4 € le m3 pour une famille de 4 personnes, à 5.000 €, avec le crédit d'impôt, le retour sur investissement autour des 10 ans commence à avoir du sens surtout si l'on considère l'autonomie de l'usager pendant les périodes de sécheresse, l'abattement que cela générera sur l'application de taxes pluviales, la valeur de revente de la maison et puis, il faut bien le dire, l'augmentation inéluctable des prix de l'eau dans certaines régions", répond le Directeur général dePPE-Ozélo.

Selon un sondage du Centre d'Information sur l'eau de novembre 2008, 15% des personnes interrogées disaient pratiquer la récupération des eaux de pluie. ''Si l'on extrapole à l'échelle nationale, cela pourrait être équivalent à 15 à 50 millions de m3 par an et représenter en secteur rural de 1 à 3% des ventes d'eau,'' avait estimé en octobre 2009 Jean-Pierre Rideau du ministère de l'Ecologie, à l'occasion d'un colloque de l'Office International de l'Eau (OIEau).

Rachida Boughriet

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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