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La pluie en ville : nuisance à évacuer, ressource à valoriser

Eau : vers une exploitation des ressources non conventionnelles Actu-Environnement.com - Publié le 02/07/2012

Parmi les solutions de gestion de l'eau, la récupération et l'utilisation des eaux pluviales figure en bonne place. La réglementation française a évolué ces dernières années pour encourager l'utilisation de cette ressource non conventionnelle mais pour de

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La pluie en ville : nuisance à évacuer, ressource à valoriser
Environnement & Technique N°316 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°316
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La collecte et le traitement des eaux pluviales visent deux objectifs : d'une part, la prévention des inondations en stockant et en traitant les eaux pour compenser les effets de l'imperméabilisation progressive des sols. Et ce, via l'installation de bassins paysagers à ciel ouvert, de structures réservoirs à revêtements perméables ou imperméables ou encore de tranchées d'infiltration… D'autre part, l'eau de pluie peut être utilisée en substitution aux eaux de consommation via des systèmes de stockage et/ou de filtration. Il est alors possible de la récupérer, de la rendre potable grâce à des traitements plus ou moins poussés : les eaux de pluies récupérées, ruisselées en aval des toitures (via les gouttières, crapaudines, toits végétalisés, systèmes siphoïde), pouvant contenir des micro-organismes pathogènes.

Vers des bâtiments "hydro-positifs"

Arrosage des espaces verts, alimentation des toilettes, nettoyage des sols voire lavage du linge… sont autant d'usages possibles pour cette nouvelle ressource. Son utilisation a été  impulsée par la réglementation française depuis l'arrêté de 2008 ouvrant la porte aux dispositifs de récupération et de réutilisation de l'eau de pluie à l'intérieur et l'extérieur du bâtiment.

 
Quelle qualité de l'eau de pluie? La pollution liée aux rejets urbains de temps de pluie (RUTP) a fait l'objet de travaux, menés de 2007 à 2011, par l'Observatoire des polluants urbains (OPUR) en Ile-de-France, piloté par le Laboratoire eau, environnement et systèmes urbains (Leesu). Parmi 88 substances prioritaires recherchées, 49 substances ont été détectées dans les RUTP, la plupart étant aussi détectées dans les eaux usées ou les eaux de ruissellement, selon des premiers résultats dévoilés en avril 2012 dans la Revue "Techniques - Sciences - Méthodes" de l'Association scientifique et technique de l'eau (Astee). Pour la majorité des composés organiques, les concentrations totales fluctuent typiquement entre 0,01 et 1 μg/L, tandis que les métaux présentent des concentrations supérieures à 10 μg/L.Des concentrations en phtalates et en organoétains comparables ont été observées entre tous les types d'eau. Pour les pesticides et le zinc, les eaux de ruissellement "semblent contribuer majoritairement" à la pollution observée dans les RUTP.
 
L'arrêté du 21 août 2008 a ainsi étendu les usages domestiques de cette ressource gratuite jusqu'alors cantonnée au stade expérimental en France et autorisée uniquement par procédures dérogatoires. Cet assouplissement est suivi toutefois de conditions strictes d'usages au motif de précautions sanitaires. L'eau de pluie utilisée n'étant pas potable telle quelle, elle est par conséquent interdite à l'intérieur des établissements de santé, des écoles mais aussi des établissements sociaux et médicaux-sociaux ou d'hébergement de personnes âgées.

A l'intérieur du bâtiment, la collecte de l'eau pluviale est autorisée à l'aval des toitures (autres qu'en plomb ou en amiante-ciment) et ne peut servir que pour l'évacuation des excrétas et le lavage des sols, selon l'arrêté. Le lavage du linge est autorisé si des dispositifs de traitement de l'eau adaptés sont installés. La mise en place d'un double réseau de canalisations équipé de disconnecteurs physiques (norme NF EN 1717) est rendue obligatoire pour éviter tout rejet dans les conduites du réseau public d'eau potable.

Cet arrêté était très attendu par les usagers désireux de faire des économies sur la facture d'eau et s'affranchir en partie du monopole du service public. La consommation domestique par habitant en France est estimée à 137 litres d'eau par jour. L'eau de pluie récupérée permettrait ainsi d'économiser jusqu'à 44 % de la consommation quotidienne en eau potable, selon l'Institut Français de l'Eau de Pluie (Ifep). Soit 20% via une alimentation en chasse d'eau, 12% pour le lavage du linge et 6% du sol, et 6% pour les usages extérieurs (arrosage...), met en avant le syndicat des industriels du secteur.

Rachida Boughriet

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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