Dans la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), publiée en février dernier, le Gouvernement a souhaité mettre l'accent sur le renouvellement du parc éolien terrestre pour augmenter la capacité installée. Tablant sur la bonne acceptabilité des parcs existants, il souhaite donc privilégier l'augmentation de puissance de ces parcs, sans toutefois renoncer à la construction de nouveaux projets.
Selon les estimations du Gouvernement, 163 mégawatts (MW) devraient arriver en fin de vie en 2026 (c'est-à-dire après vingt à trente ans d'exploitation), un volume allant en croissant jusqu'en 2040 : il pourrait atteindre ainsi 602 MW en 2030 et 1205 MW en 2040. Des volumes que la filière juge irréalistes, en raison des nombreuses contraintes pesant sur les projets de renouvellement.
Concernant l'acceptation locale, les Préfets devront notamment s'appuyer sur les zones d'accélération des énergies renouvelables (ZAER), qui ont fait l'objet de concertations locales et ont été validées par les territoires. Mi-2025, près de 6 000 ZAER concernaient l'éolien, couvrant 6 398 km2, soit 1 % du territoire national.
Enfin, dans les zones déjà fortement équipées en mâts, le Gouvernement souhaite organiser une planification spatiale afin d'organiser le renouvellement « de manière harmonisée ».
Harmoniser le renouvellement dans les zones saturées
« Dans les zones densément peuplées en termes de mâts, il est nécessaire que le renouvellement des parcs soit planifié afin d'aboutir à un renouvellement harmonieux, en lien avec les territoires », souligne la circulaire.
Un groupe de travail, mis en place au cours de premier semestre 2026, sera chargé de définir les grands principes de cette planification, ainsi que les zones concernées, en fonction de la densité des mâts. Il réunira les directions générales concernées (DGEC, DGPR, DGA, DGAC, DGALN, Dircam), les services instructeurs (Dreal) et les représentants de la filière. Il planchera également sur les méthodes de mise en place des radars de compensation militaires et devra les valider.
« Des groupes de travail locaux seront constitués dans un deuxième temps pour mettre en œuvre la méthodologie ainsi définie afin d'identifier des zones de renouvellement concerté, notamment autour des zones pouvant accueillir un radar de compensation militaire, et définir pour chaque zone un scénario et un calendrier de renouvellement », précise le document.
Simplification et mutualisation des coûts
Les zones de renouvellement concerté devront permettre d'optimiser le renouvellement des parcs en termes d'insertion paysagère (alignement des mâts, balisage), d'acceptabilité locale « mais également sur le plan technique, économique et environnemental », indiquent les ministres. Elles devront, de préférence, « lorsque cela est possible », s'inscrire dans des ZAER et, « plus spécifiquement, une fois qu'elles seront instituées [par le projet de loi Ddadue], dans ses zones d'accélération renforcée (ZAR) ».
Pour rappel, dans ces ZAR, prévues par la directive sur les énergies renouvelables de 2023 (RED III), les procédures d'autorisation pourront être accélérées. Les groupes de travail locaux pourront, dans ce cadre, juger de la pertinence de la mise en place de mesures d'évitement et de réduction des impacts lors de l'évaluation environnementale qui sera réalisée à l'échelle de chaque zone, et non parc par parc.
Enfin, « une diligence particulière devra être apportée à la définition de zones de renouvellement concerté là où l'installation d'un radar de compensation militaire est envisagée ». L'optimisation des coûts de raccordement devra également être recherchée.






