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La filière papier-carton se dote d'une feuille de route pour décarboner son industrie

Après la chimie, le ciment et la métallurgie, c'est au tour de l'industrie papetière d'adopter sa trajectoire de décarbonation. L'enjeu ? Produire de la chaleur décarbonée pour réduire ses émissions de 39 % d'ici à 2030.

Gouvernance  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
La filière papier-carton se dote d'une feuille de route pour décarboner son industrie

Pour réduire de 35 % les émissions de gaz à effet de serre de l'industrie française d'ici à 2030, tel que le fixe la Stratégie nationale bas carbone, chaque filière doit contribuer, y compris celles parmi les moins émettrices. Représentant environ 2 % des émissions totales du secteur, l'industrie papetière reste émettrice de 2 millions de tonnes d'équivalent CO2 chaque année (MtCO2e/an). Ainsi, en application de l'article 301 de la loi Climat et résilience, elle se dote aujourd'hui d'une feuille de route pour poursuivre sa décarbonation.

Cette feuille de route, présentée le 9 mars par les ministères de la Transition écologique et de l'Industrie ainsi que le Comité stratégique de la filière chimie-matériaux (CSF-CM) et l'Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel), projette de réduire de 39 % les émissions de la filière en 2030, par rapport aux niveaux enregistrés en 2015. Cela signifie économiser 0,9 MtCO2e/an sur un bilan de 2,35 MtCO2e/an en 2015.

   
Trajectoire de réduction des émissions de la filière papetière d'ici à 2030. © Copacel
 
   
Néanmoins, ce plan de réduction doit, par ailleurs, s'accompagner d'une augmentation de capacité de production de près de 5 % à même échéance (soit une production annuelle de 8,2 millions de tonnes de papier-carton). Or, jusqu'ici, c'est plutôt le déclin de l'activité papetière et la fermeture de plusieurs sites qui avaient permis de réduire le bilan carbone de la filière, en baisse de 54 % depuis 2005. Avec 60 % du papier-carton consommé en France issu de l'importation, l'enjeu de cette feuille de route est donc d'assurer des conditions favorables à la relocalisation d'une activité à faible intensité carbone.

Recourir à une chaleur décarbonée

La quasi-totalité des émissions de la filière proviennent de la chaleur utilisée pour le séchage des papiers et des cartons. Sa décarbonation passe donc principalement par une production de chaleur utilisant de la biomasse ou des combustibles solides de récupération (CSR), en remplacement du gaz naturel. Une telle politique énergétique permettrait de réduire de 0,36 MtCO2e/an le bilan carbone de la filière. Pour cela, 200 millions d'euros d'investissements seraient nécessaires pour mettre en œuvre les solutions industrielles nécessaires et améliorer la disponibilité des ressources adéquates.

Toujours en comptant sur la biomasse, la feuille de route mise également sur l'équipement de trois à cinq sites papetiers en cogénération, pour couvrir leurs besoins en chaleur et en électricité. « Ces installations, en bénéficiant de tarifs d'achat ou de compléments de rémunération pour la production d'électricité renouvelable, permettent de réduire le déficit de compétitivité des sites papetiers par rapport aux autres pays européens tout en garantissant une certaine visibilité sur les coûts énergétiques, notamment par la cogénération de chaleur décarbonée », énonce le CSF-CM dans sa feuille de route. Plus de 450 millions d'euros seraient nécessaires à la réalisation de tels projets.

La filière identifie deux autres leviers possibles pour atteindre la réduction de 0,9 MtCO2e/an ciblée. Le premier est le recours à l'efficacité énergétique, en améliorant ou remplaçant les équipements actuels à raison d'une augmentation de rendement de 0,5 % par an et d'une économie de 0,2 MtCO2e/an. Cet objectif se chiffre à 100 millions d'euros d'investissements. Le second vise à maximiser le potentiel des sites papetiers à l'autoconsommation en biogaz, sur la base d'un gisement estimé à 300 gigawattheures (GWh). Autre éventualité : raccorder directement des unités de valorisation des déchets (UVE) à certaines usines.

Ce levier aux multiples facettes coûterait 100 millions d'euros et entraînerait une réduction de 0,05 MtCO2e/an.

Enfin, à terme, la feuille de route intègre la possibilité d'électrifier les procédés de l'industrie papetière. L'utilisation de pompes à chaleur, récupérant la chaleur fatale des buées, permettrait de réduire le bilan de 0,2 à 0,4 MtCO2e/an. Cette solution est cependant considérée comme « moins mâture ».

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