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Actu-Environnement

Lithium : l'Anses met en lumière des risques sanitaires et environnementaux

Risques  |    |  L. Radisson
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L'Agence de sécurité sanitaire (Anses) a publié ce jeudi 16 avril deux avis relatifs aux risques sanitaires et environnementaux présentés par le lithium. Et ce, au moment où l'usage de ce métal utilisé comme médicament, ainsi que dans la composition de produits cosmétiques, dans la fabrication de batteries de voitures, de téléphones, du verre ou encore de la céramique, est en croissance.

Le premier de ces avis (1) porte sur les options de gestion réglementaire du lithium et de trois de ses sels (chlorure de lithium, carbonate de lithium et hydroxyde de lithium). L'Agence a déjà proposé, en 2020, de classer ces trois sels comme toxiques pour la reproduction dans le cadre du règlement européen relatif à la classification, à l'emballage et à l'étiquetage des substances chimiques et de mélanges (CLP). « En cours d'examen au niveau européen, cette classification, si elle est acceptée, rendra par exemple obligatoire l'étiquetage des dangers liés à ses sels », explique l'Anses. Celle-ci identifie à travers ses nouvelles expertises de nouveaux risques présentés par le lithium et ses sels : perturbateur endocrinien pour la santé humaine en raison de ses effets sur la thyroïde et toxique pour les organismes aquatiques. Ce qui justifierait leur classement dans le règlement CLP à ces titres également.

L'Agence recommande par ailleurs l'exploration d'une procédure d'identification du lithium comme substance extrêmement préoccupante (SVHC) au titre du règlement Reach. « L'objectif visé est d'inciter les industriels à fournir des données précises sur les usages et les expositions au lithium et de renforcer ainsi les mesures de protection des travailleurs exposés, en encourageant notamment sa substitution par des substances moins préoccupantes lorsque cela est possible », explique l'Agence. On notera également sa recommandation portant sur une évaluation des risques pour la santé humaine et l'environnement relative aux activités d'extraction minière du lithium et de recyclage, alors que l'ouverture d'une mine de lithium est en projet dans l'Allier.

Le deuxième avis (2) de l'Agence, accompagné d'un rapport, porte sur l'élaboration de valeurs toxicologiques de références (VTR), c'est-à-dire des niveaux d'exposition sans effet nocif pour la population. Elle a établi trois VTR : une valeur par voie orale de 0,02 mg équivalent lithium/kg de poids corporel/jour, une valeur par voie respiratoire de 0,05 mg équivalent lithium/m3, et une valeur interne dans le sang de 0,035 mg/L. Ces valeurs concernent uniquement des expositions chroniques car il ne lui a pas été possible, faute de données suffisantes, de définir des VTR protégeant contre les risques aigus. L'Anses recommande par ailleurs de fixer une valeur limite d'exposition professionnelle (VLEP) contraignante dans le cadre de la directive européenne concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l'exposition à des substances cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques.

1. Télécharger l'avis de l'Anses sur la gestion réglementaire du lithium
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-47861-avis-anses-lithium-gestion-reglementaire.pdf
2. Télécharger l'avis et le rapport de l'Anses sur les valeurs toxicologiques de référence du lithium
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-47861-avis-rapport-anses-lithium-vtr.pdf

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