Ce n'est pas l'actualité qui contredira les conclusions des travaux de la députée Catherine Hervieu. Suppression des zones à faible émission (ZFE), ré-autorisation de pesticides avec la loi Duplomb, report de la taxe PFAS… La politique de santé environnementale est « non seulement notoirement sous-dimensionnée mais exposée à des reculs majeurs » dénonce la députée EELV auteure d'un rapport (1) au nom du comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques. « Je plaide pour une loi d'urgence sanitaire concernant la santé environnementale, explique-t-elle, car nous sommes face à des besoins exponentiels aux coûts faramineux pour la collectivité ».
Sans portage politique affirmé malgré l'organisation par la France du One Health Summit et fragmentée sous la responsabilité de nombreux acteurs, la politique de santé environnementale est fragilisée et ainsi exposée aux arbitrages politiques favorables à des lobbyistes puissants avec des moyens en augmentation. « La santé environnementale est structurellement pénalisée dans les arbitrages car elle oppose des pertes visibles à des bénéfices invisibles », résume-t-elle. « La pression de la dérégulation l'emporte trop ».
Pour renforcer la réponse publique, la députée propose 80 recommandations pour passer d'une politique sous-dotée et réactive à une stratégie globale, structurée et préventive, centrée sur la réduction des expositions à la source. Le rapport appelle ainsi à un renforcement de la gouvernance, avec une stratégie nationale claire, hiérarchisant les risques et mieux coordonnée entre les acteurs publics. Il insiste sur la nécessité d'augmenter les moyens, notamment pour la recherche, la surveillance et les agences, tout en appliquant réellement le principe pollueur-payeur. Le texte met également l'accent sur une action réglementaire plus forte, agissant à la source des pollutions, en particulier pour les substances chimiques et les pesticides. Enfin, il souligne l'importance d'impliquer les territoires, d'informer les citoyens et de former l'ensemble des acteurs pour restaurer la confiance et améliorer l'efficacité des politiques publiques. « La santé environnementale est aujourd'hui l'angle mort des politiques publiques et la variable d'ajustement en cas de tension budgétaire. Il faut la remettre en haut des priorités », alerte Catherine Hervieu, députée de Côte-d'Or.






