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La nouvelle stratégie déchets du Royaume-Uni axée sur le recyclage

Après une première version de sa Waste Strategy datant 2000 et des résultats encourageants en termes de gestion des déchets, le Royaume-Uni a présenté en mai dernier une nouvelle politique plus ambitieuse axée sur le développement du recyclage.

Déchets  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Le Royaume-Uni produit chaque année environ 110 millions de tonnes de déchets issus des industries, des commerces et des municipalités britanniques. Dans le pays, la mise en décharge est la « méthode de traitement » la plus utilisée. En 2004, 72% des déchets municipaux et 50% des déchets d'entreprises étaient dirigés vers cette voie. Mais en vertu de la « Directive Décharge » de l'Union Européenne, le Royaume-Uni a été amené à mettre en place une politique de réduction du volume mis en décharge et de développement du recyclage. La première version de cette « Waste Strategy » date de 2000. Elle repose sur la hiérarchisation des méthodes de traitement des déchets privilégiée par l'Union Européenne avec pour principal objectif de favoriser le recyclage et la réutilisation. Depuis cette stratégie beaucoup de progrès ont été réalisés : la quantité de déchets placés en décharge a chuté de 9% entre 2001 et 2005, la part du recyclage/compostage a été multipliée par quatre en dix ans, la part des déchets d'emballage recyclés s'est accrue de 27 à 56 % et la production de déchets augmente désormais moins vite la croissance économique du pays.

Afin de poursuivre les efforts et de relancer la politique, la Waste Strategy a été mise à jour par le Ministère anglais de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales (DEFRA ou Department for environment, food and rural affairs). La version 2007, présentée en mai dernier, propose des objectifs ambitieux en relation avec l'ensemble des directives européennes en vigueur ou en préparation (directives sur les déchets d'emballage, les déchets d'équipements électriques et électroniques, les véhicules en fin de vie, etc.). Les orientations et les mesures insistent surtout sur les processus de prévention des déchets et de réutilisation des produits en fin de vie pour atteindre les objectifs de recyclage/compostage des déchets biodégradables municipaux imposés par la directive européenne sur les décharges à savoir : d'ici 2010, réduire de 25 % la quantité de déchets biodégradables municipaux envoyés en décharge par rapport au niveau de 1995 ; 50 % en 2013 et 65 % en 2020.
D'autres mesures visent à promouvoir le développement des nouvelles technologies de recyclage et de valorisation énergétique des déchets et à assurer une croissance des investissements dans les infrastructures de collecte et de traitement.

Pour cela, le DEFRA a déterminé des objectifs chiffrés à atteindre d'ici 2020. Il faudra par exemple augmenter la part des déchets municipaux collectés par rapport à l'an 2000 à 53% d'ici 2010, à 67% d'ici 2015 et à 75% d'ici 2020 ; réduire la quantité de déchets commerciaux et industriels de 20% d'ici 2010 par rapport à 2004 ou encore augmenter la part de déchets municipaux valorisés énergétiquement à 25 % d'ici 2020 par rapport à 2000…
Pour atteindre ses objectifs, le Royaume-Uni a notamment prévu de mettre en place une série de subventions reflétant la hiérarchie des déchets donc en faveur des projets de réduction des déchets « à la source », de recyclage et de valorisation énergétique. Le gouvernement compte notamment augmenter la taxe nationale sur les décharges qui passerait de 24 livres (34€) par tonne de déchets enfouis à 48 livres (68€) par tonne d'ici 2010. Par ailleurs, le gouvernement envisage de faciliter la mise en place de système de subventions pour les foyers ayant adopté une démarche efficace de réduction, de tri et de recyclage des déchets. Il s'agirait de mettre en place un processus où les consommateurs « vertueux » percevraient une indemnité qui proviendrait de taxes imposées aux consommateurs ne pratiquant pas le recyclage.

Des objectifs et actions concrètes pour chaque type de déchet sont également prévues par la Waste Strategy for England 2007. Dans le cas des déchets verts et des résidus alimentaires, le Royaume-Uni prévoit d'apporter un soutien financier au développement de la méthanisation des déchets fermentescibles. Pour le verre, il s'agira par exemple d'introduire un service de collecte des déchets de verre pour les petites et moyennes entreprises. Dans le cas du papier/carton, celui se traduira notamment par la création d'accords avec l'industrie papetière afin de réduire les déchets papier et d'augmenter la part de matière recyclée dans sa production. Le DEFRA envisage en parallèle, la création d'une unité spécialisée sur les « nouveaux produits et matériaux » qui serait en charge d'identifier les chaînes logistiques et d'améliorer la performance environnementale des produits tout au long de leur cycle de vie.

Par ailleurs une réforme réglementaire favorisant la réduction des quantités de déchets produits est également à l'étude. La Waste Strategy for England 2007 propose principalement une simplification de la réglementation en vigueur sur les différentes étapes de la gestion des déchets de manière à mieux proportionner les contraintes pesant sur les différentes parties impliquées. Le DEFRA propose en outre de renforcer le rôle des collectivités locales en mettant au point un ensemble d'objectifs et d'indicateurs spécifiques de performance au niveau local et d'encourager les partenariats avec les PME du secteur géographique concerné. Les citoyens vont être également sollicités à travers des campagnes de sensibilisation, la création de subventions à destination des initiatives de quartiers ou de bâtiments « zéro déchet », la mise en place d'une obligation de réduction du nombre de sacs de caisse mis à disposition dans les supermarchés, la distribution massive de bacs de collecte adéquats pour les lieux fréquentés par le public…

Toutes ces propositions du DEFRA vont être mises en oeuvre prochainement au sein du pays et un premier bilan est prévu en 2010 avec si nécessaire une révision des objectifs en fonction des progrès réalisés.

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