

Ce guide, élaboré par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires avec le concours du CSTB et d'acteurs locaux d'Outre-mer, précise les exigences réglementaires pour la conception et la construction des bâtiments en Guadeloupe et en Martinique, exposés aux risques de vents cycloniques. Il s'inscrit dans le cadre de l'arrêté du 5 juillet 2024 et vise à renforcer la résilience des constructions face à cet aléa.
Le document définit son domaine d'application, couvrant les bâtiments neufs soumis à permis de construire ou déclaration préalable, ainsi que les bâtiments existants faisant l'objet de modifications significatives (surélévation, création de surfaces nouvelles, suppression de contreventement, etc.). Il introduit une classification des bâtiments en quatre catégories d'importance (I à IV), déterminant les niveaux de résistance requis. Les bâtiments de catégorie IV, essentiels pour la sécurité civile ou la continuité des services publics, font l'objet d'exigences renforcées.
Le guide détaille les méthodes de calcul des charges de vent cyclonique, fondées sur l'Eurocode 1 partie 1-4 (NF EN 1991-1-4). Deux méthodes principales sont proposées : la méthode 1, utilisant des coefficients d'exposition cartographiés disponibles sur le site Géorisques, et la méthode 2, reposant sur les principes standard de l'Eurocode. Des méthodes avancées (simulations numériques ou essais en soufflerie) sont également prévues pour les bâtiments de grande dimension ou situés en zones à topographie complexe. Les vitesses de référence du vent, variables selon la catégorie du bâtiment et la période de retour, sont précisées dans le texte.
Pour les structures, le guide impose un dimensionnement à l'État Limite Ultime (ELU) sous combinaisons fondamentales, avec l'action du vent comme variable dominante. Un coefficient de sur-résistance (?SR = 1,5) est appliqué aux assemblages critiques (structure/charpente, structure/fondations, etc.) pour prévenir les ruptures brutales. Les auvents et varangues sont traités spécifiquement, avec des coefficients de réduction pour les éléments désolidarisés de la structure principale.
Les éléments non structuraux (ENS), tels que les couvertures, fenêtres et protections, doivent également résister aux charges de vent et aux chocs. Les couvertures en tôle ou en tuile doivent respecter des limites de flèche sous charge ascendante, tandis que les fenêtres doivent justifier d'une résistance aux pressions et aux impacts, éventuellement renforcée par des protections (volets, panneaux). Les ENS rapportés (panneaux solaires, climatiseurs) doivent être fixés solidement pour éviter tout risque de projection.
Enfin, le guide aborde les exigences spécifiques pour les bâtiments de catégorie IV, dont la continuité de fonctionnement doit être assurée en cas de cyclone. Des mesures préventives adaptées à chaque type de bâtiment (hôpitaux, centres de secours, etc.) sont requises, définies dans les documents particuliers du marché. Les annexes fournissent des tableaux de pression pour les fenêtres et des notices d'utilisation des cartes Géorisques.