

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE), élaboré à la demande de la Commission européenne, présente des recommandations pour un pacte européen pour les océans. Ce pacte vise à concilier développement économique, protection environnementale et équité sociale dans le cadre de l’économie bleue, en s’alignant sur les objectifs de développement durable (ODD) et le pacte vert pour l’Europe.
Le CESE propose une approche globale intégrant plusieurs axes. Il recommande de simplifier le cadre réglementaire pour les entreprises, notamment les PME, et de renforcer la coopération internationale pour éviter les doubles emplois. Une gouvernance maritime coordonnée est préconisée, avec la création de groupes de travail dédiés et un mécanisme de collaboration entre les agences européennes (Frontex, EMSA, AECP). Le pacte doit aussi promouvoir une planification spatiale maritime équilibrée, favorisant la coexistence des activités (pêche, énergie offshore, aquaculture) et la protection des zones traditionnelles.
Sur le plan économique, le CESE insiste sur la nécessité de mobiliser des financements publics et privés pour soutenir l’innovation, la décarbonation et la restauration des écosystèmes marins. Il propose la création d’une alliance industrielle pour les chaînes de valeur de l’économie bleue, réunissant acteurs publics, privés et scientifiques, ainsi qu’un plan d’action pour les aliments bleus d’ici 2026. La transition juste est un enjeu central, avec un accent sur la formation, la reconversion des travailleurs et l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs maritimes.
Le CESE souligne également l’importance de la science et de l’innovation pour une gestion durable des océans, en renforçant la recherche, les technologies émergentes (intelligence artificielle, énergies marines) et la coopération internationale. Il recommande la mise en place d’un mécanisme de suivi régulier du pacte, inspiré des ODD, pour évaluer ses progrès. Enfin, le pacte doit intégrer une dimension sociale forte, en soutenant les communautés côtières, en luttant contre les pénuries de main-d’œuvre et en garantissant une répartition équitable des bénéfices.
Parmi les mesures spécifiques, le CESE propose de réviser la politique commune de la pêche pour favoriser des pratiques durables, de renforcer les normes environnementales pour les importations de produits de la mer, et de promouvoir l’aquaculture à faible impact. Il appelle aussi à une diplomatie européenne active pour défendre les intérêts maritimes de l’UE dans les négociations internationales, notamment en matière de biodiversité et de lutte contre la pollution plastique.