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Actu-Environnement

De nouvelles simulations climatiques plus évoluées confirment la tendance au réchauffement

Dans le cadre du prochain rapport du GIEC, les climatologues français ont réalisé différentes simulations prenant en compte l'éventuelle stabilisation des émissions des GES et incluant de nouveaux paramètres. Pourtant ''cela va quand même chauffer''.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Dans le cadre de la préparation du prochain rapport du GIEC à paraître en 2007, et à la demande de la Mission Interministérielle sur l'Effet de Serre avec le soutien des organismes de recherche (CNRS, CEA, Météo-France), la communauté climatique française vient de réaliser un exercice de simulation du climat qu'ils ont présenté lors d'une conférence de presse, le 2 juin dernier, dans les locaux du CNRS.

La prédiction du réchauffement climatique lié aux activités humaines repose sur une hiérarchie de modèles, des plus simples aux plus complexes : les modèles couplés océan-atmosphère qui permettent d'en prévoir la répartition géographique et les caractéristiques. C'est à partir de cette approche de modélisation que le dernier rapport du GIEC (2001) prédit à l'horizon 2100 un réchauffement moyen compris entre 1,4 et 5,8 °C. L'amplitude du réchauffement dépend à la fois du scénario d'émission des gaz à effet de serre et de la nature des modèles.

Trois rapports complets ont été publiés par le GIEC (1990,1995 et 2001). La sortie du quatrième rapport, en cours de rédaction, est prévue pour l'automne 2007 et fait l'objet d'un effort de modélisation largement basé sur l'utilisation de modèles couplés.

C'est dans ce cadre que les organismes de recherche (CNRS, CEA, Météo-France) ont simulé*** le réchauffement climatique à l'aide de 2 modèles (celui de l'IPSL* et celui du CNRM**) et d'ordinateurs explorant le passé et le futur climatiques selon différentes concentrations de gaz à effet de serre.

Ces deux modèles français introduisent des mécanismes (la représentation des nuages, des aérosols, des glaces de mer, du cycle hydrologique, des rivières) dont l'absence de prise en compte justifiait jusqu'ici les attitudes dubitatives de certains climatologues, américains notamment. Or même avec ces mécanismes, le réchauffement reste extrêmement préoccupant. Cela va quand même chauffer , résume Pascale Braconnot, responsable du pôle de modélisation du climat à l'IPSL.

Pour analyser ces simulations, les chercheurs du CNRM, du CERFACS, de l'IPSL et d'autres laboratoires du CNRS comme le LGGE, se sont ralliés sous la bannière du projet ESCRIME (Etude des scénarios climatiques réalisés par l'IPSL et du CNRM).

Pour le scénario le plus pessimiste qui prévoit une continuité dans les émissions de GES, la concentration de CO2 dans l'air sera portée à 800 ppm contre 380 aujourd'hui et 290 avant la révolution industrielle. La température moyenne de la basse atmosphère grimperait de 4 °C en 2100 par rapport à aujourd'hui.

Avec les scénarios de stabilisation limitant la concentration à 550 ppm en 2100, ce qui suppose des politiques restreignant l'usage des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz), les deux modèles français suggèrent de gros changements, de l'ordre de 2 °C en moyenne planétaire. Un changement qui fait de la canicule de 2003 un été «normal».

Cependant, à l'échelle d'une région particulière de la planète (comme l'Atlantique Nord ou les régions de mousson), les différences entre les modèles sont notables. Cela montre l'intérêt d'utiliser plusieurs modèles dont les comportements sont différents à ces échelles, ont précisé les chercheurs. Une analyse approfondie de l'origine des différences permettra de mieux appréhender la question des incertitudes,ont t'ils ajouté.

Par ailleurs, la réalisation de ces scénarios représente un investissement de calcul considérable. L'ensemble des scénarios réalisés représente environ 2000 années simulées, correspondant à 22 600 heures de calcul pour Météo-France et 20 000 heures de calcul pour l'IPSL, étalés sur 8 à 12 mois. Ces simulations permettent de générer sur des grilles tridimensionnelles de l'océan et de l'atmosphère les données nécessaires pour caractériser l'évolution du climat au cours du temps. Cela représente 13 Teraoctets(To)10 de données pour Météo-France et 25 To de données pour l'IPSL. Les résultats ont été mis en forme et envoyés dans une base de données internationale localisée à Livermore (USA), d'où elles sont extraites pour être analysées par des chercheurs du monde entier.

L'activité autour des simulations de scénario climatique qui seront analysées dans le 4ème rapport du GIEC, représente un véritable saut qualitatif par rapport à l'exercice précédent, ont estimé les chercheurs en soulignant que ce saut se mesure par le nombre de modèles participants, le nombre d'heures de calcul investi, la taille de la base de données et l'investissement de la communauté scientifique qui va analyser les résultats de ces simulations.
La part prise par la communauté scientifique française est aujourd'hui très significative, mais cet effort ne pourra être maintenu à l'avenir sans un important investissement notamment en moyens de calcul scientifique ou l'accès aux machines les plus performantes. Un appel du pied du monde de la recherche au gouvernement ?

Les résultats complets qui seront présentés dans le quatrième rapport du GIEC, porteront sur les grandes tendances du changement climatique, l'analyse des différents facteurs affectant la sensibilité climatique, mais aussi sur une meilleure appréhension du climat aux échelles régionales et un intérêt accru pour la caractérisation des événements extrêmes.

Dans le cadre du projet ESCRIME, un appel a également été lancé pour que d'autres équipes françaises analysent les résultats produits par le CNRM et l'IPSL. Une quinzaine de projets a d'ores et déjà été soumise dont 4 devraient contribuer directement au quatrième rapport du GIEC. Les thématiques abordées concernent en particulier l'étude du rôle des nuages, l'étude des connexions entre les tropiques et nos latitudes, l'étude des régions de mousson, celle des régions australes ou encore l'influence du changement climatique sur les événements extrêmes.

* L'Institut Pierre-Simon Laplace des sciences de l'environnement global a étécrééau début années 1990 pour fédérer les activités de plusieurs laboratoires de la région parisienne impliqués dans les sciences de l'environnement terrestre et planétaire. Il regroupe aujourd'hui 5 laboratoires et représente environ 750 personnes (environ 280 chercheurs et enseignants-chercheurs, 240 ingénieurs, techniciens et agents administratifs et 230 non permanents -doctorants, post-doctorants et CDD), soit 40% du dispositif national de recherche du CNRS et des Universités dans le domaine des sciences de l'océan et de l'atmosphère. La plus grosse partie de ses ressources financières provient du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l'UniversitéPierre et Marie Curie et de l'UniversitéVersailles Saint-Quentin en Yvelines, et l'institut est aussi soutenu par le Commissariat àl'Énergie Atomique (CEA), l'Institut de Recherche et Développement (IRD), L'École Normale Supérieure, l'École Polytechnique et le Centre National d'Études Spatiales (CNES).

Les laboratoires de l'IPSL :
• le Centre d'étude des Environnements Terrestre et Planétaires (CETP),
• le Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD)
• le Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentation et Approches Numériques (LOCEAN)
• le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE)
• le Service d'Aéronomie (SA)


** A METEO-FRANCE, le Centre National de Recherches Météorologiques CNRM assure l'essentiel des activités de recherche et coordonne l'ensemble des actions de recherche et développement conduites dans les autres services. Ces actions de recherche et de développement sont orientées en priorité par les besoins du service public en matière de météorologie : prévision météorologique, physique et dynamique de l'atmosphère, connaissance du climat, interactions entre l'homme, le climat et l'atmosphère. Les domaines de recherche couverts s'étendent aux frontières de la météorologie avec la chimie de l'atmosphère (pluies acides, ozone), l'océanographie de surface, la physique et la dynamique du manteau neigeux, l'hydrologie de surface, ... Ces recherches sont conduites en coopération étroite, au niveau national avec les laboratoires de recherche atmosphérique du CNRS et des Universités, au niveau international avec des services de recherche étrangers.

*** Le premier scénario, dit de référence, est une simulation non perturbée du climat du milieu du XIXème siècle, correspondant à des conditions proches du pré industriel. Le deuxième scénario correspond à l'évolution du climat au cours du XXème siècle (de 1860 à 2000). Ce scénario est destiné à comprendre comment les différents facteurs (gaz à effet de serre, aérosols sulfatés, modification de la constante solaire et volcanisme) ont contribué à l'évolution du climat sur cette période. Il doit servir de support aux études de détection du changement climatique dans les observations récentes et à la détermination de la part des évolutions attribuables aux activités humaines. Tous les autres scénarios correspondent à des projections pour le XXIème siècle ou au-delà. Trois simulations sont associées à chacun des scénarios d'évolution des gaz à effet de serre et des aérosols sulfatés au cours du XXIème siècle. Ces scénarios (définis par le GIEC) sont basés sur différents types d'évolution privilégiant une croissance démographique et économique rapide ou des préoccupations environnementales avec ou sans transferts de technologie. Contrairement à ceux présentés dans le précédent rapport du GIEC, ils sont complétés par des effets de stabilisation des concentrations qui, pour certains, préfigurent l'impact de mesures de réduction des émissions faisant suite au protocole de Kyoto et permettent d'analyser l'inertie du système climatique. Enfin 3 autres scénarios destinés à comparer les résultats des modèles actuels à ceux des modèles de la génération précédente ont été réalisés en appliquant respectivement une augmentation de 1% par an de la concentration en gaz carbonique dans l'atmosphère et une stabilisation à 2 et 4 fois la teneur actuelle.

Réactions8 réactions à cet article

 
A petit bruit...

Voilà, me semble-t-il du travail sérieux loin du fracas des médias. Nos politiques auront-ils l'intelligence de continuer à financer ce genre de recherches indispensables pour fonder notre lutte écologique ?
Sur le fond, j'en retire l'idée que le réchauffement n'est plus contestable d'un point de vue scientifique, mais que ses conséquences locales ne sont pas encore correctement appréciées.
Or peu de gens ont une vision mondiale des problèmes et seules des prévisions concernant "leur" environnement peuvent motiver fortement les citoyens et les pousser à faire pression sur les décideurs.

Hervé Vauld | 09 juin 2005 à 12h14
 
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Re:A petit bruit...

Je suis d'accord...
Je lutte, je cherche...
En témoignage, voici un copié collé de dialogues de mai et juin 2005 issus de ma réaction à des conférences locales, sensées diffuser cette sensibilisation... A toutes fins utiles:

Billet d’humeur et infos - Mai 2005.

J'étais parmi les 250 personnes à la conférence de M. Pelt le 2 mai dernier.
Rappel
JM- Pelt est un éminent scientifique, naturaliste, pharmacologue, chroniqueur radio, écrivain, président de l'institut Européen d'écologie...
Son intervention accompagnait la publication de son dernier livre "La Terre en héritage".
Depuis 30 ans, il tente d'expliquer et d'alerter, de faire comprendre en quoi l'humanité coure à la catastrophe: Pesticides, OGM, effet de serre etc...
Au delà des applaudissements (mérités) pour la force et la limpidité de son témoignage, j’ exprime mon indignation, car il n’y a rien de réjouissant, ce que j'entends faire partager, notamment à nos élus, pour que "ça bouge"... C'est plus qu'un souhait, c'est une nécessité, une urgence,…
Plutôt que rester dans la passivité ou sombrer dans le désespoir...

Il faut impérativement qu’un tel exposé contribue véritablement à faire réagir un peu plus tout un chacun, sachant que les personnes venues écouter sont probablement déjà dotées d'une conscience écolo-humaniste (conscience tout court aurait pu suffire)...
Comment rester serein après de tels propos? Si ce n'est avoir la mémoire éphémère et vaquer à ces occupations, aveuglément... Il est coupable de s’y résoudre consciemment.

Depuis trente ans, ce scientifique et bien d'autres tentent d'alerter. Je suis trentenaire... Et ce que je perçois, c’est un paradoxe énorme :
Les idées (sérieuses) qui ont émergées a la fin des années soixante, les remises en question de notre ‘système’, les constatations scientifiques qui n’ont fait que se confirmer depuis, n’auguraient pas la situation actuelle, qui prend l’allure d’une impasse, alors même que les dirigeants en tout genre, politiques et chefs d’entreprises, ont pour beaucoup entre 50 et 70 ans ! Une évolution manquée ou certains, opportunistes et sans scrupule, se sont sans doute bien servis. Après eux le déluge ?

A l’approche de la pentecôte, on tergiverse pour plus de solidarité envers nos aïeux. Soit.
Et la solidarité envers les générations futures ?
Excusez de vous le dire, le simple citoyen que je suis redoute l'inertie, et accepte de plus en plus difficilement la mollesse collective, la dilution des efforts... même s'il en est lui-même acteur, bons grés, malgré...
Puisque tout ce qui fut répété et complété avec force et compétence (et même humour) par M. PELT est d'ores et déjà 'existentiel', l'enjeux c'est la vie; Pas dans 10 000 ans, demain, pour ne pas dire maintenant (cf. - taux de fécondité en baisse, hausse des cancers du sein et de la prostate constatés, effet de serre etc...)
Pour ma part, je me réjouis forcément (façon de dire) que de tels témoignages et enseignements soient (re)dits et (ré)expliqués, une énième fois, qui plus est par une personnalité qui assoie sa 'crédibilité' sur des années de sciences et une vaste connaissance du monde,...
Mais, navré, le bon sens devrait suffire.
Face à la pétrochimie, aux politiques énergétiques et agricoles, au risque nucléaire qui n'est toujours pas totalement maîtrisé, et aux dérives biotechnologiques... alors c'est un certain dégoût et de la colère que l’incohérence ou la 'timidité' des actions m'inspirent, en tant qu'individu et père de famille...
Oui, le 'Développement durable' est cité tous les jours, et même si le terme est discutable, discuté; il cerne de vrais enjeux, c'est positif.
Mais dans l'action, la 'diplomatie' pour le changement des comportements et le 'tact consensuel', les amalgames et frilosités en tous genres brident l'élan nécessaire. Cette 'prudence' ambiante, impertinente, face aux opinions (électorales) qui n'évite pas les Vrais dangers... alors qu'il y a urgence... J'ai mal a la terre... Je crains pour mes enfants, et ceux des autres.
Ce qui ressemble à un enlisement de l'humanité vient aussi sans doute de la complexité de notre société, fondée trop exclusivement sur la finance, la technologie...
Chacun a ses limites, culturelles, intellectuelles, en terme de temps aussi pour s’intéresser, apprendre et être attentif à tous les sujets que chaque citoyen devrait intégrer, ‘maîtriser’…
Nous ne naissons pas égaux dans nos gênes ni dans nos milieux sociaux.
C'est un fait, il y avait, il y a, les forts et les faibles, pour apprendre, comprendre... s'assurer tous un même niveau de vie.
C'est une loi naturelle transposée qui s'exerce, la disparité. Estomper ces différences est un projet louable, c'est le propre de l'humanité.
Alors, les luttes sociales, la défense d'enjeux commerciaux, les stratégies de territoires... Sans doute nécessaires.
Mais le défi fondamental, c'est de 'pérenniser' l'humanité'!
Cette préoccupation est écrasante, immense - Surhumaine?- Quelqu'un dans la salle s'interrogeait sur 'l'instinct de survie'.
Combien se recroquevillent, résignés, sur leurs quotidiens individuels, sans regarder au-delà des limites en parpaing de leurs pavillons jetables (construits pour une génération, en matériaux non-recyclables),... et comment leur en vouloir? Chacun fait ce qu'il peut...Se loger, se nourrir, accéder à quelques loisirs, ces objectifs partagés absorbent l’énergie et les capacités de tout un chacun…Moi même je ne sais que trop ce que c'est qu'un budget familial inférieur à 1500 euros/mois, à quel point l’aspiration à de meilleures conditions de ‘subsistance’ orientent nos gestes quotidiens dans le court terme…
Au niveau de l’habitat, tout le monde n'est pas en mesure de se lancer dans l'auto construction, et les standards sont souvent loin d’être ce que l’on fait de mieux en terme de développement durable.
Combien de 'Syndrome du Titanic'(Nicolas HULOT), de 'La Terre en Héritage' (J.M Pelt), de 'La Sagesse du Jardinier' (Gilles Clément) ... Etc.. Faudra-t-il encore écrire pour stopper fermement nos erreurs avérées ou pressenties, mettre les progrès au service de l'homme et non l'inverse, assurer un lendemain vivable aux vivants, tout simplement? Les gens aiment-ils leurs enfants, et ceux des autres!?
Alors, brin d’herbe sur le trottoir, ortie et coquelicot sauvage sur la terrasse ?
Ou tous au rayon 'désherbants' avec cancers et effet de serre en promotion?!
Des alternatives existent, et un autre regard sur la nature doit se généraliser.
Encore bravo pour les programmations du centre pédagogique du Cébron. Je m'emploierai à les accompagner par tous mes (modestes) moyens, en me montrant peut être, plus 'fin diplomate' que sur ce message!
A voir, tout le mois, de mai 2005, l'exposition 'Quel développement pour demain?' au Site du Cébron
Le 10 mai, 20h30 'Bistrot Scientifique' avec Betapi et communauté de communes Val-du-Thouet- Comment jardiner au naturel.
Le 2 juin - Salle de Soulièvres à Airvault - Conférence " le développement durable, un concept existentiel", avec Christian METTELET, directeur général des services du Conseil Général des Deux-Sèvres.


Sylvain HOULIER.


Les réponses à cette lettre d’indignation, suite à la conférence de Jean-Marie Pelt, le 2 mai 2005 au site pédagogique de Lac du Cébron (débat par mail)


"Ambroise BECOT" Ajouter à Mes Contacts Créer une Alerte SMS
A : val-du-thouet@wanadoo.fr
Date : 11/05/05 09:28
Objet : réponse au courrier Voir l'en-tête complet


à l'intention de Sylvain Houlier,Ce constat, il y a déjà bien longtemps que nous l'avons fait et analysé.N'ayant pas à titre professionnel une vocation militante mais technique,nous nous ne nous sommes pas insurgés contre les maux qui pèsent sur notreenvironnement (même si cela démange !!), car nous nous serions isolés dansnotre territoire... (perte de crédibilité auprès des acteurs locaux...).Face à la méconnaissance et à l'incrédulité, nous avons préféré commencer àrépondre avec nos outils et en logique de développement local. A notreéchelle il est peut-être plus facile d'agir que d'essayer de convaincre par"pétition".Aujourd'hui le pays s'engage petit à petit (jamais assez vite) dans ledéveloppement durable par des actions concrètes (effet de serre etterritoire, projet éolien, filière bois déchiqueté, formation gestiondifférenciée employés communaux, balisages de sentier avec du bois d'originede pays...).Malgré tout cela, nous faisons le même constat ; nous avançons etprogressons (beaucoup s'en félicitent), reste à savoir si c'est à la bonnevitesse, c'est à dire en conséquence des enjeux et urgences. Sur la thème dubocage nous avons mesuré que notre action est insuffisante dans ce contexte.Bonne réception.Ambroise BécotMission Bocage




"Ambroise BECOT"
Date : 12/05/05 17:46
Objet : Re: réponse au courrier Voir l'en-tête complet
Pièce(s) jointe(s) : Compte rendu se... (1 Mo);


Bonjour et MerciMerci d'avoir pris le temps de répondre. Je partage, depuis longtemps, moi aussi, votre raisonnement... Je suis conscient des progrès en cours mais suis effectivement inquiet de la vitesse d'aggravation et de la profondeur de nos erreurs, et du temps nécessaire pour d'une part s'en apercevoir, puis les tempérer, et un jour peut-être les renverser... (omniprésence du risque nucléaire, évolution des pratiques agricoles, urbanisation, destockage massif du carbone fossile...)...J'ai cette fois exprimé plus ouvertement mon indignation; C'est lié à un événement et à un contexte local (incohérence et passivité). Je ne lance pas de pétition. Et ce coup de gueule est un 'coup de pied dans la fourmilière' (mes élus locaux). Les 7 communes rurales de mon petit canton ce sont mutualisées et on créer un poste d'agent environnement. Et je ne peux me résoudre à de l'action superficielle (je ne dis pas superflue). Par ailleurs, après 6 mois passé ici, aucun élu n'a chercher à dialoguer sur les thèmes environnementaux. Tout juste une politique de guichet, pour fleurir un trottoir, rectifier le planning de ramassage des poubelles, ou vérifier la praticabilité de tel chemin! (je caricature à peine).Quand on a mal on crie parfois. On est en droit d'espérer que ceux à qui l'on casse les oreilles s'interrogent sur la cause! Il en restera toujours quelques chose, c'est une façon d'espérer quand même...De plus, je pense que 'Logique de développement local' et 'militantisme' ne sont pas automatiquement antinomiques. Ils peuvent être alternés, simultanés, complémentaires, répartis ...J'ai pris un risque, peut-être... On verra la suite. Mais les menaces pour la qualité de vie de nos enfants, elles, sont bien là. Et j'ai beau revendiquer un esprit plutôt pacifique, je crois nécessaire de bousculer...Merci encore, et continuez.



Veronik Leblay" Ajouter à Mes Contacts Créer une Alerte SMS
A : val-du-
thouet@wanadoo.fr
Date : 11/05/05 10:33
Objet : RE: Billet d'humeur et infos, suite à la conférence de M.PELT Voir l'en-tête complet


Nous avons à disposition aujourd’hui une masse d’informations dont une partie sur laquelle nous avons peu de prise. Les décisions politiques sont parfois loin de notre quotidien. Pour autant, cela ne minimise pas à la fois notre responsabilité individuelle et notre pouvoir d’action en faveur des sujets qui nous touchent de plus. Les sujets sont nombreux et variés mais nous gardons notre possibilité d’agir en conscience si modeste soient nos implications… et avec le sourire ! On ne transformera pas le monde d’un coup de baguette magique mais en y jouant notre rôle citoyen nous invitons chacun à faire de même. Nous ne pourrons pas nous faire écho de l’exposition du site de Cébron dans les prochains n° des Quatre Saisons. Nous commençons à travailler sur le n° de septembre – octobre. Merci de nous tenir informé des évènements qui seraient à signaler à partir de septembre.Je vous souahite une bonne journée Veronik LeblayDomaine de Raud38 710 MENS04 76 34 80 84 Consultez le catalogue des éditions terre vivante et commandez vos livres sur notre site www.terrevivante.orgNotre centre écologique ouvre ses portes le 24 avril 2005. Venez y découvrir nos jardins biologiques, les expositions sur l'eau, l'habitat écologique, et l'espace info aux milles ressources pour mettre l'écologie en pratique chez soi.Et, tous les deux mois, retrouvez les Quatre Saisons du Jardinage avec des articles de fond, des conseils de saison, des fiches pratiques et thématiques, des témoignages, des bonnes adresses dans la seule revue française de jardinage bio.

De : "FDCUMA-DAVID" Ajouter à Mes Contacts Créer une Alerte SMS
A : val-du-thouet@wanadoo.fr
Date : 11/05/05 15:56
Objet : Réf. : Billet d'humeur et infos , suite à la conférence de M.PELT et article P2 de NR du 9 mai ('point chaud'). Voir l'en-tête complet


Bonjour Sylvain, Je viens de prendre connaissance de ton billet d'humeur et même si cela ne changera rien à la face du monde, je partage les mêmes inquiétudes que toi face à l'avenir que l'on prépare à nos enfants. Tes mots sont justes et mériteraient d'être médités par nos élus et nos concitoyens. Sans vouloir te sembler trop pessimiste, j'en arrive parfois à me demander si le fait de donner la vie à un enfant est une attitude responsable. La difficulté dans notre pays, est d'arriver à faire passer le message. J' ai parfois l'impression que dans bien des cas, s' opposer ou réagir c' est s' isoler, pour autant même au risque de déplaire on ne peut rester les bras croisés. A bientôt Frédéric DAVID




Le 10 Juin 2005, j’assiste à une 2ème conférence du même ordre à Airvault, ou M. Christian METTELET, directeur des service du Conseil Général 79, intervenait sur le thème :
‘Le développement durable, un concept existantiel’.
Au terme de l’exposé, j’ouvre le débat en exprimant le fait que la conférence précédente, un mois plus tôt, de la même teneur, n’avait toujours été le déclic pour un dialogue avec les élus de la communauté de communes qui m’emploie ! Et ce malgrès mon ‘billet d’humeur’…

Les jours suivants, j’ai adressé un message d’explications sur cet acte ‘indélicat’ à M. Mettelet.
Voici sa réponse, puis ma réponse à sa réponse…

> Message du 06/06/05 18:11
> De : "Christian METTELET"
> A : val-du-thouet@wanadoo.fr
> Copie à :
> Objet : Rép. : Explications...
>
> BONSOIR,
> Message bien reçu, merci de ces explications complémentaires.
> Un véritable défi : CONVAINCRE que le développement durable n'est déjà
> plus un choix mais un devoir !
> Tout un programme...on en reparle quand vous voulez...Je pense que mon
> intervention qui a suivi votre " coup de gueule " a apaisée un peu les
> réactions de vos accusés qui auraient pu , entre nous , être
> violentes à votre encontre.
> Votre spontanéité m'est personnellement sympathique, tant elle humait
> bon le vrai, mais vous imaginez bien que vous prenez des risques énormes
> à "sortir" cela publiquement. Certes c'est votre probl��me ...et cela ne
> me regarde pas.
> Au plaisir d'une prochaine rencontre...
>
>
>
>


Bonjour M. METTELET

Vous conviendrez que face aux enjeux, ma réaction n'a même pas valeur 'd'épiphénomène'!
Sur la forme, humainement, votre sollicitude me touche beaucoup.
Et nous sommes donc bien d'accord sur le fond - "du choix au devoir" comme vous l'indiquez.
Cependant, à mon échelle, la prise de risque est toute relative, tant d'un point de vue professionnel que privé:
Actuellement contractuel au grade d'agent Technique (soit 1065 euros en net mensuel), à 50 Km de mon domicile (près St Maixent l'école), j'exerce mon activité professionnelle à perte, puisque mon budget familial sombre inéxorablement...
De plus,du propre aveu de M Coiffard, président de la communauté de communes, l'esprit communautaire et la réceptivité des élus locaux sont tellement absents, qu'une action locale concertée et significative n'a pas l'occasion de se développer hors des obligations légales, minimalistes.
Pire, les actions proposées dans le cadre du programme ressource sur le bassin versant du Cébron se heurtent à l'indiférence et même au mépris délibéré de certains maires concernés!
J'ai heureusement un dialogue franc et, de fait, une certaine connivence inattendue avec M. COIFFARD.
Car lui même se trouve confronté à un refus de structurer l'action intercommunale en formant des commissions par exemple! Les 'forces vives de Val du Thouet', à ce jour, c'est 2 chauffeurs d'engins, une secrétaire à temps partiel, un gardien de déchetterie et moi-Même.
Donc pas de direction - Un peu comme une cariole sans attelage! (la Chevallerie du Thouet n'est pourtant pas loin!)
La nuance, c'est que M COIFFARD s'en accomode. Moi pas.
Quand, comme moi, on perçoit l'urgence des remises en question nécessaires à l'échelle de l'humanité, que l'on conçoit l'action locale comme un levier pertinent pour une ré-évolution globale, quand de surcroit, au niveau individuel, on se retrouve englouti dans des difficultés personnelles et noyé dans l'inertie d'un contexte professionnel inopérant, on ne peut qu'être révolté.
Certes, d'ordinaire, la rancoeur et la colère ne sont pas constructif.
Sciemment, ma démarche a toujours été plus posée, plus concensuelle, plus discrète, et sans interférences ouverte entre vie personnelle et actions professionnelles (bien que je revendique le bien fondé d'une certaine cohérence).
Politiquement, par exemple, je ne suis pas 'encarté'.
Dans les circonstances décrites ci-avant, j'en arrive a une certaine provocation, et j'envisage l'hypothèse qu'elle soit quant même plus efficace face à une telle passivité, aux petits calculs individuels à court terme, la bétise et l'aveuglement de gens sensés porter une dynamique à la fois citoyenne et collective.
C'est le futur que nous produisons depuis quelques générations qui risque fort d'être d'une violence incommensurable, et qui n'est pas tolérable.
Non, je ne suis pas dans l'impatience naïve de la jeunesse.
J'ai simplement l'exigence d'un avenir plus 'souhaitable' pour mes enfants, pour tous les enfants, les forêts et les océans, pour la Terre...
Est-ce excessif!? Déplacé?
Alors, 'sortir cela publiquement', biensûr que cela vous regarde. Cela regarde tout le monde.
L'intitulé, préalable à vos propos, met l'accent sur le coté 'existentiel' du défi du 'Développement durable' qui doit tous nous réunir.
L'orsque qu'on a mal, on crie parfois. On peut encore espérer que ceux qui ne sentaient rien, à qui l'on casse les oreilles, s'interrogent sur les causes, plus que sur l'effet sur eux-même, et réagissent!
Il faut des actions bien plus vigoureuses pour changer la donne, vous le savez.
Si ce qui est parfaitement prévisible se réalise effectivement dans les decennies qui viennent, c'est la panique qui risque d'éclater à la moindre tempête hors norme, aux tensions internationnales grandissantes etc...,
L'anarchie, les drames et les conflits qui en découleront logiquement ne feront qu' aggraver le processus, l'accélerer et le rendre plus irrémédiable encore.
Je suis loin d'être résigné, et en tant que père je me l'interdit.
Par contre, jee crois vital de propager ce sentiment d'urgence, cet éventuel moteur d'actions suffisamment fortes et cohérentes. Par tous les moyens appropriés selon les contextes.
Ici, il semble ne pas y avoir d'autre manière de le faire...
Et une fois n'est pas coutume, que le citoyen moyen soit téléphage ce soir face à FR2, pour consommer, en guise de divertissement instructif, l'émission de DELARUE! S'il faut en passer par là.
Qu'il y est une suite.
Merci de votre écoute.

Bien cordialement, Sylvain.

Sylvain Houlier
Agent Environnement Intercommunal Val-du-Thouet
->Suivi du dispositif de collecte des déchets ménagers - Animation et communication tri-sélectif.
->Accompagnement fleurissement & paysage des communes
->Coordination & valorisation des itinéraires de randonnées

Communauté de Communes Val-du-Thouet
7 place du Mirage
79 600 Saint Loup/Lamairé

Tél 05 49 64 86 80 - Fax 05 49 64 87 70

Sylvain | 09 juin 2005 à 13h30
 
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Professeur universitaire

L'étude reste très interessante. Elle appuie fortement les théories et recherches confirmant le réchauffement de la planète. Nous fondons notre travail à la faculté des sciences de l'Université Chouaib Doukkali à El Jadida au Maroc (Laboratoire de Systématique, d'Ecologie végétale et de Télédétection) sur la recherche Bioindicateurs de réchauffement de la planète. Nous pensons bien que nous disposons actuellement d'un végétal fort indicateur et confirmant le réchauffement de la terre. Nous projetons de suivre son comportement.

TELLAL R. | 09 juin 2005 à 13h32
 
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Re:A petit bruit...

Bonjour,
J'ai lu attentivement tous ces messages et mes réactions sont les suivantes :
-il est certain qu'il y a une progression dans la prise de conscience : il me semble que les enfants sont beaucoup plus sensibles à l'environnement que nous l'étions à leur âge. De plus, les chaînes de télévision axent de plus en plus leurs programmes sur ce thème (cf Delarue), et même si ce n'est pas de grande qualité, c'est toujours de l'information ou du bourrage de crâne positif.
-malgré cela, la majorité de nos concitoyens se moquent éperdument du problème. Les personnes véritablement responsables et qui s'engagent restent minoritaires même si leur nombre augmente certainement.
-La sphère politique ne s'est pas encore approprié suffisamment le sujet de développement durable, d'environnement. Nos dirigeants sont pour beaucoup septiques et nous traitent encore d'extrêmistes de la nature. Ceux qui parlent de développement durable galvaudent ce terme, font du saupoudrage sans créer les conditions d'un changement profond. Exemple : je travaille dans le développement local et j'envoi des courriers (candidatures) à des collectivités pour leur expliquer quels bénéfices ils pourraient tirer d'une vraie politique de développement durable (ex : agenda 21 local). Ils me répondent quelque chose du genre "merci de l'intérêt que vous portez à notre collectivité, aucun poste ne correspond actuellement à votre profil, nous gardons votre CV au cas où, merci au revoir"... comme si je voullais y être secrétaire !
-Ma conclusion : il faut un changement profond rapide, choquant pour certains, à l'échelle du globe. Ca passe peut-être par le niveau local, mais cela doit venir de nos régions, de l'Etat et de l'Europe avant tout. Voter peut être une arme redoutable. S'engager dans des associations pour communiquer sur les enjeux des années à venir et être un bon citoyen sont des éléments primordiaux, mais pas suffisants. Il est peut-être temps de ne plus faire confiance à ceux qui utilisent le mot "développement durable" comme un moyen de se faire élir.

Pour ma part, je suis encore bien mou, mais je cherche véritablement comment agir. Si vous avez des idées pour me secouer, je suis preneur.

Jean-Bat numéro 7 | 09 juin 2005 à 17h18
 
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Re:Professeur universitaire

Ça, c'est intéressant!
Quel est ce végétal bioindicateur (s'il est possible de donner son nom)?

mel | 09 juin 2005 à 18h18
 
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Réponse aux messages précedents

Bonjour à tous .
J'ai lu avec intérêt tous vos messages.
J'ai 58 ans et commence à utiliser internet oû je découvre que beaucoup de nos concitoyens se sentent concernés par le changement climatique , j'en parle également autour de moi , il semble qu'une prise de conscience du phénomène soit en train de naître .
Toutefois , le manque de moyens financiers semble bloquer les actions que l'on pourrait mettre en place individuellement.
J'avais en son temps (il y a bien longtemps )écrit à Monsieur Michel Rocard,alors premier ministre, à propos de la disparition de la couche d'ozone .
Une réponse m'a été envoyée(attention je ne dis pas que mon courrier a suffit à provoquer une réaction ) m'assurant que le gouvernement mettrait en place la politique nécessaire pour contrer ce phénomène,on a effectivement arrêté la fabrication des aérosols propulsé par des CFC ,ceci au niveau international . Il ya donc eu une prise de conscience internationale .
Je ne désespère donc pas de nos décideurs , mais il sera difficile de changer de cap , car c'est un changement complet de notre mode de vie qu'il faut envisager , alors.................. comme on dit l'espoir fait vivre.
Je fais de mon côté le maximum pour éviter de contribuer à la pollution générale ( chauffage à 20 degrés maxi,pas de bains ,chasse d'eau avec 2 vidanges ,j'utilise plus souvent mon vélo,etc).
Comme j'ai de la famille âgée à Bordeaux et que je vis en Essonne, je ne prend plus la voiture pour y aller mais le train , ce qui n'est pas toujours le plus pratique . J'envisage d'installer un chauffe-eau solaire .
Bref , j'essaie à mon petit niveau de diminuer mon emprise sur l'environnement .
Si chacun d'entre nous fait quelques gestes simples , ce sera déjà une avancée positive.

Anonyme | 19 octobre 2006 à 12h27
 
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Re:Professeur universitaire

bonjour!
sommes association civile et oeuvrons dans le cadre de la lutte contre le réchauffements de la planète et la changements climatiques par le moyen du reboisement de grands espaces tel le Sahara ne faisant créer les puits de carbone
sommes intéressé par les connaissances ou existance de végétaux à même d'être utilisés dans cette perspective
remrciements
écrire à reboiserlesahara@yahoo.fr

daoud membre association | 19 octobre 2006 à 13h53
 
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Re:Re:A petit bruit...

Bonjour!
si vous êtes preneur d'indée pour le développement durable dans le cadre de la protection de la nature et la lutte contre le réchauffement de la planète et ses cinséquences sur les changements climatiques vous propose de sugger le reboisement à grande echelle et pourquoi pas le Sahara dont la nature le situe au Sud de l'Europe qui également commence à souffrir des affres du dérèglment climatique (il n'y a pas eu de sport d'hiver)

daoud | 11 janvier 2007 à 13h35
 
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