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Actu-Environnement

Incendie d'un site Seveso II à Béziers: la pénurie d'information aux riverains soulève des interrogations

Classée Seveso II, une usine de produits phytosanitaires à Béziers a été sinistrée le 27 juin par un incendie dont les circonstances sont encore indéterminées. C'est certainement l'absence d'information de la population qui reste la plus frappante.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Un incendie s'est déclaré vers 3h du matin le 27 juin dans les entrepôts de fabrication et de stockage de produits phytosanitaires de l'usine SBM Formulation spécialisée dans la formulation et le conditionnement de produits destinés à la protection des cultures (insecticides, fongicides, traitement des semences) sous forme de poudres, liquides et granulés. Le feu engendrant une épaisse fumée noire a finalement été maîtrisé vers 9h par une centaine de pompiers épaulés par les unités chimiques de l'Hérault et des Bouches-du-Rhône. Même si la ville assure que les eaux ayant servi à l'extinction du feu ont été récupérées par une entreprise spécialisée, les habitants de la ville de Béziers se sont réveillés sous un ciel obscurci en respirant de l'air caractérisé par une forte odeur de soufre. Par mesure de précaution, un périmètre de sécurité de 400 mètres a été mis en place, et les riverains de l'usine ont été invités à rester chez eux, fenêtres closes.
Une reconnaissance aérienne a été organisée et des prélèvements d'air ont été effectués. Selon les premiers relevés, ce nuage ne comportait pas de taux de toxicité élevé, mais des prélèvements d'air vont être régulièrement, précise Emmanuel Noirot, directeur de la communication de la ville de Béziers. Les émanations ont en effet été diluées par le vent d'Est et ressenties jusque dans le département voisin de l'Aude.

Alors que le 11 avril dernier, une explosion suivie d'un début d'incendie s'était produite dans un dépoussiéreur d'un atelier voisin de production de granulés anti-limaces, cet incendie pourrait bien condamner toute reprise de l'activité de cette usine.

Comme on peut s'y attendre lors de tels événements, des voies commencent à se faire entendre pour dénoncer la présence de sites industriels dangereux en zone urbaine dense. D'autant que le manque d'information de la population semble confirmé dans le cas de l'incendie de Béziers. Outre le fait que l'usine était en pleine finalisation de l'étude de danger qui la concernait, la population semblait pour le moins mal informée des mesures à adopter. Pourtant selon la classification Seveso II du centre agro-chimique aurait dû réglementairement être accompagné d'une démarche d'information et de sensibilisation du public en amont. Dans les faits outre de vagues recommandations, diffusées notamment par la radio locale, incitant les riverains à rester chez eux fenêtres fermées et les enfants à ne pas se rendre à l'école, le manque d'information fût flagrant. Les standards téléphoniques de la mairie et des pompiers furent pris d'assaut et les représentant locaux des Verts estiment aujourd'hui que les informations tardent encore à venir. Rien n'a par encore été rendu public concernant la nature des produits de la combustion par exemple.

Cet accident rappelle somme toute, les limites des démarches préventives ou correctives de sécurité autour des sites industriels à risques : une information précise en amont crée à coup sûr une levée de bouclier et un refus d'installation des riverains, alors que la totale transparence de l'information post-accidentelle est en mesure d'engendrer un mouvement de panique. Une équation difficile à résoudre et dont la seule issue possible semble être l'exclusion de sites dangereux des zones densément peuplées tout en conservant des règles de prévention et de sécurité strictes pour que les milieux naturels et ruraux ne soient finalement pas surexposés aux risques de pollution accidentelle.

Réactions18 réactions à cet article

 
Que peut-on y faire ?

Bravo pour la précision et la qualité de votre article et de vos informations. En tant que citoyen de base comment peut-on faire pour s'opposer à ce type de pratiques de désinformation et pousser les pouvoirs publics à plus de transparence, de prévention et surtout à faire respecter la réglementation existante à travers le rôle des DRIRE ? Pourquoi les maitient-on dans cet état de faiblesse et d'inaction ?

Merci pour toute réponse utile.

anthea | 06 juillet 2005 à 11h22
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Bonjour,

Il n'est pas justifé de dire que la DRIRE est en deça de tout. Elle fait son travail en amont et en aval. En amont, il est nécessaire de conséder une certaine souplesse, sans quoi, cela finirait par bloquer toute activité industrielle.

Il y a donc un juste équilibre à trouver, mais très délicat.

Bien cordialement

David Ascher

Ascher David | 06 juillet 2005 à 20h25
 
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Précisions...

Les DRIRE, certes et fort heureusement "font leur travail", mais aucune de contredira le fait qu'elle manque terriblement de moyens !
Manques de personnels et donc d'inspecteurs pour contrôler, vérifier, accompagner et manque de poids voire de pouvoir pour ne serait-ce que faire appliquer les procès verbaux dressés...Malheureusement ! Et à ce sujet les chiffres parlent d'eux-mêmes...(chercher l'info...)


"Il y a donc un juste équilibre à trouver, mais très délicat. "...un début d'équilibre pourrait passer par enfin, en France, se donner les moyens des enjeux, et surout d'enfin donner suite aux paroles...Que les actes suivent les discours et les fameuses "prises de conscience"...Et après la souplesse découlera d'elle même de procédures de bon sens, cohérentes et visant à protéger les citoyens et l'environnement!

Alors un équilibre délicat certes, mais à nouveau le bon sens et la transparence apporteraient déjà un morceau de solution...
Non?

Anonyme | 07 juillet 2005 à 13h03
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Tu as tout à fait raison "Anonyme" !!!
: Si mes souvenirs sont exact, ils sont 10 dans toute la France à se répartir le travail !!!!

GauT | 07 juillet 2005 à 18h24
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Pour résoudre le problème des effectifs en DRIRE, après Toulouse, un recrutement fut organisé et cette fois-ci pour travailler en DRIRE, il n'était plus impératif de sortir de l'Ecole des Mines. Pour une raison obscure, seul les ingénieurs des Mines étaient à même de traiter des dossiers d'autorisation des activités à caractère polluant. Ils n'ont pourtant que quelques mois de spécialisation contre plusieurs années pour les universitaires.

Mais plutôt que de s'arquebouter sur l'inspection, pourquoi ne s'interroge-t-on pas sur les raisons qui font que l'industriel a plus d'intérêt à contourner les réglements plutôt que de les appliquer?

Autre question : pourquoi est-ce si dangereux pour l'industrie (mais aussi les administrations) d'informer la population sur les risques ? de l'éduquer à l'environnement?

Il est parfaitement possible que la population riveraine d'un site SEVESO informée du risque qu'elle encoure ne décide pas de faire fermer le site : elle est capable d'en accepter le risque si l'industriel fait la démarche d'être en contact avec elle.

Xéno | 08 juillet 2005 à 10h20
 
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...et le serpent se mord la queue...

Bien sûr chacun et chacune d'entre nous doit exercer son droit à l'information, et quand cela est possible (!) son devoir de participation.
Bien sûr il ne faut pas "cracher" aveuglement sur l'industrie....qui est composée d'industriels, au sein desquels il est clair que des personnes irresponsables et meurtrières parfois continuent à se trouver à l'abri...

Mais comment garantir, du moins inciter fortement au respect des réglementations, du bon sens et de l'Homme et son environnement sans les pouvoirs publics....en l'occurence les inspecteurs qui sont les mieux à même de contrôler ce qui se passe au sein d'une usine....?!
Notamment parce qu'il faut malheureusement être bien conscients que la parole des individus comme des associations fait doucement rigoler, si jamais elle est entendue....D'autres modèles d'organisations sociales en Europe nons montrent bien qu'en France UN ENORME TRAVAIL reste à faire pour aller enfin dans le sens d'une démocratie réellement participative...

En tout état de cause, bien qu'il faillle absolulment en tant qu'individu maintenir une certaine pression citoyenne, être attentif et investi, il reste légitime de continuer à exiger plus de contrôle et de transparence de la part du monde indutriel, particulièrement lorsqu'il s'agit de SEVESO!!!

Car notamment sous couvert de secret indutriel, d'évitement de toute panique, de fausse interprétation ou de fuite, les citoyens que nous sommes ne sont pas les bienvenus dans le monde de la concertation!...Mais de quoi parlez-vous...concertation? Kezako!???

Anonyme | 08 juillet 2005 à 10h57
 
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Re:Que peut-on y faire ?

bonjour à tous...

ouh laaa...ça s'emballe...

vos réactions sont trés intéressantes et complètent bien les préoccupations soulevées par cet article et par d'autres (nombreux) exemples en France et en Europe de manière générale. il faut tout de même préciser que tous les industriels ne sont pas pourris et que des efforts d'information et de partenariats sont faits au sein de structures tels que les spppi, le Cypres, ect...et que des industries sont parfois même tres actives dans le domaine (voir sur l'étang de berre à fos).

il est clair que les DRIRE ont des soucis dans leurs formations, et la multitude de responsabilités qui les incombent... le soucis vient également qu'ils ont besoin de plus de formations "techniques"..Mais qui ???quels sont les experts capables de former nos drire à l'heure actuelle??? il faut savoir que les experts en charge des études de danger et les inspecteurs se forment la plupart du temps trop rapidement et sur le tas....il y a tellemebnt de situations à risques diverses et uniques....et quelles son les méthodes d'évaluation des risques les plus fiables...certaines simulations et certains périmètres sont totalement différents....et on bien vu à Toulouse que tous les scénarios ne peuvent pas être envisagés...car il y en a tellement !!

et les epxerts n'ont pas que la pression des industriels à gérer.....

vous oublez les élus....ils ne sont pas si innoncents.....ils ont de lourdes repsonsabilités mais ne veulent pas non plus toujours admettre les périmètres définis dans les études de danger..car c une perte d'argent considérable pour le développement économique et urbain de la ville...et on arrive à une situation similaire à celle de Toulouse, avec des constructions dans des zones à l'intérieur des pérmiètres Z1, Z2 et PPI.....

quant à l'information et la concertation....oui les citoyens sont capables de participer et de se responsabiliser...mais TOUS ne le veulent pas....car ils ne réalisent pas le risque qu'ils courrent alors que cela fait 50 ans qu'ils vivent sans pb à proximité d'une industrie.....et je sais de quoi je parle..je vsi dans une zone PPI...et je dois êtr eune des seules à me soucier vraiement des consignes de sécurité et des brochures d'info que l'on reçoit régulièrement...

quoiqu'il en soit, les débats sont nombreux et les solutions complexes. il faut des compromis masi il faut avant tout savoir ce que l'on veut !!! on sait que le risque zéro n'existe pas....alors veut on des zone surbaines totalement évacuées et desertifiées pour un risque minime..?? veut on des indurstriels qui délocalisent car la loi et les consignes de sécurité sont trop contraignantes??? un compromis est nécessaire...

et il faut quand même préciser aussi que la société française est particulièrmeent revendicatrice, assistée et peu "active"...

Mais la nouvelle loi de juillet 2003 sur la concertation (les CLIC notamment) et les PPRT est censée amener un peu de clarté dans tout ça...c pas gagné car tous le sdécrets ne sont pas encore sortis...Mais on est je pense sur la bonne voie en France...en tous cas moi j'y crois....encore une fois c la loi qui va faire bouger les choses ....à suivre

audrey

audrey | 08 juillet 2005 à 16h37
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Bonjour à tous et bravo pour vos remarques.
Cependant il me semble qu'un certain nombre de points ont été oubliés dans vos diverses participations.
Bien souvent si les industries sont implantées en milieux urbain, ce n'est pas elles qui sont venues, mais c'est de la faute des maires qui ont signé des permis de construire autour des sites industriels, en occultant les risques existants, car je vous rappelle que pour qu'un industriel implante une unité de production, d'autant plus sur un site classé "SEVESO II", il doit déposé une étude d'impact, de danger, une demande d'exploitation auprés des autorités représentantes de l'état, la mises en place de mesures préventives interne au site et la formation des salariés.
Ensuite en ce qui concerne l'information des populations, encore une fois, obligation est faite aux maires des communes concernées par un périmétre de sécurité d'une société classée, d'établir un DICRIM (Document d'Information Communale des Risques Majeur) dans lequel doit figurer les risques encourus sur la commune, les mesures préventives prises par la commune, les consignes de sécurité à observer par tout citoyen face à chaque risque identifié (en ce qui concerne l'article c'est bien sur le risque industriel) et l'ensemble de ce document doit être diffusé à la population de la dite commune.
Dans votre article, il semble que ce document soit bien mal connu de la population y compris de la municipalité (élu vert !!!) voir inexistant ce qui m'étonnerai fortement.
Voila encore quelques pistes de travail, mais encore, attention de ne pas tirer uniquement sur les industriels, des lois Européennes et Françaises existent, elles sont terriblement contraignantes pour les industriels et tant mieux.
Coup de chapeaux aux DRIRE qui font terriblement bien leur travail et à l'ensemble du personnel de tous sites classés "SEVESO II" car pour eux le risque zéro n'existe.
C'est une culture du risque qu'il faut apprendre en France, à l'exemple des japonnais face au risque sismique.

Patrick | 08 juillet 2005 à 21h28
 
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Waou, tou n'est pas vrai la dedans !!

Bonjour
je suis au regret de constater que ceratines informations contenues dans vos réctions sont fausses, même si ce n'est pas la majorité....

En tant que profesionnel de l'Environnement et des Risques Industriels, je ne peux pas laisser dire qu'on ne compte en France que 10 inspecteurs de la DRIRE !!! pour des miliers d'industries ???
ils sont environ une dizaine par département et leur nombre (bien que trop faible) est fonction du nombre d'industries du départements.

c'est vrai qu'ils sont trop peu nombreux et manquent souvent de temps et de moyens.....

c'est vrai aussi que la loi concernant les ICPE n'est pas toujours appliquée à la lettre ..... et heureusement car devant la complexité et les nombreuses exigences de cette réglementation ........une grosse partie des sites classées ICPE en France tomberait sous le coup d'une fermeture administrative pour non-conformité réglementaire...........qui signifie chômage pour tout le monde !!!

or les inspecteurs DRIRE sont sous l'autorité du préfet qui compose en permanence entre ces deux objectifs :
-protection des populations
-préservation des emplois

voilà il me semblait bon de rappeler que même si les DRIRE font des boulettes (comme tout le monde), il ne faut pas pour autant faire peser sur eux toute la responsabilité des risques industriels qui sont une contrepartie au développement économique du pays ...

Pignon | 13 juillet 2005 à 14h03
 
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Certes tout n'est pas exact...MAIS :

Je pense que le nombre exact d'inspecteurs par exemple n'est pas une variable fondamentale ici...notamment dans la mesure où tous semblent d'accord sur le fait qu'il en manque....
Or s'il n'est bien sûr pas question de mettre tous les problèmes ni sur le seul dos des industriels ni sur celui des DRIRE, il n'en reste pas moins vrai qu'un effort de l'Etat, pour accroître ce nombre reste possible et important....voire capital pour les années à venir (par exemple parce que de + en + de monde vivent et vont vivre dans les grandes zones urbaines…)

Ils font ce qu'ils peuvent dites vous....encore heureux et malheureusement cela ne suffit pas....(Toulouse, Béziers pour ne citer que les évènements les plus connus et médiatisés...)

Mais en tout cas, dans cette discussion, le chantage à l'emploi et j'assume ce terme car c'est bien de ce genre d'argument dont il s'agit et qui à mon grand dame freine toute politique environnementale digne de ce nom...Cet argument ne marche pas et ne devrait plus être autant utilisé!!! Et les nouveaux emplois ? Et la recherche ? Et les nouveaux inspecteurs ? Et les bio-industries...Bref, c'est un autre sujet mais ce chantage à l'emploi est odieux!

Un dernier mot sur les DRIRE, je lis dans la dernière intervention du "professionnel de l'environnement "(entre nous, beaucoup sur ce site le sont sans pour autant sortir leur drapeau pour dire "J'ai la vérité"....enfin, passons Pignon !) :
Il est mentionné que les inspecteurs DRIRE sont sous l'autorité du préfet qui compose en
permanence entre ces deux objectifs :
-protection des populations
-préservation des emplois

ET LA PRESERVATION DE L'ENVIRONNEMENT DANS TOUT CA ????? !!!??? Oups....
Il est vrai que dans « DRIRE », il n'y a pas le mot environnement, mais que penser alors des fusions entre DRIRE et DIREN qui elles sont censées être en charge de l'environnement (PACA, Corse, Haute Normandie, Aquitaine…informez vous....).
Bonne réflexion à tous, du moins je l'espère .....

ET décidément, Merci actu-environnement de permettre par ces échanges de lutter toujours et encore contre...la pensée unique et les idées reçues!!

Anonyme | 13 juillet 2005 à 17h42
 
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intéressant ce forum

un dernier message pour répondre à "anonyme qui répond à pignon"

je ne voulais pas prendre le ton de celui qui détient forcémment la vérité et à vrai dire je n'avais pas lu tout les messages ....................seulement les trois premiers, et je n'avais pas l'impression que le sujet des ICPE / SEVESO était bien maitrisé

je vois qu'en revanche d'autres interlocuteurs élèvent la réflexion plus haut que ce que je ne l'ai fait ........merci pour ça ! (oui c'est de vous que je parle "anonyme qui répond à pignon")

et c'est vrai que j'ai tu l'aspect Protection environnementale du travail des DRIRE.
A ce sujet je pense que la systématisation des fusions DRIRE DIREN peut être une bonne chose............je ne sais pas dans quelle condition elle sont réalisées mais ce que je sais c'est que protéger l'Environnement c'est indirectement protéger l'Homme (à+ ou - long terme) et que ce rapprochement ne m'en semble donc que plus logique.

Autre aspect qu'on peut évoquer, la complexité, le chevauchement et la prolifération des réglementations (ICPE, Déchets, Loi sur l'eau etc....)
Etant à cheval sur les 2 aspects Environnement et risques industriels je fait partie de ceux qui pensent qu'une refonte de certaines des ces réglementations entre elles pourrait simplifier leur mise en oeuvre........................
On n'a pas idée du nombre de sites industriels qui bien que soumis à ces différentes réglementations n'ont jamais entrepris de démarche dans le sens de la loi !!! alors à quoi multiplier les textes ?

Et je suis moi aussi désolé que le chantage à l'emploi se pratique encore ci souvent mais malheureusement dans ce cas ci ce n'est ni une excuse ni un mythe et je comprend parfaitement qu'un préfet puisse rechinier à mettre à la porte quelques dizaines voire centaines de personnes parceque la réglementation ICPE (par ex)n'est pas appliquée à la perfection

En éspérant

pignon ! | 13 juillet 2005 à 21h27
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Fusion DRIRE et DIREN?
La protection de l'environnement assurera la qualité de vie des population... je suis partisante mais il faudra en convaincre plus d'un!

Quid du ministère de la santé?

Et pourquoi pas fusionner DRASS - DIREN et DRIRE?
Les DDASS doivent déjà se prononcer sur les dossier ICPE soumis à autorisation pour s'assurer que l'ICPE n'engendrera pas de risque pour la santé des populations riveraines...
Et si les industriels n'ont qu'une vague idée des multiples facettes de l'environnement, ils ignorent qu'il leur est nécessaire de s'intéresser à leur impact sur la santé des riverains. Il faudrait déjà que bon nombre s'intéressent à la santé de leur propres employés (et voilà un autre joueur : le ministère du travail!).

Etrange que protéger l'être le plus proche du chef d'entreprise (homo sapiens) n'ait été pris en compte que tardivement.
Peut-être que la baisse de la fertilité à inquiéter les machines à produire que sont nos industriels : plus de main d'oeuvre, plus de consommateurs donc plus de production (Matrix quand tu nous inspires).

Quant au chantage à l'emploi, et si tous ces employés bossaient dans les industries vertes plutôt que dans ce qui fait le cancer de notre société : l'industrie du pétrole et du jetable.
Mais j'utopise un peu trop.

Vraiment plaisante cette discussion.

Xeno | 13 juillet 2005 à 22h08
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Très bonne observation qui consiste à rencontrer nombre d'acteurs dans un site de production que l'on appelait "usine" dans d'autre temps.
Et dans les sites de production il y a également des "travailleurs", ceux du statut de l'entreprise, les sous-traités, les temporaires...
C'est intéressant de considérer qu'ils sont, "les travailleurs" et pas que le directeur du site, certainement les premiers concernés dans l'exposition aux risques et dont le Code du travail rappelle les oblgations de l'entreprise; habilitation médicale, formation...droit d'expression des travailleurs, CHS-CT, CE, DP. Cela commence à faire du "monde" concerné par l' activité industrielle de tel ou tel site. Ajouter à cela les consommateurs ou usagers du produit et ne les oublions surtout pas l'actionnaire, l'assureur...bref un monde qui constitue déjà un peu la société.
La société peut-elle peser pour garantir notre confort et limiter les risques?
Lui a- t-on demandé son avis comme pour le TOUT NUCLEAIRE en France, aberrant et plus que dangereux puisque condamné à devoir gérer, à des coûts exorbitants, ses déchets et les risques induits?
Peut-on poser la question et la soumettre au choix de la société concernant l'utilité sociale du produit, son bilan écologique global ?
Et pour en revenir au sujet de Béziers et ICPE est-ce plus d'inspecteurs que de formation-qualification de TOUS les travailleurs qu'il s'agirait de cibler dans un pays respectueux des règles?
Mais ici, l'on touche au problème politique majeur pour notre pays, pris dans les griffes des grands corps d'Etat, qui détiennent le vrai pouvoir et les budgets. Et quand on observe les carences relevées par Bruxelles, en matière de non respect de la règlementation environnementale dont ICPE/rejets qui classe la France au 1er rang des 15, qu'elle ne cesse de subir les condamnations de la Cour européenne de Justice et dont il n'est que de constater les dégâts écologiques et de santé. On peut apprécier le résultat de l'ELITE aux commandes de notre pays et je ne m'étalerai pas sur l'exemplarité qui devrait venir d'en haut.
Dans les fumées de Bézier, quasiment innocente selon le communiqué trop classique du préfet, il y a un peu de toutes nos (in)suffisances mais avec toujours les mêmes victimes l'environnement, la santé, la moralité.
Je crois, malgré ce, aux vertus de la démocratie, mais avec un vrai pouvoir de décision au plus près des citoyens concernés et avisés.

michel | 15 juillet 2005 à 11h59
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Bonjour,

Prof. de santé à Béziers et à environ 700m du site de l'incendie, j'ai constate, et mes confrères également, un certain nombre de pathologies en rapport avec l'inhalation de ce qui semble être la composante principale des produits d'ignition : SO2. C'est à dire : Conjonctivites, Toux et trachéobronchites, vertiges, nausées et brulures oesophagiennes.
Le matin du sinistre, aucun professionnel de santé de la zone n'a été alerté, à tel point que j'ai fait une visite à domicile à 7h50 à environ 500m chez une vieille dame pour un Pb respiratoire... Ma visite aux Urgences de l'hôpital ( voisin du site) en quête de renseignements a été quasi nulle. La seule information disponible sera celle fournie par le Maire à la TV vers 12-13h : "tout va bien , il n' y aucun risque".
Cela me semble un peu court comme renseignements concernant un site classé Seveso AS donc site très dangereux.
Plutôt que d'ergoter sur les responsabilités des uns et des autres, il me semble qu'une cellule de gestion de crise pourrait être mise en place, ce d'autant plus qu'il existe une autre usine classée Seveso à Béziers ( Gazechim, production de Chlore) : Elus et service de santé publique de l' agglomération, préfet ou sous-préfet, DRIRE, Exploitants des sites Seveso, Pompiers, Direction Hospitalière + Médecin spécialiste gestion des risques ( un anesthesiste réanimateur a été formé à Centrale Paris) + Chef de service SAU (Urgences) , représentants des riverains, représentants des professions de santé...Mais il y a -t-il une vraie volonté de prévention des risques à Béziers ??

MG Béziers | 16 juillet 2005 à 17h35
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Je vous transmet ce que j'ai reçu par mail :

Le 27 juin 2005, en pleine nuit, l'usine classée SEVESO SBM Formulation (du groupe Union Carbide) de Beziers prennait feu. Selon les médias officiels, le feu a été maitrisé vers 8 heures du matin; peu de produits ont été vaporisés dans l'atmosphère et le nuage âcre, aucunement toxique, s'est rapidement dilué en partant vers l'est (d'abord Beziers, puis Narbonne et jusqu'à Carcassonne).

C'est la version officielle qui a circulé, un peu, dans les médias, notamment dans le journal régional (le Midi-Libre).

L'histoire a été très vite enterrée, oubliée; tant mieux pour une région qui attend impatiemment les touristes avides de ses plages.

Pourtant, l'information mérite d'être creusée.



Commençons donc par le début : nous savons que cette usine contenait près de 2000 tonnes de fongicides, d'insecticides et autre produits chimiques. Seule une infime partie a été, selon les officiels, vaporisée dans l'atmosphère. Pourtant, ce même rapport officiel stipule que les 5000m² du bâtiment sont partis en fumée. Il ne reste plus rien de l'usine, pas même les murs. A moins que les pompiers n'aient évacué à la hate dans la matinée 1000 tonnes de produits toxiques, soit près de 2000 tonnes, en réalité tout le stock a disparu dans les airs.

Mieux que cela : le feu a été maitrisé officiellement vers 8 heures. Pourtant, vers 11h50, une explosion s'est produite dans les restes de l'usine. La déflagration, qui s'est donc produite presque 4 heures après l'extinction officielle de l'incendie, a été entendue dans tout l'ouest du département de l'Hérault, ainsi que dans l'est de l'Aude. Des gens de Gabian, de Fos, de Laurens, de Faugères, de Cabrerolles ou de Caussiniojouls, villages distant de 30 km du site, ont été surpris par un bruit sourd, violent, comme si "un avion avait franchi le mur du son". Dans certains quartiers de Beziers (les plus proches de la zone), certaines vitres n'ont pas résisté.
Certaines rumeurs, que je n'ai pu vérifier, font état de la présence de pompiers sur le site lors de l'explosion.

Le jour de l'explosion, les habitants proches de l'usine ont recu comme consigne de se calfeutrer chez eux malgré aucune preuve de toxicité. Pourtant, nombre d'entre eux se sont plaints de brûlures dans la bouche et de difficultés à se déplacer.
Concernant la composition des produits qui sont partis dans l'atmosphère, la companie propriétaire de l'usine, Union Carbide, a refusé de communiquer cette information sous couvert de secret commercial.
Cependant, cette usine fabriquait les mêmes produits qu'une autre usine du même groupe, l'usine de Bhopal (Inde). Cette usine, qui a explosé en 1984, aurait fait jusqu'à 30000 morts et 500000 blessés.
Rappel de Bhopal : http://www.novethic.fr/novethic/site/dossier/index.jsp?id=6557
Le 27 juin, c'est plus de 100000 personnes qui se trouvaient dans un rayon de 10km autour de l'usine.

De plus, l'usine, appelée SBM Formulation, n'apparait pas sur la liste officielle des usines classées SEVESO de Beziers :
http://environnement.34500.free.fr/74pol-industrielles.html

Le nuage officiellement non toxique a été, au gré de petites brises marines au sol (venant de l'est), été poussé vers les terres en direction de Narbonne et Carcassonne. Si l'on observe l'analyse météorologique du 28 à minuit, soit 12 heures après l'explosion, on remarque la présence d'une depression vers le golfe de Gascogne :
http://www.wetterzentrale.de/archive/ra/2005/Rrea00120050628.gif
Ce type de situation provoque effectivement au sol des brises d'est (marines) sur le Biterrois, mais en altitude un flux variant SO à NO : dès que les résidus remontaient en altitude, ils étaient repoussés vers l'ouest, soit au dessus des plages. Ainsi on peut considerer que toutes les stations balnéaires, entre Narbonne-Plage et Sete, ont été survolées par les résidus. Cette depression a en plus permis le passage d'une petite bande pluvieuse qui a traversé tout le département de l'Hérault d'ouest en est, bande pluvieuse qui a donné des gouttes sales et boueuses sur les jardins, les vignes, les champs. Ces pluies sales ont également touché l'agglomération Montpelliéraine.

En cas de probléme dans un site classé SEVESO 2 (c'est à dire représentant des risques majeurs pour la population), la population est alertée par une sirène au son modulé (montant et descendant), à raison de 3 fois par minute. Dans le cas de Beziers, les riverains ont été "invités" à fermer leur fenêtres, les ouvriers à ne pas se rendre à leur travail et les enfants à ne pas aller en récréaction. Les agents qui étaient chargés de réguler la circulation autour du périmètre de sécurité n'avaient aucune protection respiratoire, et souffraient de fortes quintes de toux et de brûlures sur la langue et dans la gorge.


Si cette explosion a été vite enterée par les médias, l'usine a continué de fumer pendant au moins 4 jours, ces fumées étaient visibles depuis les collines au nord de la ville. Si aujourd'hui tout est revenu à la normale, c'est aujourd'hui une bombe écologique et sanitaire à retardement qui plane dans l'air Languedocien.

Info de dernières minutes :

Officiellement si l'usine s'est embrasée vers 3h du matin, le feu a en réalité commencé, selon plusieurs témoins, la veille vers 19h.
_ Selon certaines sources, il n'y avait pas 1000 tonnes de produits mais 2000 (invérifiable).
_ Le vendredi 1er juillet, le prefet a été remplacé par un autre prefet venant d'Alsace, Michel Thénault.
_ Des personnels d'intervention (pompiers, police), dont il convient de saluer la bravoure et le courage, ont reconnu avoir recu des consignes de silence de leur hiérarchie.
_ Dans le seul reportage télévisé sur l'accident (diffusé sur France 3 le matin), les pompiers interviewés ne portaient aucun masque pour respirer. Pourtant tous les personnels qui étaient sur le site dès l'après midi portaient des équipements spéciaux.
_ La préfecture de l'Hérault a diffusé, par l'intermédiaire de la DRIRE (et donc non directement) le non d'un des gaz qui s'est echappé : du disulfure de carbone. Cependant, il s'avère que ce n'est pas un gaz mais un liquide qui s'enflamme à 100°, produisant alors du sulfure de carbonyle et du sulfure d'hydrogène. Il est évident vu la violence de l'incendie que tous les stocks de disulfure de carbone ont brulé.
_ Selon les associations, voici une autre liste de produits suspectés d'avoir été vaporisés :
- oxydes d'azote (NOx)
- dioxyde de soufre (SO2)
- hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
- dioxine (HAPC)
- chloropicrine (CP)
_ Les analyses d'air diffusées dans les médias ont été effectuées par la société Air-LR, société qui selon la CLAPE-Languedoc Roussillon, n'est ni équipée ni homologuée pour mesurer ce type de produits. Mieux encore : aucun relevé officiel n'a été effectué sur la présence de dioxines : si des cas de stérilités, cancers, malformations (résultat de la présence de ces produits) ou autres se produisent, la société industrielle pourra prétendre qu'elle n'est pas responsable car les produits soit-disant responsables de ces symptomes n'auront jamais existé.


Pour finir, quelques conseils :

- Les citernes d'eau de pluie doivent être déconnectées rapidement dès que l'on a connaissance de l'événement et après il vaut mieux faire une analyse d'eau potable.
- Boire quotidiennement du thé au champignon komboucha. En urgence, il y en a du tout prêt dans les magasins bio. Le champignon se recrée en permanence à vie et reste divisible pour vos amis. Le champignon de départ est en vente dans certaines boutiques, par internet ou par correspondance.
- Laver abondamment tous fruits et légumes provenant de la région (quid des fruits exportés et revendus sans précautions ?). Préférer consommer des produits de l'extérieur, quoique ce ne soit pas vraiment une garantie.
- Il serait inutilement coûteux de pratiquer des analyses de sang. Par contre, il faudrait que le corps médical et tous les médecins de Béziers et environs, ainsi que de toutes les régions parcourues par le nuage (Toulouse), pratiquent une veille épidémiologique, à condition de savoir bien évidemment quels sont les symptômes liés aux produits émis. Il est donc urgent de connaître la vérité sur l'ensemble des produits émis. C'est impossible qu'il n'y ait que du SO2.
- D'après le médecin de la DDASS et les médecins de l'AMIES, les poussières fines sont en quantité trop importante, donc il convient spécialement de surveiller la toux et la peau et de consulter son médecin dès une première alerte ou d'aller vers le service d'urgence de l'hopitâl de Béziers.

OniB | 24 juillet 2005 à 15h56
 
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Re:Que peut-on y faire ?

Pour la petite info, l'usine dégage encore de fortes odeurs (01/10/2005). Pour rappel, aucune évacuation même au sein du périmètre de sécurité n'a été ordonnée par les pouvoirs publics le jour de l'incendie ; seul des consignes de sécurité préconisaient la sagesse. Ou en est-on du principe de précaution ?? Mais rassurons-nous, les pouvoirs publics nous affirmaient quelques heures après le sinsitre que ce n'était pas toxique. Il faudrait presque sous entendre que c'est bénéfique pour la santé; Alors pourquoi effectuer de nouvelles analyses à l'heure actuelle, puisque le jour J des certitudes sur la non-danguerosité ont été communiqué. RESPIRONS A PLEIN POUMONS ET NOUS POURRONS EN BENEFICER DANS QUELQUES ANNEES !!!

cmoi | 01 octobre 2005 à 18h28
 
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il faut se pauser des questions

boujours,
il faudrais s'avoir quelle produits qui on reelement bruler et si on connaisser tout les nom de c'est produits on serais a quoi sens tenir parce-que moi j'ais travailler a la vigne et des fois certain produits est a basse de cyarnure et j'en passe de meilleur il faut se reveiler maintenant car certain produits melange sont tres actif .
encore une chose quand on vas mettre c'est produits sur la vigne il porter une combinaison special un masque avec des cartouches utilisable une fois .il faut des a present que se reveil pour s'avoir sinon sa seras peut etre trop tard. donner moi vos idee pour pourvoir avoir acces a la liste de c'est produits tres dangeures merci a tous.

bosseman | 13 mars 2006 à 23h10
 
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Avez-vous pensé à la protection personnelle?

Bonjour à tous,
Ceci n'est pas une pub, mais un sondage.
J'ai une entreprise (dont je ne donnerai pas le nom) qui fabrique
des portes étanches.
L'idée m'est venue, pour protéger les gens qui vivent en zones
Sevezo, de fabriquer des petits modules, de tailles différentes
suivant le nombre de personnes à protéger.
Ces modules confortables, totalement étanches, pourraient être posés dans les jardins et permettraient aux gens de se mettre à l'abri des pollutions pendant 2 ou 3 jours en attendant que le
nuage se dissipe.
Qu'en pensez-vous?

omega63 | 03 avril 2009 à 01h44
 
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