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Actu-Environnement

Des associations lancent une campagne contre la production intensive de soja en Amérique du sud

Comme le monde agricole d'Amérique latine est en pleine mutation, des associations sud-américaines et leurs consœurs françaises s'organisent pour alerter l'opinion publique sur les conséquences désastreuses de la production intensive de soja.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Les campagnes d'Amérique latine sont en pleine mutation plus ou moins avancée selon les pays. Au système traditionnel familial se substitue un système plus moderne où les complexes agro-industriels prennent de l'ampleur. Aujourd'hui pour nourrir rapidement et rentabiliser des élevages de plus en plus nombreux, les pays ont recours à la plantation du soja. Très appréciée pour sa forte proportion en protéines (32%), cette légumineuse connaît depuis plus de 30 ans une expansion mondiale. En 35 ans, sa production est passée de 44 millions de tonnes en 1970 à 216 millions de tonnes en 2005 soit une augmentation de 495%. En Argentine, au cours des cinq dernières années, les surfaces cultivées de soja ont progressé de 75% de la même manière qu'en Bolivie, Paraguay et au Brésil où le soja occupe 47% des terres cultivées. A l'heure actuelle, l'Argentine est le troisième producteur de soja avec 18% de la production derrière le Brésil (24%) et les Etats-Unis (40%).

Selon les associations de défense de l'environnement et des droits de l'Homme sud-américaines, cette intensification rime malheureusement avec utilisation de pesticides, d'OGM et déforestation. La nécessité de trouver de nouvelles parcelles cultivables pousse à la destruction de la forêt amazonienne et aux regroupements des propriétés paysannes familiales. De nombreuses violations des droits de l'homme sont perpétrées quotidiennement pour faciliter l'expansion de cette monoculture intensive et fortement mécanisée qui provoque en outre la disparition de milliers d'emplois agricoles, déclarent les associations. Sur le plan environnemental, elles dénoncent une utilisation excessive de produits chimiques et ce particulièrement pour les OGM qui représentent 95% de la production de soja en Argentine par exemple. Elles rappellent également que le soja est une plante très consommatrice d'eau : pour produire un kilo de soja il faut compter entre 2300 et 2750 litres d'eau contre 1400 à 3600 litres pour le riz et 105 litres pour la tomate.

Face à ces problématiques, les associations proposent des alternatives sur le terrain. Elles travaillent à la sensibilisation des petits producteurs sur les impacts négatifs de la monoculture du soja, à la recherche d'alternatives sans OGM et sans engrais, dénoncent les violations des droits humains et tentent d'alerter le grand public.
C'est dans ce cadre qu'un collectif d'associations françaises a décidé d'appuyer leur démarche et de lancer une campagne de sensibilisation destinée aux acteurs de la filière soja. À l'heure actuelle, le marché sud-américain du soja est détenu principalement par quatre groupes : les trois états-uniens Archer Daniels Midlands, Bunge, Cargill et le groupe français Dreyfus. Sur le plan financier, l'expansion du soja est en parti financé par la Société financière Internationale (SFI), groupe Banque Mondiale, où la France a un poids important. C'est pourquoi les acteurs de la campagne interpellent le gouvernement français et les sociétés agroalimentaires à travers une pétition. Elles requièrent d'une part, que le ministre français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie veille à ce que la France n'approuve plus de financement pour des opérations d'expansion du soja. D'autre part, elles demandent aux présidents des groupes agroalimentaires de mesurer les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités, d'en rendre compte, d'y remédier et de s'assurer que les acteurs économiques avec lesquels ils travaillent font de même.

Réactions7 réactions à cet article

 
Incohérences

Si, comme vous le dites, la culture du soja occupait 47% des terres cultivées du Brésil et que les USA produisaient 1,5 fois ce que le Brésil produit, le soja occuperait plus de 70 % des surfaces cultivables US, compte tenu que la surface cultivable US est inférieure à celle du Brésil. Il doit y avoir une erreur quelque part...

Francis | 08 mars 2006 à 20h33
 
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Re:Incohérences

Peut-etre y-at-il une erreur, mais peut-etre pas? Il faudrait connaitre le rendement au Brésil ? Cependant , il s'agit d'un problème considérable pour de multiples raisons... a rentabilité passagère restant toujours LE PROBLEME en négligeant des vues futures .
.......une chose de plus à gérer.
Bonne journée à tous le lecteurs .
Cordialement, Sengamoon.

sengamoon | 09 mars 2006 à 08h50
 
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Re:Incohérences

Il faudrait déjà ne pas confondre surfaces "cultivables" et "cultivées".
Que le Brésil ait plus d'ha cultivables que les EUnis, ne veut pas dire que le premier ait plus d'ha effectivement cultivées.
Et puis, il y a surface et surface en matière d'agriculture...
Il n'y a donc pas de lien direct entre la surface cultivable et la production d'une culture donnée.

Enfin, en dehors de ces considérations statisticiennes, il faut voir que le fond du problème est ici la monoculture. Qui plus est, monoculture d'une plante capable de féconder (contaminer) les autres.
Outre la vulnérabilité résultant de la perte de diversité, il y a en plus le problème de cette plaie que serait l'impossibilité de retouver un jour, à court terme, une plante de soja à l'état naturel.
Sans parler de tous les autres aspects du problème soulevés par l'article : dépendance des agriculteurs désormais inféodés à l'IAA, à commencer par les semenciers, épuisement de la ressource hydrique, destruction de la structure paysanne traditionnelle au profit d'intérêts multinationaux...
C'est à se poser vraiment la question : avons-nous réellement besoin de soja, et encore moins de soja transgénique ?

Syrius | 09 mars 2006 à 11h02
 
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Re:Incohérences

Peut importe si l'on parle de rendement , de surface cultivées ou cultivables....l'important dans l'histoire c'est que le Brésil et les autres pays d'Amérique du sud prennent la même voie de développement que les Etats-Unis et autres pays "développés" en priviligiant la quantité et non la qualité, au dépend des populations et de l'environnement, deux facteurs pourtant essentiels à une agriculture durable !!!!

Bonne journée à tous

XX | 09 mars 2006 à 11h28
 
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Contrer les intérêts cupides

Bonjour à vous,
Les raisons pour lesquelles les 4 multinationales détruisent les forêts climax (Amazonie) et baffouent les droits des propriétaires légitimes des terres (agricoles/cultivées/cultivables/communales) sont bien connues : la culture intensive du soja (surtout transgénique) rapporte PLUS et PLUS RAPIDEMENT. Leurs demander de ne pas/plus le faire est comme lorsqu'on demande aux automobilistes français de ralentir lorsqu'il y a un pic de pollution atmosphérique... c'est croire au Père Noêl de penser qu'ils vont en tenir compte...Un style d'opposition plus "forte/citoyenne" peut en coûter plus cher qu'il n'y parait (voir ce qu'il est arrivé à Mr Lemaire -faucheur vert et à présent fauché).
Une voie médiane doit donc être trouvée pour des pays comme le Brésil et ses voisins : des cultures rentables et respectueuses de l'Environnement ("soutenables/durables") Peut-être existe t-il un semblant de solution dans les produits "encouragés" par le commerce équitable ? (Café/Thé/Cacao/Quinoa/Coton/Jus de fruits etc)
Bien à vous
Paul

Dutchman | 09 mars 2006 à 21h11
 
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Re:Incohérences

Ce qui m'inquiète, au-delà des problèmes liés à la monoculture de plantes transgéniques et au sort des agriculteurs, c'est la consommation d'eau liée à la production de soja: l'or bleu deviendra un jour "le diamant bleu" vu la vitesse à laquelle nous épuisons nos réserves.
J'ai lu un exemple de culture de l'algue verte en Afrique pour lutter contre la faim: ses algues ont un apport en protéines 2 fois supérieur au soja et ne demande que très peu d'eau (20 fois moins). Il existe donc des solutions pour ses agriculteurs qui souhaite faire partie du développement de leur économie ...mais surement pas au seul profit des multi nationales!
Le problème est le même pour la production de biodiesel: de nombreux pays (malaysie, indonésie) ont décidé de détruire des millions d'hectares de forêt pour la culture de l'huile de palme. Encore une fois, on sacrifie nos ressources au profit uniques des multi nationales.
Pour les contrer, il va falloir faire bloc alors tous ensemble!

David | 14 mars 2006 à 17h08
 
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Quelle matière première pour remplacer le soja ?

Ok, ok le soja c'est mal, on est d'accord. Mais si on veut supprimer le soja il faut proposer des solutions de remplacement pour l'alimentation de nos ruminants, porcs et volailles ...Le soja à plein d'avantages nutritionnel au niveau protéique et il est appétent (ce qui n'est pas le fort d'autres protéagineux comme le colza).
Je pense que de nombreux professionnels de l'alimentation du bétail sont ou vont être sensibilisés par la problématique soja mais il faut leur proposer des solutions de remplacement efficace et qui ne fasse pas trop monter le prix de la ration alimentaire.

dieb | 15 décembre 2006 à 11h48
 
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