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Les services de traitement de l'eau des capitales européennes sont inégaux au regard du développement durable

Selon une étude du BIPE, l'intégration du développement durable dans les services de traitement de l'eau varie au sein des capitales européennes. Les meilleures performances sont plus précisément observées dans le secteur de l'eau potable.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Dans le prolongement de ses travaux relatifs au prix de l'eau et aux modes de gestion, le BIPE s'est penché sur l'intégration du développement durable dans les services d'eau potable et d'assainissement. Outre la mise en place d'Agendas 21 dans les collectivités, l'intégration du développement durable du côté des pouvoirs publics se traduit de plus en plus par une modification du code des marchés publics en termes de critères de choix des prestataires de fournitures, équipements et services. C'est pourquoi à travers cette nouvelle étude, le BIPE a voulu savoir comment cela se traduisait dans les secteurs de l'eau potable et de l'assainissement et les conséquences que cela pourrait avoir sur le prix ou la qualité des services. Huit capitales de l'Union Européenne ont participé: Amsterdam, Athènes, Berlin, Londres, Madrid, Rome, Paris et Stockholm.
Pour cette nouvelle étude, le BIPE a dans un premier temps développé un outil d'analyse de la performance des services au regard du développement durable avant de l'appliquer concrètement auprès des capitales étudiées. Cet outil s'articule autour de quatre domaines : économique, environnemental, social (qui relève de la gouvernance du service) et sociétal (ce que fait le service envers la société). Chaque domaine a été caractérisé par des enjeux comme la préservation du milieu naturel dans le domaine environnemental ou la sécurité du personnel au niveau social. Chaque enjeu a ensuite été rattaché à un certain nombre d'indicateurs qui ont contribué à évaluer les niveaux de performance de manière qualitative et quantitative de chaque capitale dans le secteur de l'eau potable puis dans celui de l'assainissement. Ces indicateurs peuvent être par exemple le taux de conformité des analyses réglementaires de l'eau distribuée, le respect du principe de « l'eau paie l'eau » ou encore le taux d'effectifs en CDI.
Cet outil d'analyse a donc permis d'identifier les forces et faiblesses des services dans chaque domaine, de relever des situations atypiques, de déterminer les meilleures pratiques des services et d'observer les différences entre les capitales même si la variété des contextes rencontrés, l'accès aux données, l'harmonisation de l'information et son degré de fiabilité ont rendu l'exercice de la comparaison délicat.

Les premiers résultats de l'étude mettent en évidence une grande variété des périmètres des services étudiés tant du point de vue de leur extension géographique que du nombre de communes desservies. Par exemple, la ville de Londres concentre 84% des 8,2 millions d'habitants desservis par le service d'eau potable alors que la ville d'Athènes ne représente que 20% de la population totale desservie par le réseau. Paris est le seul cas où le périmètre du service correspond à celui de la capitale. Les périmètres géographiques sont aussi variés dans l'assainissement où cette fois c'est le service madrilène qui est exclusivement dédié à la capitale.
En ce qui concerne la performance des services au regard du développement durable, les résultats sont difficilement comparables d'une ville à une autre car les informations fournies par les services ont été plus ou moins complètes. Athènes, Berlin, Londres, Paris et Stockholm par exemple ont renseigné les différents indicateurs de l'étude dans plus de 90% des cas, alors que Madrid n'a pas donné beaucoup d'informations (40%). Toutefois, les résultats mettent en évidence dans toutes les villes, une plus grande maturité et une plus grande performance dans les domaines économique et sociétal. La gestion économique ainsi que la réponse aux attentes des usagers sont les points forts des services alors que les domaines du social et de l'environnement obtiennent les moins bonnes performances.
L'étude démontre également un certain retard du secteur de l'assainissement par rapport à celui de l'eau potable. Même si dans la plupart des cas les bonnes performances dans le secteur de l'eau potable profitent au second secteur, il arrive que ce ne soit pas le cas lorsque les opérateurs sont différents pour les deux services comme à Amsterdam et Paris*, tous les deux meilleurs dans l'eau potable.
Les résultats révèlent aussi que les services des différentes capitales ne sont pas au même stade d'avancement dans la prise en compte du développement durable. Pour ne parler que des services les mieux classés, le BIPE s'avance même à préciser que le développement durable est presque une institution en Suède et que les réflexions sur la qualité des services menées en France pèsent de façon positive sur le résultat parisien. Ces écarts ont des raisons historiques et culturelles et non organisationnelles. Les proches résultats de Stockholm (gestion publique), Londres (gestion privée), Amsterdam (gestion publique) et Berlin (gestion mixte) montrent que le mode de gestion n'influe pas sur les résultats et qu'il n'y a pas un modèle unique qui prévaudrait sur un autre.

Le BIPE aboutit à des conclusions similaires concernant le prix : il n'y a pas de lien direct entre la performance d'un service et son coût. Toutes les situations ont été observées : faible coût/bonne performance, faible coût/performance médiocre ou encore coût élevé/performance élevée. Ainsi Paris présente le meilleur rapport « part de la facture dans le budget des ménages/performance développement durable » dans le secteur de l'eau potable, devant Stockholm et Londres. En revanche pour l'assainissement, Londres présente le meilleur rapport « facture/performance ».
Autre conclusion financière : l'étude n'a pas mis en évidence de surcoût significatif lié à la prise en compte des principes de développement durable. Cependant, le BIPE avoue que cela pourrait être le cas dans la phase de mise en place des outils et des actions relatives au développement durable. Il faut donc sûrement du temps pour faire émerger et perdurer sans surcoût notable les pratiques en faveur du développement durable.

Concernant la réalisation de l'étude, le BIPE tient à signaler que globalement, l'ensemble des services enquêtés s'est montré intéressé par l'étude même si parfois les données fournies étaient incomplètes. Certains services souhaitent utiliser les résultats pour s'évaluer en interne, d'autres sont intéressés par leur positionnement relatif vis-à-vis des autres services, d'autres enfin, souhaitent utiliser cet outil d'analyse pour développer leur propre benchmark en interne et éventuellement améliorer leur système de reporting. Cependant le BIPE précise que l'outil développé pour cette étude est plus efficace en tant qu'instrument de suivi et d'appréciation d'une progression interne. Il est moins précis pour réaliser des comparaisons entre services.


*Compagnie des Eaux de Paris et Parisienne des Eaux pour l'eau potable et le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne (SIAAP).

Réactions1 réaction à cet article

 
concrètement?

Il y a des différences, mais d'un point de vue concret, ces différences portent sur quels points (qui identifiés peuvent être corrigés)?

PhB | 01 juin 2006 à 11h38
 
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