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Le premier état national de la qualité de l'air intérieur dans les logements a été rendu public

L'observatoire de la qualité de l'air intérieur vient de présenter les premiers résultats de son étude sur l'air dans les logements en France. Résultat : 9 % des logements présentent des concentrations très élevées de polluants chimiques.

Bâtiment  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
La qualité de l'air que nous respirons dans les différents lieux intérieurs que nous fréquentons tous les jours 22 heures sur 24 en moyenne - logements, bureaux, écoles, transports, espaces de loisirs… - est aujourd'hui reconnue comme un enjeu de santé publique tant au niveau international qu'en France. La pollution de l'air intérieur est en effet suspectée de jouer un rôle significatif dans l'accroissement de diverses pathologies chroniques et les allergies respiratoires.

Mais le manque d'information, en particulier dans les logements, constituait un handicap pour définir des mesures efficaces de prévention et de réduction des risques.
Pourtant, produits de construction et de décoration, d'ameublement, d'entretien, de bricolage, équipements de chauffage et de production d'eau chaude, présence humaine et activités liées aux besoins essentiels (cuisine, hygiène, lavage) ou autres (tabagisme, utilisation de bougies, d'encens, cosmétiques, présence de plantes et d'animaux domestiques), air extérieur…, sont autant de sources et vecteurs des pollutions observés.

C'est dans ce cadre que l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI) a lancé en 2003 la première campagne nationale d'étude de la qualité de l'air intérieur dans plus de 700 logements en France et présenté ses premiers résultats* le 21 novembre dernier. Cette campagne, représentative de la situation des 24 millions de résidences principales en France métropolitaine continentale, a eu pour objet de mesurer l'air de 567 résidences principales et interroger 1.612 habitants dans 74 villes de 55 départements. Une trentaine de paramètres ont ainsi été suivis pendant une semaine.

Résultats : la pollution chimique est plus importante à l'intérieur qu'à l'extérieur mais elle est de nature différente. 9 % des logements étudiés révèlent la présence simultanée de 3 à 8 composés chimiques à de très fortes concentrations. À l'inverse, 45 % des logements présentent des niveaux de concentration très faibles pour l'ensemble des polluants chimiques mesurés. Et selon le polluant considéré, entre 5 % et 30 % des logements présentent des niveaux de pollution nettement plus élevés que les concentrations trouvées en moyenne dans le parc de logements étudié.

Les paramètres ont été choisis en fonction de leur impact sur la qualité de l'air ou sur le confort, de leur dangerosité et de leur fréquence d'apparition : monoxyde de carbone, composés organiques volatils, particules, radon, allergènes de chien, de chat, d'acariens, rayonnement gamma, dioxyde de carbone, température, humidité relative, débit d'air… Pour la plupart, ce sont des paramètres différents de ceux retenus habituellement pour caractériser la qualité de l'air extérieur, car ils sont le reflet de la présence de multiples sources de pollution intérieures humaine, environnement extérieur, explique l'OQAI.

Plus précisément, les premiers résultats de cette étude montrent qu'en général, les teneurs de composés organiques volatils sont plus importantes à l'intérieur des logements qu'à l'extérieur. Sur les 18 composés organiques volatils mesurés, 9 % des logements montrent la présence simultanée de 3 à 8 composés à de très fortes concentrations, 14 % sont associés à de fortes à très fortes concentrations sur 1 ou 2 composés, 32 % montrent des concentrations un peu supérieures à la valeur médiane sur 4 à 7 composés et 45 % présentent des niveaux significativement inférieurs à la médiane pour pratiquement l'ensemble des composés. Excepté deux éthers de glycol, tous les composés organiques volatils mesurés sont présents dans 80 à 100 % des logements. On observe cependant des niveaux de concentration différents suivant le type de composé organique volatil considéré, souligne l'observatoire.
De plus, l'enquête montre que dans les garages attenants et communiquant avec les logements, les valeurs médianes (soit 50 % des situations) de concentration de plusieurs composés organiques volatils sont supérieures à celles mesurées dans l'ensemble des logements.

Selon l'enquête, le formaldéhyde, présent en grande quantité dans les colles, les détergents, les cosmétiques ou les produits de décoration, serait présent partout dans les logements. Or ce composé a été classé en 2005 par l'OMS comme étant un cancérogène certain pour l'homme. D'ailleurs une demande de la France qu'il soit classé comme tel au niveau européen est en cours d'examen et l'avis sera rendu par la Commission européenne pour mars 2007. Mais les études font polémique et l'Allemagne, l'Angleterre et les Pays Bas s'opposent à ce classement (il est actuellement classé au niveau 3 : cancérigène pour les animaux). En cas de non reclassement, de nouvelles études toxicologiques pourront toutefois être menées dans le cadre du projet européen REACH.

En revanche, en grande majorité, les niveaux de monoxyde de carbone, gaz très toxique qui provient généralement des appareils de combustion mal raccordés ou mal entretenus, sont voisins de zéro dans les différentes pièces des logements.

En ce qui concerne les polluants biologiques, la moitié des logements ont des teneurs en allergènes d'acariens dans la poussière supérieures à 1,6 microgramme (µg) par gramme, et même supérieures à 2,2 µg/g pour certains acariens, alors que le seuil de sensibilisation est de 2 µg/g.

Enfin, 50 % des logements ont des teneurs en particules supérieures à 19,1 µg/m3 pour les particules de diamètre inférieur à 2,5 (PM2,5) et à 31,3 µg/m3 pour les particules de diamètre inférieur à 10 (PM10).

Les résultats de cette campagne sont actuellement exploités par les agences sanitaires et seront utilisés par les autorités pour mieux établir les risques sanitaires associés à la pollution de l'air intérieur et définir les éventuelles mesures à prendre pour la protection de la population. Car actuellement, hormis pour le radon et l'amiante (non mesuré dans cette étude), il n'existe pas encore de valeurs guides établies en France, auxquelles comparer les concentrations retrouvées dans les logements. Les rares recommandations comparables sur le même pas de temps de mesurage, disponible à l'échelon international ou à l'étranger peuvent parfois être dépassées dans des proportions variables de logements, en particulier : quelques % pour le monoxyde de carbone, de quelques % à jusqu'à près d'un quart pour le formaldéhyde, la moitié pour les allergènes d'acariens, explique l'observatoire.

En outre, cette enquête sera complétée, début 2007, par les niveaux de contamination fongique et la présence d'humidité dont les données sont actuellement en cours de validation.

L'exploitation des données de l'OQAI devrait permettre d'établir à la mi-2007 des liens entre les polluants de l'air intérieur et leurs sources et ainsi aider à mieux cibler les types de produits qui devraient être prioritairement sujets à l'étiquetage. En effet, l'action 15 du Plan National Santé Environnement (PNSE) adopté par le gouvernement en juin 2004, prévoit la mise en place d'un étiquetage des caractéristiques sanitaires et environnementales des produits et matériaux de construction. Par ailleurs, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (AFSSET) rendra prochainement disponible un protocole d'évaluation des émissions de COV et de formaldéhyde pour les produits de construction solides (panneaux, cloisons, isolants, revêtements de sol, etc.). L'étiquetage des produits pourra se fonder sur ce protocole.

En attendant, si on veut éviter les effets potentiellement néfastes des polluants intérieurs, il est indispensable de renouveler l'air des locaux, en particulier des logements. La réponse efficace préconisée par l'OQAI est d'ouvrir les fenêtres pendant une dizaine de minutes, soit après une activité polluante, soit le matin dans les chambres, en prenant la précaution (si possible) d'éteindre le chauffage pendant ce temps dans la pièce aérée, en période de chauffe .


*www.air-interieur.org

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